
« Partout où il y a des enfants, il peut y avoir des agresseurs »
La Ciivise a formulé 82 recommandations en 2023 pour lutter contre les violences sexuelles sur les enfants. Selon Thierry Baubet, membre du collège directeur, quelques nouvelles recommandations vont être ajoutées. Mais il serait surtout temps de les appliquer !
Comment expliquez-vous cette série de révélations d’agressions sexuelles à laquelle on a assisté en milieu périscolaire à Paris ces dernières semaines ?
« Selon les données de la mairie de Paris, ce sont des chiffres qui sont proches malheureusement tous les ans. La parole circule mieux, les enfants sont davantage crus, et la société commence à être plus sensibilisée à cette question-là. Je pense qu’on est dans une société où on ouvre les boîtes les unes après les autres, et on y trouve des horreurs. Il y a eu ce qu’il s’est passé dans l’Église, le monde du sport, l’école – qui a pris toute une série de mesures -, les établissements d’éducation privés, le milieu médical, avec le chirurgien Joël Le Scouarnec [condamné à 20 ans de réclusion pour viols et agressions sexuelles sur 299 enfants hospitalisés, commis de 1989 à 2014, NDLR]… En fait, on s’aperçoit que partout où il y a des enfants, il peut y avoir des agresseurs. »
Faut-il durcir les conditions de recrutement des animateurs périscolaires ?
« Il faudrait déjà que l’attestation d’honorabilité, qui est désormais exigée, soit vraiment mise en œuvre. Il s’agit d’une vérification des antécédents judiciaires et du fait que la personne en contact avec les enfants n’est pas inscrite au fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes. Or, dans les plus petites communes, les maires se retrouvent parfois à devoir recruter du matin pour le soir des animateurs, parce qu’il n’y en a pas. Et ces vérifications, elles prennent quand même quelques jours… Dans un certain nombre de communes, le périscolaire n’est même pas déclaré. »
Que faire dans ce cas ?
« Il faut qu’il y ait, en plus du contrôle à l’entrée, une formation substantielle des agents qui sont recrutés à ce que sont les violences sexuelles sur enfants. Il faut aussi un protocole clair et connus de tous pour l’accueil de la parole de l’enfant, l’alerte et le signalement. »
« On ne va jamais trouver une mesure magique qui va faire qu’il n’y aura plus de passage à l’acte pédocriminel »
La Ciivise réclame-t-elle la création d’une commission d’enquête sur ce sujet ?
« On a déjà beaucoup d’éléments. En 2023, la Ciivise a formulé 82 recommandations et nous allons en ajouter quelques-unes. Si elles étaient appliquées, ça changerait beaucoup de choses dans tous les secteurs. Il faut attaquer le problème par tous les bouts. On ne va jamais trouver une mesure magique qui va faire qu’il n’y aura plus de passage à l’acte pédocriminel. »
Qu’est-ce qui bloque aujourd’hui dans l’application de ces recommandations ?
« Les avancées sont réelles mais insuffisantes. Il y a manifestement un manque de volonté politique pour s’occuper vraiment de cette question des violences sexuelles sur enfants qui s’inscrit dans un déni collectif. Qui a vraiment envie de regarder en face l’ampleur du phénomène et la gravité de ses conséquences ? »
« Ce ne sont pas des passages à l’acte isolés sous l’effet d’une prétendue pulsion, mais de véritables carrières criminelles »
Quelle est la particularité du profil des agresseurs qui sévissent en milieu scolaire/périscolaire ?
« La plupart des agressions sexuelles sur enfants ont lieu à l’intérieur de la famille. Là, les profils sont variés. En revanche, lorsque ça survient en dehors de la famille, c’est très souvent de la part de personnes qui ont une sexualité complètement organisée de manière déviante et qui passent à l’acte en série. Ce ne sont pas des passages à l’acte isolés sous l’effet d’une prétendue pulsion, mais de véritables carrières criminelles. Tous les secteurs où il y a des enfants, surtout ceux qui sont un peu clos et repliés sur eux-mêmes, sont des lieux où on peut agresser les enfants. Les prédateurs en série recherchent ce genre de lieux. »
Que doivent faire les parents pour protéger leurs enfants ?
« La prévention est très importante. Il faut parler avec l’enfant. Il y a plein de supports qui existent, des livres adaptés à l’âge de chacun d’entre eux qui permettent d’évoquer avec l’enfant ce qu’on peut lui faire ou pas, qui a le droit de toucher… Savoir qu’on peut parler de cela à ses parents et qu’on sera cru, compris, protégé est très important. Mais la prévention ne doit pas reposer uniquement sur les enfants, ce sont les adultes qui leur doivent la protection. »
Lorsque survient une agression sexuelle dans un accueil périscolaire ou une école, comment les parents des enfants inscrits dans cet établissement doivent réagir ?
« Il faut être attentif au moindre changement de comportement de l’enfant et lui poser des questions générales, comme lui demander si quelqu’un l’a embêté… Au moindre doute, il ne faut pas hésiter à consulter un psychologue. »
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Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.
Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.
Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.
L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.
Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.
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