Attaque contre Donald Trump : « La violence est constitutive des États-Unis »

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La violence est inscrite dans l’ADN des États-Unis, dès les origines et dans l’histoire de la « Frontière » et de la conquête de l’Ouest. Les assassinats politiques ont été nombreux, depuis celui du président Abraham Lincoln, en 1865, jusqu’à John Fitzgerald Kennedy, en 1963. En 1968, Martin Luther King et Robert Kennedy tombaient sous les balles.

Et c’est sans compter les tentatives contre les présidents Theodore Roosevelt en 1912, Franklin Delano Roosevelt en 1933, Gerald Ford en 1975 ou encore Ronald Reagan en 1981, dans ce même hôtel Hilton où Donald Trump a été la cible d’une attaque ce 25 avril, lors du gala de la presse, par Cole Allen.

Depuis dix ans, les incidents se sont multipliés

L’actuel président a été la cible de plusieurs attaques mais il n’est pas seul. Depuis dix ans, les incidents se sont multipliés. Des élus républicains et démocrates ont été attaqués, en public où à domicile. L’influenceur d’extrême droite Charlie Kirk a été assassiné. Dans certains cas, cette montée de la violence politique est considérée comme justifiée, comme celui de l’assassinat de Brian Thompson, patron de United Healthcare, groupe d’assurance santé très critiqué. Son meurtrier fait l’objet d’un véritable culte. Des Américains de droite comme de gauche voient en lui un Robin des Bois.

Résultat, de nombreux juges doivent être protégés en raison des risques qui pèsent sur leur sécurité. Et ces dangers se traduisent en chiffres : 160 millions de dollars (136 millions d’euros) pour la sécurité de la Cour suprême et un milliard de dollars pour les membres du Congrès, qui réunit les députés de la Chambre des représentants et les sénateurs.

La violence évoque immédiatement ces fusillades qui éclatent régulièrement dans une école, un supermarché, une synagogue et qui font à chaque fois plusieurs morts, parfois plusieurs dizaines. Les coupables désignés sont le nombre élevé d’armes à feu en circulation aux États-Unis, près de 400 millions, beaucoup plus que dans tous les pays du monde. Certains Américains en possèdent plusieurs, dont des armes de guerre, l’armée n’en détenant que 4,5 millions et les forces de l’ordre un million.

Le deuxième amendement de la Constitution

Un autre coupable désigné est le deuxième amendement de la Constitution américaine, interprété de façon de plus en plus libéral et anhistorique par la Cour suprême. Il visait à l’origine à garantir le droit des citoyens des États fédérés à s’armer, dans le cadre d’une milice, pour résister à un pouvoir fédéral susceptible de devenir tyrannique.

Aujourd’hui, grâce à la Cour suprême, c’est devenu un droit individuel. Et les États fédérés qui souhaiteraient réglementer ne le peuvent que dans des marges étroites sous peine de tomber sous les fourches caudines des juges conservateurs majoritaires à la Cour.

« Les armes ne sont pas les seuls coupables : la violence verbale a beaucoup augmenté en raison de la polarisation exacerbée qui transforme les adversaires politiques en ennemis à abattre. »

Anne Deysine

Pour les républicains, ces tueries sont le fait d’individus déséquilibrés ; il n’est pas question de légiférer et porter atteinte au sacro-saint deuxième amendement. La dernière réforme a été votée grâce aux démocrates en 1994 et a coûté leur siège à beaucoup d’entre eux en raison d’une campagne massive du puissant lobby des armes à feu, la National Rifle Association. Les républicains ne proposent pas non plus de financer la prise en charge psychiatrique et refusent d’interdire les armes d’assaut ou même de généraliser un large contrôle des antécédents de l’acquéreur potentiel.

Une violence verbale en augmentation

Mais les armes ne sont pas les seuls coupables : la violence verbale a beaucoup augmenté en raison de la polarisation exacerbée qui transforme les adversaires politiques en ennemis à abattre. Ce mouvement, qui a commencé en 1993 avec le républicain Newt Gingrich, a été exacerbé depuis la première candidature de Donald Trump.

La polarisation est devenue idéologique et émotionnelle. Il ne s’agit plus de désaccords sur les politiques à suivre ; les Américains sont enfermés dans leur identité de groupe et en viennent à se détester. L’adversaire est présenté non comme un concurrent mais comme une menace existentielle pour le pays, ce qui pour un quart des Américains justifie le recours à la violence. Ce mouvement, qui a débuté avec les républicains, gagne chez les démocrates.

Le phénomène est accru par la crise de confiance envers les institutions et par la défiance électorale croissante : le Congrès ne bénéficie plus que d’un taux d’approbation de 10 %, selon l’institut de sondages Gallup. Depuis dix ans, Donald Trump jette le doute sur la fiabilité du scrutin et a pendant des mois colporté l’accusation non fondée d’« élection volée ».

Donald Trump incite à la violence

En raison de la disparition de nombreux journaux locaux et de la défiance vis-à-vis des grands quotidiens comme le New York Times, les électeurs « s’informent » sur les réseaux sociaux, au sein desquels les algorithmes privilégient les contenus extrêmes, car ils génèrent plus d’engagement et davantage de profits. Les internautes sont conduits à vivre dans des « chambres d’écho » et des « bulles cognitives » où ils ne rencontrent que des informations filtrées qui correspondent à leurs préférences, ce qui contribue à leur radicalisation.

Au plus haut niveau, Donald Trump n’a jamais voulu jouer le rôle traditionnel de président rassembleur. Non seulement il n’appelle pas à l’unité et n’a jamais condamné fermement la violence, mais il incite lui-même à la violence et l’encourage. Après le défilé des suprémacistes blancs à Charlottesville en 2017 qui a coûté la vie à une jeune femme, il avait conclu qu’il y avait « des gens très bien des deux côtés ».

Le 6 janvier 2021, il a, par ses propos, poussé ses partisans convaincus par les mensonges du camp présidentiel que l’élection avait été volée, à prendre d’assaut le Capitole, ce qui a coûté la vie à une femme et à plusieurs membres des forces de l’ordre. La tentative de Cole Allen est déjà et sera encore instrumentalisée par les deux camps. Mais rien ne changera d’autant que démocrates et républicains sont en désaccord sur ce qu’est la « violence politique ».

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Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

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