Marseille. Un adjoint du maire Benoît Payan condamné pour l’agression de deux militants LFI

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La décision est tombée. Poursuivi pour des violences contre deux militants LFI, l’adjoint au maire de Marseille Sébastien Jibrayel (PS) a été condamné ce jeudi 3 juillet 2025 à 12 mois de prison avec sursis. La situation avait dégénéré autour d’un collage d’affiches, en janvier dernier, dans les quartiers Nord de la cité phocéenne.

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Moins que les réquisitions du parquet

Le tribunal correctionnel est allé en deçà des réquisitions du parquet : l’élu, qui s’était vu retirer sa délégation au sport au moment de sa mise en examen, écope d’une peine de 12 mois de prison avec sursis et de 5000 euros d’amende.

La procureure avait réclamé une peine de 24 mois à l’encontre de l’élu et une privation de droits civiques. Sébastien Jibrayel était poursuivi pour « violence en réunion ayant entraîné une incapacité temporaire de travail n’excédant pas 8 jours ». Il était absent du palais de justice de Marseille ce jeudi 3 juillet 2025 à l’annonce du délibéré.

Sur place, son avocat, Me Benjamin Liautaud, a indiqué qu’ils allaient réfléchir à l’opportunité de faire appel de ce jugement.

Son père également condamné

Le 18 janvier dernier, en début d’après-midi, alors qu’ils se trouvaient à proximité de l’école Saint-Henri-Raphaël 2, dans le 16e arrondissement de Marseille, les deux militants LFI de 24 et 26 ans avaient été violemment pris à partie et blessés.

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Également mis en cause dans cette rixe, le père de Sébastien Jibrayel, Henri Jibrayel, ex-député PS, a aussi été reconnu coupable et s’est vu infliger 6 mois de prison avec sursis. L’ancien parlementaire avait déjà été condamné, en 2018 et 2021, dans des affaires d’abus de confiance et de prise illégale d’intérêts.

« Vas-y, nique-le »

Les deux hommes apparaissent sur les images de vidéosurveillance, visionnées à l’audience, le 22 mai 2025. On y voit les deux militants LFI en train de décoller des affiches devant une école. Un attroupement se crée et l’un d’eux est littéralement tabassé. Sébastien et Henri Jibrayel arrivent en voiture, se mêlent à la foule et repartent.

« A aucun moment mon client ne porte le moindre coup, à aucun moment mon client n’effleure les parties civiles », avait insisté l’avocat de l’élu.

Selon une source policière citée par Mediapart, Sébastien Jibrayel serait entendu en train d’inciter des membres de son équipe à frapper les deux jeunes militants : « Vas-y, nique-le », aurait-il notamment proféré. « La démocratie était à terre ce jour-là », avait déploré la procureure, lors de ces réquisitions, à l’audience.

Deux autres personnes condamnées

Un troisième prévenu, Mohammed Aboud, un coach de boxe qui a reconnu avoir porté les coups et expliqué à la barre avoir « perdu le contrôle » de lui-même, a été condamné à 12 mois de prison avec sursis probatoire de 3 ans et 500 euros d’amende.

Lyece Choulak, conseiller d’arrondissement des 15e et 16e arrondissements de Marseille, également impliqué, a de son côté écopé de 6 mois de prison avec sursis.

L’avenir politique de Sébastien Jibrayel en question

L’affaire avait été rendue publique par le député LFI Sébastien Delogu, qui avait dénoncé dans un communiqué en janvier des violences « intolérables ». Son collègue, Manuel Bompard avait réclamé à Benoît Payan la tête de son adjoint.

L’entourage du maire avait alors indiqué à actu Marseille que « toutes les mesures seront évidemment prises en conséquence, les élus se [devant] d’être exemplaires ». À l’annonce de sa mise en examen, Sébastien Jibrayel s’était vu retirer sa délégation au sport et l’ensemble de ses responsabilités municipales. Il demeure jusque-là adjoint.

Questionné sur l’avenir politique de Sébastien Jibrayel, son avocat a botté en touche : « on verra » a-t-il simplement répondu. Sollicitée par actu Marseille ce mercredi 2 juillet à l’annonce du jugement, la municipalité n’avait pas immédiatement donné suite.

Avec Thibault Nadal

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