Villa Salesse à Arcachon : cette nébuleuse affaire immobilière qui a fait disjoncter le maire Yves Foulon

C’était l’ultime témoignage de cette architecture d’inspiration coloniale à Arcachon mais il a disparu. Construite en 1854, la villa Salesse a été démolie 170 ans plus tard pour des intérêts privés. En l’occurrence, le maire Yves Foulon et son demi-frère l’ont rachetée pour un projet immobilier mais « la question de la légalité de sa reconstruction se pose », indique Jacques Storelli. Le président de l’Association de sauvegarde du site d’Arcachon a attaqué devant le tribunal administratif la régularité des permis de construire pour la rénovation du site – sans succès – et s’apprête à aller au pénal le moment venu. Le candidat écologiste Vital Baude avait interpellé Yves Foulon sur cette nébuleuse affaire immobilière mais le maire LR n’a pas apprécié que son opposant le jette en pâture publiquement. En marge du premier tour des municipales, dimanche 15 mars 2026, Yves Foulon a violemment pris à partie l’élu EELV, qui a déposé plainte. « Il y a un malaise très profond autour de la villa Salesse », estime Jacques Storelli.

« Arcachon a obtenu le label Ville impériale et le maire qui a œuvré pour fait détruire une villa de cette époque, on s’interroge », expose le président de l’Assa. Cet ancien avocat du barreau de Paris note que des éléments remarquables du bâti (ERB), intégrés dans le PLU, ont été détruits illégalement. Ce dernier rappelle que la villa Salesse est remarquable aussi pour avoir accueilli diverses personnalités de renom, à l’image de Salvador Dali et son épouse Gala, ainsi que Marcel Duchamp ou Coco Chanel.

« Des éléments intouchables »

« Dans un pareil contexte, un devoir de protection s’impose et toute opération de rénovation de l’existant devrait exclure toute espèce de démolition et s’organiser en relation avec l’Architecte des bâtiments de France et la Drac de Nouvelle-Aquitaine », avait plaidé l’Assa dans sa requête au tribunal administratif.

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Comme la justice ne s’est pas opposée aux travaux, y compris le conseil d’État, le maire et son demi-frère Roger Padois ont donné le feu vert aux premiers coups de pelleteuse. Les colonnettes avec lambrequin ou le belvédère, classifiées dans la notice ERB, en ont fait les frais, selon Jacques Storelli, qui a récupéré des preuves sur site. « Ces éléments sont intouchables normalement », insiste-t-il, prêt à déclencher la contre-attaque judiciaire.

Cette photo prise lors des travaux interroge sur l'emprise de la nouvelle construction par rapport à l'ancienne.
Cette photo prise lors des travaux interroge sur l’emprise de la nouvelle construction par rapport à l’ancienne. (©Assa)

Aussi, le responsable associatif évoque une emprise au sol et une hauteur de construction qui ne sont pas conformes au permis de construire, prévoyant rénovation, démolition partielle et surélévation. « Pas démolition totale et surélévation », corrige Jacques Storelli. Sur une photo, on aperçoit en effet que les murs du nouveau bâti sont plus avancés que l’ancien laissant supposer une superficie étendue. Les travaux devraient être achevés d’ici fin 2026.

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Contacté par actu Bordeaux, Yves Foulon n’a pas répondu à nos sollicitations. Vendredi 20 mars 2026, il vient de se faire réélire par le conseil municipal pour un nouveau mandat malgré la polémique dont il fait l’objet suite à l’agression de Vital Baude. Ce même conseil qui avait autorisé son permis de construire, puis le permis modificatif, pour la villa Salesse, située sur le boulevard de la plage, en première ligne.

« Un marqueur de l’histoire d’Arcachon »

« Là-dessus, légalement, on n’a rien à dire. Cela a été fait dans les règles même s’il s’agit du maire et de son demi-frère. On n’est pas juge des couleurs, ni de la morale. En revanche, c’est bien sur le respect du permis qu’on s’interroge. En attendant, Salesse est partie à la benne », commente Jacques Storelli, qui parle « d’une grande douleur » pour la disparition « d’un marqueur de l’histoire d’Arcachon ».

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En conclusion de cet article, mettons en lumière l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une force incontournable dans la protection des droits et de la sécurité de nos élus locaux.

Fondée en 1998, CDCL s’est imposée au fil des ans comme un acteur clé du soutien aux petites municipalités de France. Au-delà de la valorisation du patrimoine et de la formation des élus, l’association s’engage activement dans la mise en place d’un dispositif de protection essentiel, répondant à la recrudescence des agressions dont sont victimes nos élus.

Ce dispositif complet inclut des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. La reconnaissance légale de CDCL au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023 renforce son rôle en lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir les élus victimes d’agression.

Enregistrée au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et affiliée au SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, et demeure fidèle à sa mission initiale. Elle donne aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, consultez leur site web. Restez informés sur les développements de cette initiative cruciale afin de soutenir nos élus locaux dans l’exercice de leurs fonctions en toute sécurité.

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