« Vous me faites pitié »: le maire de Pamiers, Frédérique Thiennot, tacle son ancien premier adjoint, A.Rochet

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l’essentiel C’était l’heure des clarifications, et des règlements de compte, ce mardi soir, au conseil municipal de Pamiers. De vifs échanges ont opposé le maire, Frédérique Thiennot, à son ancien adjoint, A.Rochet, ainsi qu’aux élus d’opposition. Et Xavier Fauré s’est livré à cœur ouvert, en réponse à J. Guichou, sur la suite du mandat.

Après le « ravalement de façade » express du précédent conseil, c’était l’heure d’une opération à cœur ouvert, hier soir, au conseil municipal, chargé de redistribuer les cartes. Et des règlements de compte.
« Que je sache, je ne fais pas partie du groupe majoritaire ». — Dès le début du conseil municipal, Alain Rochet, ancien premier adjoint, a donné le ton, répondant à Frédérique Thiennot, maire, qui venait de classer les élus « par groupe », dans le tableau du conseil municipal. « Que je sache, je ne fais pas partie du groupe majoritaire », a-t-il précisé. « Bon, ça, on va le regarder, mais ça revient au même », a répondu Frédérique Thiennot. Le ton était donné.
Audrey Abadie : « Le choix de l’honnêteté. — Clarifier sa position, c’était également le vœu, ce mardi soir, d’Audrey Abadie, qui avait voté contre le budget, lors du dernier conseil municipal : « C’était un acte politique, a-t-elle expliqué. Choisir de sortir du groupe majoritaire n’a pas été facile, mais c’est le choix de l’honnêteté […] Quand on est en désaccord, il est plus honnête de partir ». Et d’ajouter, avec une pointe d’amertume : « Vous avez dit, Mme le maire, que ceux qui partiraient ne toucheraient plus leurs trente deniers d’indemnité (1). Penser que ça aurait pu influencer ma décision serait faire insulte à mon engagement d’élu local ».
Michel Raulet et Françoise Pancaldi élus. — Sans surprise, Michel Raulet et Françoise Pancaldi ont été élus au poste d’adjoints, en remplacement de Fabrice Bocahut et Cécile Pouchelon, dont les délégations avaient été retirées, à la suite de leur abstention lors du vote du budget.

« La fin de vie du groupe ex-majoritaire »

Mais c’est Jean Guichou (Union pour Pamiers), qui avait mené la charge, annonçant que son groupe (six élus) refusait de prendre part à ce vote : « Nous nous retrouvons à gérer une problématique que vous connaissez bien, la fin de vie », a ironisé l’élu, s’adressant au maire, F.Thiennot. La fin de vie « du groupe ex-majoritaire », a-t-il précisé, cinglant. « Faut-il en assurer la survie ou mettre fin à ses souffrances. Moi, je me demande si celui qui a mis ce groupe au monde, qui l’a enfanté, va se décider à mettre fin à ses souffrances ».
Bien entendu, il s’adressait à Xavier Fauré, dont l’alliance avec Frédérique Thiennot, entre les deux tours des municipales, a permis sa victoire. « Mais c’est un débat qui vous regarde. Nous vous laisserons régler vos affaires internes entre vous », a conclu l’élu d’opposition. « Ta question m’embarrasse un peu, a répondu Xavier Fauré, adjoint en charge de l’urbanisme. J’ai passé cinq ans, il y a eu de bons et de moins bons moments. J’ai des regrets […] Oui, tout ça pour ça, et j’ai beaucoup de regrets. Je vais être franc : quand Alain [Rochet] est sorti du bois en décembre, ça m’est resté en travers, parce que tout a été f… en l’air ». Et de conclure : « Alors oui, pour quelques mois, j’ai les clefs du camion… Mais je ne vois pas pourquoi on irait se chamailler. Je vais faire le maximum pour qu’on arrive au bout, proprement, au moins jusqu’à l’avant-dernier conseil – le dernier, il se passera ce qu’il se passera ».

À le faire, il fallait le « faire au bout d’un an »

Et de résumer : à le faire, il aurait dû le faire plus tôt, « au bout d’un an », a-t-il expliqué. « En tout cas, on travaillera jusqu’au bout, au service des Appaméens », a immédiatement ajouté Frédérique Thiennot, tandis que Daniel Mémain (Pamiers Citoyenne) déplorait « le triste spectacle offert aux Appaméens, et le temps passé à s’envoyer des missiles sol-air, ou sol-sol ».
Enfin, le changement d’appellation de la rue de l’Hers, rebaptisée sur de l’Arget, a donné lieu à un dernier échange au vitriol. « L’Arget, c’est plutôt vers Foix. Pourquoi avoir donné ce nom à une rue de Pamiers ? Pour moi, ça n’a aucun sens », s’est interrogé Xavier Malbreil (Pamiers Citoyenne). Michèle Goulier (idem) a alors demandé si « les riverains avaient été consultés ». Alain Rochet a alors enfoncé le clou : « C’est un rappel : la consultation citoyenne faisait partie du programme que nous avions élaboré ensemble ». Une piqûre de rappel qui a irrité Frédérique Thiennot : « Vous me faites pitié, M.Rochet… J’ai encore un peu de pitié à vendre », lui a lancé le maire de Pamiers.

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(1) Les trente deniers, c’est la rétribution de Judas pour sa trahison du Christ. Lors du précédent conseil municipal, F.Thiennot avait utilisé cette image en s’adressant aux élus qui s’étaient opposés, ou abstenus, lors du vote du budget, et dont les délégations ont ensuite été retirées. (2) La Dépêche reviendra, dans ses prochaines éditions, sur les [quelques] dossiers abordés lors de ce conseil municipal.

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