Violence contre une policière: «Je n’aurais pas eu sa patience»

«Sale pute de merde», «sale chienne ferme ta gueule», «ferme ta gueule sale pute», «si je veux t’es mon esclave». Dans une vidéo devenue virale dans les derniers jours, un automobiliste couvre d’insultes misogynes une policière de Montréal qui l’intercepte pour des vitres teintées.

La policière demeure calme et impassible devant les multiples insultes et poursuit son intervention, filmée par le conducteur lui-même. L’intervention serait survenue à l’été 2025.

Mardi, au Parlement, la ministre de la Condition féminine, Caroline Proulx, a salué le sang-froid de la patrouilleuse qui a gardé son calme devant la violence verbale qu’elle subissait.

«Sa patience est légendaire! Je suis absolument convaincue que je n’aurais pas eu la patience de cette policière-là», a réagi Caroline Proulx.

«C’est juste abject!» a-t-elle renchéri au sujet du comportement du contrevenant.

La ministre Proulx a toutefois refusé de trancher s’il faut légiférer pour donner plus de pouvoir aux agents de la paix lorsqu’ils font face à des comportements injurieux comme ceux-ci.

À Montréal, aucun règlement n’interdit spécifiquement d’insulter les agents de la paix en fonction.

Si une telle situation survenait à Québec, les policiers pourraient arrêter sur le champ l’individu qui profère de tels propos et lui donner un constat d’infraction.

«Ici, insulter un policier coûte au moins 150 $ plus les frais», a confirmé au Soleil Mathieu Audy, représentant de la sécurité au travail à la Fraternité des policiers de Québec. Avec les frais, la facture grimpe au moins à 236 $.

Les élus unanimes

Les élus ont d’ailleurs uni leur voix dans deux motions adoptées à l’unanimité mardi après-midi.

Tous les députés présents ont voté en faveur de deux motions, qui dénonçaient la violence contre les policiers, réitéraient l’importance de l’égalité homme-femme au Québec, et qui saluaient le dévouement des policiers et policières.

Ils ont aussi voté en faveur de demander «au gouvernement de mettre en place les mesures législatives nécessaires pour interdire d’injurier ou d’insulter les policiers dans l’exercice de leurs fonctions», et d’encourager les municipalités à adopter des règlements dans ce sens.

Violence «misogyne»

En point de presse, le député péquiste Joël Arseneau a déploré que des situations d’une telle violence se produisent «de plus en plus souvent».

«Ce qu’on a pu comprendre aussi dans ce cas-là, c’est que c’est véritablement de façon intentionnelle. L’individu en question fait la promotion de ces vidéos», a-t-il dénoncé.

La porte-parole solidaire Ruba Ghazal a souligné le caractère misogyne des insultes dans la vidéo virale.

«Ce que j’ai entendu, c’est de la misogynie. Ça ressemble aux propos que je reçois, par exemple, sur mes réseaux sociaux. Il y a une montée du discours violent contre les femmes. Il faut le combattre, peu importe où est-ce qu’il vient», a insisté l’élue.

«Ce que j’ai entendu, c’est de la misogynie. Ça ressemble aux propos que je reçois, par exemple, sur mes réseaux sociaux», a dénoncé la porte-parole solidaire Ruba Ghazal.

Le libéral André Fortin a renchéri pour davantage de recours pour les policiers en service, «où [ils] se font traiter de tous les noms».

«C’est impensable et intolérable que des situations comme celles-là au Québec puissent continuer de se produire.»

Du «laxisme», selon Duhaime

Le chef du Parti conservateur du Québec estime, quant à lui, qu’il y a du «laxisme» de la part des autorités.

«J’espère qu’on va revenir à une ligne un peu plus dure, là. La loi et l’ordre, c’est important», a-t-il réagi en marge d’un point de presse.

«Pensez-vous vraiment qu’aux États-Unis, si quelqu’un avait injurié un policier comme ça, qu’il aurait eu le même traitement que cet individu-là a eu? Pensez-vous qu’après l’individu aurait été se vanter sur les réseaux sociaux de ce qu’il venait de faire à la policière? Jamais ça n’aurait été même toléré.»

Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.

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