
Les derniers jours précédant un scrutin sont rarement les plus calmes, tant la fièvre monte à l’approche du verdict des urnes. Mais l’entre-deux tours des élections municipales 2026 à Toulouse a été marqué par une atmosphère franchement délétère, entre deux candidats que tout oppose : d’un côté le maire sortant (DVD) Jean-Luc Moudenc, de l’autre le député insoumis François Piquemal, rejoint à l’issue du premier tour, dimanche 15 mars, par le socialiste François Briançon. Alors que la campagne électorale s’achève ce vendredi 20 mars à minuit, deux jours avant le second tour, Actu Toulouse fait le bilan — non exhaustif, tant les coups bas sont nombreux — de ces derniers jours sous tension.
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Une agression homophobe contre un colistier de Jean-Luc Moudenc
Le mercredi 18 mars, alors qu’il tractait devant le métro Saint-Agne, Bertrand Serp, colistier de Jean-Luc Moudenc, a été victime « d’une agression à caractère homophobe ». Il l’a racontée sur son compte X, courte vidéo à l’appui :
« Un individu, arrivé seul, s’en est violemment pris à nous, arrachant des tracts de nos mains et proférant des insultes particulièrement graves : « Dégagez », « pédales bourgeoises du Capitole », « vous n’avez rien à foutre ici », ou encore « dimanche, on sera au Capitole ». Au cours de ses propos, il a également revendiqué son soutien aux insoumis ».
François Piquemal a réagi sur le même réseau social : « Tout mon soutien aux militants de M. Moudenc agressés par cet individu. Nous serons en pointe de la lutte contre les violences homophobes. J’appelle au plus grand apaisement pour cette fin de campagne, loin des fake news et des outrances de la fachosphère. »
Un message anti-PS
Mercredi, toujours, Sébastien Vincini, président socialiste du Département de la Haute-Garonne, a partagé sur X une photo d’insultes peintes en rouge sur la façade du siège du PS, à Toulouse. Le message : « PS facho collabo ».
Arrivé troisième du premier tour des élections municipales, le socialiste François Briançon avait rallié dans la foulée l’insoumis François Piquemal. Des accords ou alliances similaires entre les deux mouvements ont eu lieu ensuite à Nantes, Brest, Limoges, Clermont-Ferrand et Avignon (mais pas à Paris, Marseille, ou Lille). L’auteur de ce tag faisait-il allusion à ces événements ?
Toujours est-il que pour François Piquemal, qui a réagi sur X, « la campagne menée par la fachosphère depuis que l’union de la gauche est annoncée à Toulouse est violente. Ici le local du Parti socialiste est ciblé. Toutes celles et ceux qui cotisent à agiter les peurs et fake news doivent se ressaisir et apaiser les choses. »
L’affaire du « courrier frauduleux »
Ce jeudi, l’équipe de campagne de Jean-Luc Moudenc a dénoncé dans un communiqué « des tracts non signés, usurpant l’identité de la Métropole, de la Mairie et de Jean-Luc Moudenc [maire et président de la Métropole, N.D.L.R.] », diffusés sur Toulouse « depuis plusieurs jours maintenant ».
Le camp du maire candidat a aussi évoqué « d’autres tracts diffamatoires, mensongers et outranciers », « également diffusés dans les boîtes aux lettres, ou collés sur le mobilier urbain ». Pour les partisans de Jean-Luc Moudenc, la couleur politique du ou des coupable(s) ne fait pas de doutes : « L’extrême-gauche – dépourvue de courage puisque tout cela est anonyme – déploie sans limite, avec l’énergie de la haine et de la division, ses vieilles techniques trotskistes pour troubler le cours normal de l’élection ».
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« Nous l’avions dit, l’extrême gauche et son candidat mélenchoniste, M. Piquemal, ne reculent devant rien, fidèle à sa tradition de mensonge et de haine. M. Piquemal ne fait que mentir et diviser », ajoute le communiqué.
Toulouse Métropole avait annoncé mercredi « porter plainte contre X auprès du Procureur de la République » après la diffusion de ce « courrier frauduleux ».
François Piquemal conspué lors de l’hommage aux victimes des attentats de Toulouse
Le moment le plus tendu de cet entre-deux tours a sans doute eu lieu ce jeudi 19 mars, lors de la cérémonie d’hommage aux victimes des attentats de Toulouse, quatorze ans après la tuerie du terroriste Mohammed Merah à l’école juive Ozar Hatorah.
Qualifié tour à tour d’« antisémite » et de « pourriture », François Piquemal a été copieusement hué par une partie de la foule à son arrivée sur le square Charles-de-Gaulle, puis lors du dépôt des gerbes.
Deux autres députés insoumis ont été conspués, alors que François Briançon a été également pris pour cible et qualifié de « traître ».
Moudenc et Sztulman applaudis
Le maire candidat Jean-Luc Moudenc a quant à lui été applaudi par la foule, comme le conseiller régional (PS) Marc Sztulman. Le représentant de la présidente de la Région Occitanie Carole Delga lors de cette cérémonie figurait sur la liste de François Briançon avant le premier tour. Il a refusé de s’allier à François Piquemal, considérant « qu’il n’y a pas d’antisémitisme que l’on efface par une tractation ».
François Piquemal visé par « des menaces de mort »
Dans un communiqué cosigné jeudi après-midi avec François Briançon, François Piquemal affirme avoir reçu « des menaces de mort », accompagnées « de crachats, de bousculades et de violences physiques ». Il envisage de porter plainte.
Le candidat insoumis accuse des élus de la majorité municipale de lui avoir « tourné le dos », lors de son dépôt de gerbe. « Plus grave encore, plusieurs élus et candidats de la majorité de Jean-Luc Moudenc ont approuvé, encouragé et relayé ces comportements », ajoute-t-il. « Cette scène constitue une faute politique majeure. Elle est une honte pour notre ville. »
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Jean-Luc Moudenc réagit
François Piquemal se montre offensif : « Nous demandons au maire une condamnation claire, publique et sans ambiguïté, des menaces et insultes proférées, des violences commises et du comportement inacceptable des élus de sa majorité qui s’y sont livrés. Le silence, désormais, serait une complicité. »
Jean-Luc Moudenc a également réagi à cette scène allègrement commentée à deux jours du second tour : « Je condamne les insultes personnelles ainsi que toutes les violences et propos virulents qui ont conduit à ces incidents, car je ne veux pas que Toulouse se divise », a assuré l’édile, rappelant que « chaque année, c’est dans un silence total et respectueux que nous commémorons les terribles attentats de mars 2012 ».
Le maire candidat évoque une nouvelle agression
Jeudi 19 mars en début de soirée, Jean-Luc Moudenc a relaté une nouvelle affaire sur sa page Facebook : « Je condamne avec la plus grande fermeté les agressions racistes et les violences subies aujourd’hui par un militant et une colistière de mon équipe. Les insultes, les intimidations et les coups n’ont pas leur place dans notre démocratie. En 24 heures, c’est la troisième agression revendiquée par un militant LFI visant un membre de mon équipe, après celle d’hier à caractère homophobe. »
Le maire candidat indique que « des plaintes seront déposées contre les militants agresseurs qui se sont revendiqués de LFI. »
Quel que soit le dénouement du deuxième tour, dimanche, les réunions du conseil municipal de Toulouse s’annoncent houleuses pendant la prochaine mandature.
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