
Sur un banc de la place de l’hôtel de ville, face à la collégiale, Agnès, retraitée de l’industrie culturelle interrompue en pleine lecture des Mémoires d’Hadrien, confie son étonnement. « Si on m’avait dit que les Français situeraient notre ville sur la carte de France grâce à Sébastien Lecornu, je n’y aurais pas cru », sourit-elle. Élu maire en 2014, Sébastien Lecornu, jeune homme pressé, décroche la vice-présidence du département l’année suivante et devient ministre trois ans plus tard. Agnès, électrice de gauche, reste impressionnée par son aplomb : « J’avais voté pour son adversaire, mais ce jeune homme m’avait impressionnée. » Elle se souvient de ses infatigables campagnes de porte-à-porte, deux ans avant les municipales, et d’un livre programmatique de cent pages – Vernon mérite toujours mieux ! –, tiré à 12 000 exemplaires et glissé dans toutes les boîtes aux lettres. « À l’époque, je me disais “Quel toupet !”, avoue-t-elle, Aujourd’hui, je dis “Chapeau !” »
« Le fait qu’il soit Premier ministre, ça peut débloquer des choses ici »
Une ascension au gré de fidélités successives
Onze ans plus tard, Philippe Nguyen Thanh, le socialiste qu’il avait délogé de la mairie, n’a rien oublié non plus. Dans son cabinet médical, il sourit en évoquant cet adversaire juvénile, toujours présent lors de ses réunions publiques : « Il écoutait, prenait des notes. » Pensait-il un jour le voir franchir les portes de Matignon ? Peut-être pas, même s’il avait détecté en lui l’ambition : « Après tout, son métier, c’est la politique. Il n’en connaît pas d’autre », glisse le médecin généraliste qui retrace une ascension au gré de fidélités successives : Bruno Le Maire, dont il fut directeur de campagne en 2016, puis François Fillon, avant le virage Macron, quand les affaires ont fait chuter le champion de la droite. Une « évolution naturelle », plaide son successeur, François Ouzilleau, maire de Vernon depuis 2017 et ami intime. Ils se sont rencontrés en décembre 2006, lors d’une réunion publique de Valérie Pécresse. « Nous étions les deux seuls jeunes dans une salle de tempes grisonnantes », se souvient François Ouzilleau. Ils ne se sont plus quittés : collages d’affiches, tractages sous la pluie, soirées à refaire le monde les pieds aux chenets, autour d’un verre de whisky. Repéré par le député Franck Gilard, Sébastien Lecornu entre à l’Assemblée nationale pour la première fois comme assistant parlementaire.
Dans les ruelles médiévales de Vernon, les témoignages oscillent entre indifférence polie, fierté locale et, plus rarement, hostilité. À la sortie d’une librairie du centre-ville, Philippe, instituteur retraité, natif de la commune, se présente comme un défenseur de l’école publique, « pas comme Lecornu qui a fait ses classes “là-haut” », lance-t-il en désignant d’un coup de menton les hauteurs de la ville. « Là-haut », c’est le lycée privé Saint-Adjutor, vaste bâtisse normande qui surplombe Vernon. Sur place, les enseignants se montrent peu diserts. La direction de l’établissement a donné consigne de ne pas s’épancher dans la presse. Les élèves, eux, sont plus bavards. Louise, en seconde, salue le nouveau Premier ministre : « C’est mon voisin, incroyable ! » « En même temps, tempère un de ses camarades, on ne sait pas trop ce qu’il pense. » Un troisième lâche, bravache : « C’est un faux mec de droite ! » Certes. À côté du tag de l’Action française – « Pour que vive la France, vive le Roi » – barbouillé sur un mur du lycée, le nouveau Premier ministre peut sembler un peu trop à gauche.
Changement de décor. À la terrasse du Royal, au cœur du quartier prioritaire des Valmeux, Oumar et ses potes, quadragénaires comme lui, carburent au café-clope. Oumar, le plus volubile, vitupère contre « le fils de Macron » : « Il veut nous embobiner avec ses compromis. Il met le clignotant à gauche, mais il tourne à droite. On connaît la chanson. » Abdel l’interrompt : « Il faut lui donner sa chance. Il n’a encore rien fait que tu l’enfonces déjà. » Au pied de la tour Ariane, la plus haute de la ville, une mère de famille, plus nuancée, résume l’état d’esprit d’une autre partie de Vernon : « On aime, on n’aime pas le bonhomme. Le fait que notre ancien maire soit Premier ministre, ça peut débloquer des choses ici. Alors, pour lui, mais surtout pour nous, souhaitons-lui bonne chance. »
CDCL : Un Bouclier pour nos Élus
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CDCL va au-delà de la simple valorisation du patrimoine et de la formation des élus. L’association a mis en place un dispositif de protection dynamique, comprenant des formations spécialisées, des ressources juridiques, et une assistance réactive en cas d’agression.
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