Premier adjoint au maire de Monferran-Savès, Gérôme Beyries a été agressé physiquement par un habitant de la commune samedi 31 mai, après lui avoir demandé le volume de sa sono. L’agression a été filmée. Une plainte a été déposée dès le lendemain.
Maryelle Vidal ne décolère pas. « J’ai appelé la gendarmerie ce matin, cela a été un peu sportif », tance la maire de Monferran-Savès. En cause : la récente agression dont a été victime son 1er adjoint Gérôme Beyries.
Les faits remontent au samedi 31 mai. Aux alentours de 20 heures, l’élu décide de se rendre chez un administré, non loin de la salle des fêtes, pour lui demander de baisser le volume sonore de son enceinte. « Je n’étais pas sur la commune, indique Maryelle Vidal. C’était lui qui représentait la mairie et en tant que 1er adjoint, il est censé faire régner l’ordre sur la commune, comme tous les adjoints et le maire. Le voisin avait mis une sono sur la terrasse. Il a été le voir pour qu’il baisse le volume sonore, et c’est parti en cacahuète. »
Une plainte déjà déposée contre l’agresseur l’an dernier
Visiblement échaudé par cette demande, l’homme s’en serait alors pris directement à l’élu de 48 ans en lui assénant plusieurs coups, à la tête et aux côtes notamment. Des coups en grande partie parés par la victime, comme l’attestent les images captées par la compagne de Gérôme Beyries, présente au moment des faits aux côtés de ses deux enfants. Sur cette vidéo de moins de 2 minutes, on peut entendre des insultes et menaces proférées par l’agresseur à l’encontre du premier adjoint, avant qu’il ne finisse par s’éloigner.

Sans emploi déclaré, le trentenaire n’en était visiblement à sa première incartade. « Une plainte contre cette personne avait déjà été déposée par un autre voisin, en août de l’année dernière », révèle Maryelle Vidal. Choqué par ce déchaînement de violence, Gérôme Beyries a prévenu la maire puis est allé porter plainte dès le lendemain à la gendarmerie de Gimont. Il s’est également rendu chez son médecin, qui lui a prescrit un jour d’interruption temporaire de travail (ITT). « Il doit passer une radio pour voir s’il n’y a pas une côte de fêlée ou de cassée », précise Maryelle Vidal, sidérée.
« Pour moi, c’est l’agression d’un élu »
Aujourd’hui, la maire de Monferran-Savès réfute la thèse de la simple querelle de voisinage. « Pour moi, c’est l’agression d’un élu », s’indigne-t-elle. La réponse du parquet est plus mesurée à ce stade. « C’est en même temps le premier adjoint et l’un des voisins de l’individu qui a porté les coups, indique la procureure de la République d’Auch, Clémence Meyer. Sur le fait de savoir s’il est intervenu en tant que particulier ou en tant qu’élu, c’est l’enquête en cours qui le déterminera. Elle devra déterminer à la fois les implications de chacun et si, éventuellement, on retiendra ou pas la qualité d’élu comme circonstance aggravante. Ce sont les investigations qui vont le déterminer. C’est un peu tôt pour se prononcer à ce stade. En tout cas, il n’y a pas encore de réponse pénale qui a été donnée ».
En attendant, la commune peut déjà compter sur le soutien de l’Association de maires de France. « On a prévenu l’AMF qui nous a donné le numéro de téléphone de son avocate », indique Maryelle Vidal. Pour rappel, les maires, adjoints et conseillers municipaux sont en première ligne dans les violences faites aux élus*. Une réalité à laquelle Maryelle Vidal et son équipe municipale se retrouvent de plus en plus confrontés. « Jusqu’à maintenant, on n’avait eu que de la violence verbale. Ça, on gère, on est habitué malheureusement. De la violence physique, on n’avait encore jamais vu ça. Il faut un début à tout », conclut l’édile.
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Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.
Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.
Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.
L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.
Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.
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