Le territoire de Dieppe et Neufchâtel-en-Bray (Seine-Maritime) est très impacté par le nombre de victimes de violences intrafamiliales.
Sur le premier trimestre 2025, la gendarmerie a constaté une augmentation de 14 % des interventions pour violences intrafamiliales. Le commissariat de Dieppe a de son côté enregistré 206 nouveaux dossiers et 159 gardes à vues pour violences intrafamiliales depuis septembre 2024.
Face à cela, il faut agir !
Ces violences n’ont pas de visage type
C’est pourquoi un grand séminaire était organisé dernièrement au théâtre Robert Auzelle de Neufchâtel-en-Bray car dans ce contexte, l’engagement des élus locaux, et plus largement des collectivités et des services de l’État, est primordial pour permettre d’orienter et de protéger les victimes de violences intrafamiliales.
Ainsi, le Département de la Seine-Maritime, en collaboration avec les acteurs locaux du territoire, a souhaité poursuivre son action et en particulier en faveur de l’intérêt de l’enfant et développer une prise en charge adaptée, un espace de protection ainsi qu’un temps d’évaluation et d’accompagnement avec la mise en place d’un protocole.
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L’enjeu est de reconnaître la souffrance de ces enfants et de leur apporter une réponse pérenne. « Nous pensons évidemment aux victimes et aux enfants co-victimes. En 2024 dans notre département, plus de 4 000 faits ont été recensés par les forces de l’ordre. Et il faut savoir que les féminicides sont plus élevés en milieu rural qu’en ville » a insisté le président du Département, Bertrand Bellanger.
Xavier Lefrançois, maire de Neufchâtel-en-Bray d’ajouter :
Ces violences n’ont pas de visage type et se déroulent derrière des portes closes. En tant que maire, on ne sait pas toujours comment réagir.
Lors de cette grande réunion, était présent le substitut du procureur du tribunal de Dieppe.
Une priorité : protéger les victimes
Mickaël Bouraya s’est adressé à l’assistance composée de gendarmes et policiers, représentants des pompiers, élus, responsables associatifs… : « Les violences intrafamiliales sont tout sauf une affaire de la sphère privée car ces violences transparaissent au-delà du foyer, surtout quand il y a des enfants car il y a la possibilité de reproduction et de violences de leur part. Ce sont des infractions sévèrement punies par la loi. Dès qu’on a le moindre doute, il faut systématiquement le signaler, en parler et le faire savoir, même anonymement. Le but pour nous est de protéger les victimes ».

Pour illustrer tous ces propos, des saynètes étaient jouées sur la scène du théâtre. On y voyait la manipulation d’un homme « respectable » de premier abord sur sa femme.
À ce propos, une des nombreuses intervenantes expliquait alors les différentes formes de violences :
Cela peut être physique, psychologique, économique, verbal, sexuel et numérique. Ce sont des contextes de danger constant pour les victimes et les enfants.
Étaient alors présentés les cycles de cette violence qui se manifestent dans un premier temps par le fait d’isoler la victime de ses amis et des personnes susceptibles de pouvoir l’aider. « L’agresseur prend le contrôle sur la victime ».
L’engagement des collectivités
Afin de toujours mieux gérer ces situations et en particulier de mettre l’enfant au cœur des préoccupations, un protocole a été signé par différents partenaires. Il vise à une meilleure prise en charge des enfants mineurs dont l’un des parents est victime d’homicide intrafamilial.
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« La force de notre territoire, c’est l’engagement de nos collectivités. Et à vous les élus de terrain, la question n’est pas quand allez-vous rencontrer des victimes de violences intrafamiliales, mais surtout comment les repérer car vous en avez forcément déjà croisé sans le savoir. Cette lutte, c’est celle de tous, et je pense à nos policiers et gendarmes, aux pompiers et au Parquet car ce sont souvent des enquêtes difficiles et longues à mener » a déclaré Clément Vivès, directeur de cabinet du préfet de Seine-Maritime.

Ce protocole qui associe également l’Éducation nationale, va ainsi permettre de rendre systématique la prise en charge des enfants qu’ils soient présents ou absents lors des faits, d’élargir la prise en charge systématique des enfants lors d’un féminicide ou homicide dans un contexte intrafamilial, et pas uniquement un contexte conjugal, d’associer les deux centres hospitaliers de référence du territoire (le centre hospitalier de Dieppe et le CHU de Rouen) afin d’apporter une réponse à l’ensemble des mineurs concernés sur le ressort judiciaire de Dieppe et dans le même temps d’élargir la réflexion sur le territoire rouennais.
Enfin rappelons qu’il existe une cellule spécialisée sur ces violences au niveau de la gendarmerie pour l’ensemble du territoire couvert par les compagnies de Dieppe et de Neufchâtel-en-Bray. Il existe également un numéro à ne pas oublier : le 39 19.
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Protéger nos Élus avec CDCL
Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.
Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.
Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.
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