Le Mexique secoué par l’assassinat d’un maire qui se savait en danger

L’assassinat du maire d’une grande ville de l’ouest du pays qui préconisait la ligne dure en matière de lutte contre les gangs criminels a replacé sous les projecteurs le problème de la violence politique au Mexique.

Publié hier à 0 h 00

Ce qu’il faut savoir

  • Le maire d’une ville de l’État du Michoacán, au Mexique, a été abattu en pleine fête populaire ;
  • Le politicien en question s’était fait connaître par ses prises de position musclées envers les groupes criminels actifs dans la région et se savait en danger ;
  • Sa fin tragique a mis en relief l’importance de la violence politique au Mexique et alimenté les interrogations sur la politique sécuritaire de la présidente Claudia Sheinbaum.

Le drame a aussi relancé les questions relativement à l’approche en matière de sécurité de la présidente Claudia Sheinbaum, qui s’en est prise lundi à ses critiques en relevant qu’ils réagissaient comme des « vautours » à la mort de Carlos Alberto Manzo Rodríguez.

Le maire d’Uruapan, qui a été abattu samedi durant le jour des Morts sur la place centrale de la ville, répétait haut et fort depuis son entrée en fonction qu’il entendait en découdre avec les criminels actifs dans la région et n’entendait pas se laisser intimider.

Saulo Dávila, un expert en sécurité établi à Mexico, a indiqué à La Presse que le politicien se savait menacé et avait obtenu il y a plusieurs mois la protection d’une douzaine d’agents de la Garde nationale.

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PHOTO IVAN ARIAS, REUTERS

Les proches de Carlos Alberto Manzo Rodríguez assistent à ses funérailles, à Uruapan, dimanche.

« Il refusait cependant qu’ils assurent sa garde rapprochée, préférant se fier à des policiers locaux en qui il avait confiance », dit M. Dávila.

C’est étonnant que les responsables de la sécurité ne soient pas intervenus pour lui dire qu’il fallait resserrer sa surveillance durant une fête publique.

Saulo Dávila, expert en sécurité établi à Mexico

Le maire n’hésitait pas, par ailleurs, à critiquer le gouvernement fédéral en arguant qu’il fallait déployer plus de ressources dans l’État du Michoacán, qui demeure l’un des plus touchés par la violence politique dans le pays.

Objectif : « contrôler la vie publique »

Will Freeman, spécialiste de l’Amérique latine rattaché au Council on Foreign Relations, note que plusieurs groupes criminels sont actifs dans la région et se disputent le contrôle du territoire et des ressources, y compris celles des municipalités locales.

Un certain nombre se sont formés après que des cartels actifs dans le trafic de la drogue ont été décapités et déstructurés par les autorités. Leurs dirigeants, faute de ressources appropriées, se sont tournés vers des activités moins complexes, comme l’extorsion, pour générer des revenus, relève M. Freeman.

Au Michoacán comme dans plusieurs autres États mexicains, les criminels cherchent carrément à « contrôler la vie publique » en exerçant leur emprise sur des municipalités et détournent les fonds publics à leur profit, note M. Dávila.

Les élus et les fonctionnaires qui tentent de s’opposer à leurs actions le font à leurs risques et périls, d’autant plus que les forces policières elles-mêmes peuvent être infiltrées, relève l’analyste.

Les ambitions des groupes criminels s’étendent aussi au secteur privé.

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PHOTO EDUARDO VERDUGO, ASSOCIATED PRESS

Un chapeau porté par le défunt maire Carlos Alberto Manzo Rodríguez est posé sur son cheval lors de ses funérailles à Uruapan.

Un important producteur de citrons de l’État du Michoacán, Bernardo Bravo, a également été assassiné récemment. Selon le quotidien El País, il cherchait à négocier à la baisse le paiement réclamé par des criminels pour chaque kilo de citrons récoltés et commercialisés. Ses interlocuteurs régulaient le nombre de jours de collecte par semaine et obligeaient les producteurs à utiliser des fournisseurs précis.

Les problèmes de violence politique ne se limitent pas à cet État et prennent des proportions alarmantes.

La firme Integralia consultores, pour laquelle travaille M. Dávila, a recensé 253 cas de violence politique, dont 112 assassinats, durant le premier semestre de 2025.

Pratiquement toutes les régions sont aux prises avec le phénomène, qui touche d’abord et avant tout les acteurs municipaux. La majorité des victimes sont des élus, des candidats ou des fonctionnaires.

Des mesures plus musclées

M. Freeman note que la présidente mexicaine a une approche plus « confrontante » avec le crime organisé que son prédécesseur et mentor, Andrés Manuel López Obrador.

Ce dernier avait mis de l’avant une politique controversée favorisant « les embrassades plutôt que les balles » qui préconisait le développement de programmes sociaux censés endiguer les causes de la criminalité et rejetait la « militarisation » de la lutte contre les trafiquants de drogue.

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PHOTO CARL DE SOUZA, AGENCE FRANCE-PRESSE

La présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, lundi

Depuis son entrée en poste en octobre 2024, Mme Sheinbaum a retenu des mesures plus musclées pour tenter d’endiguer la criminalité, qui ont permis notamment de réduire le taux d’homicide depuis son entrée en fonction.

Mais elle ne veut pas revenir à une forme de guerre ouverte contre les trafiquants de drogue.

Will Freeman, spécialiste de l’Amérique latine rattaché au Council on Foreign Relations

En réaction à la polémique suscitée par la mort du maire d’Uruapan, la présidente a évoqué sa volonté de déployer plus de forces de sécurité au Michoacán tout en insistant sur la nécessité de renforcer le travail d’enquête et la collecte de renseignements.

Le pourcentage de meurtres dans le pays qui aboutissent à une condamnation est extrêmement faible, compliquant la tâche des forces de l’ordre.

M. Dávila note que la dirigeante mexicaine doit aussi composer avec les pressions de l’administration du président américain, Donald Trump, qui a menacé notamment de réaliser des frappes sur le sol mexicain pour contrer l’action des cartels les plus puissants.

« Il faut qu’elle montre des résultats », relève l’analyste.

Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.

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