« Une montée de violence liée au trafic » : à Revel, l’armement des policiers municipaux divise les élus

l’essentiel Le débat de l’armement de la police municipale de Revel s’est invité au conseil municipal. La réflexion est lancée pour les élus, qui expriment de nombreux doutes. La collectivité s’interroge sur les risques encourus pour ces primo intervenants du quotidien.

Les neuf policiers municipaux de Revel le réclament « depuis longtemps. » La réflexion sur l’armement létal est lancée depuis l’agression d’un jeune agent le 9 avril dernier.

Les policiers auront-ils une arme à la ceinture dans les prochains mois ?
Les policiers auront-ils une arme à la ceinture dans les prochains mois ? Photo DDM archives – THIERRY BORDAS

Lors du conseil du 12 juin, le maire Laurent Hourquet a affirmé ne pas vouloir décider seul, bien qu’il soit le seul à pouvoir solliciter la préfecture. « Nos policiers affrontent des situations de plus en plus périlleuses », a-t-il souligné. Opposé à cette idée il y a cinq ans, il reconnaît que l’agression a tout remis en question.

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Christine Hanizet, cheffe de la police municipale, se réjouit de cette ouverture : « La réflexion est bonne, même si longue. Je salue le maire de revenir sur ses positions. » Elle pointe une « montée de la violence », des « interpellations avec armes qui semblent avoir doublé », comme des « machettes, clubs de golf transformés en armes, des pistolets »… Elle rappelle que « 80 % des polices municipales en Occitanie sont armées », y compris dans des villes comparables comme Lavaur ou Mazamet.

Le trafic de drogue au cœur des débats

Six des neuf policiers ont déjà porté une arme, de par leur passé d’anciens gendarmes ou policiers nationaux. « La formation est de six mois minimum, avec des paliers et des tests psychologiques, précisait le maire aux élus. Il y a beaucoup plus d’heures d’entraînement et de formation en police municipale qu’en gendarmerie. »

Mais les doutes persistent. « Une arme face à quoi ? Pour quelle utilisation ? », a interrogé le conseiller Olivier Picard. Il craint un engrenage mais reconnaît la nécessité d’être armé « face à des gens armés ».

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Le sénateur Alain Chatillon a rappelé que le sujet s’était déjà invité lorsqu’il était maire. Peu favorable à l’armement, il rappelait : « La gendarmerie est armée, nous avons obtenu deux places supplémentaires. Encore faudrait-il trouver le bon équilibre entre la police municipale et la gendarmerie. »

Pascale Comte Dumas a soulevé la piste de la prévention par « un éducateur de rue ». Le maire a répliqué que les policiers assurent déjà ce rôle et connaissent bien la « petite minorité » violente liée au trafic.

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« La gendarmerie est bien souvent à 30 minutes ou une heure d’intervention. Nous avons une montée en puissance de la violence en partie liée au trafic, déclarait l’adjoint Alain Magnin-Lambert. Quand il y a de l’argent, on le protège plus que tout. J’ai connu ce sujet dans une autre collectivité. L’armement professionnalise les acteurs, assoit leur position et les rend plus crédible. »

Si l’argument de la dissuasion séduit une partie des élus, les positions restent partagées et les élus demandent du temps. Malgré l’échéance des élections municipales qui approche doucement mais sûrement.

Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.

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