L’homme qui avait menacé de “buter” le maire de Libourne condamné à six mois de prison ferme

, L’homme qui avait menacé de “buter” le maire de Libourne condamné à six mois de prison ferme

L’appel menaçant aura duré vingt-six minutes. Ce qui peut paraître peu au regard de la logorrhée digressive dont a fait preuve Frédéric Miglierina à la barre de Libourne ce vendredi 9 mai, dans le cadre de sa comparution immédiate. L’homme, domicilié à Coutras, était poursuivi pour menace de mort à l’encontre d’un élu public et détention non autorisée d’armes. « Je vais me suicider après avoir buté Buisson. Je vais lui mettre une balle dans la tête », tels ont été ses mots, mardi 6 mai vers 10 h 15, lors de son appel à la police municipale de Libourne.

Il venait de recevoir une amende de 550 euros pour dépôt sauvage d’ordures, signée comme nombre de courriers municipaux par le maire Philippe Buisson. L’homme, dont le numéro s’affiche, donne même son nom, son adresse et l’endroit où il se situe. « J’appelais pour faire une réclamation. Je ne le connais pas. Je ne voulais pas lui faire peur. J’étais dans ma folie. J’ai voulu donner du poids à mon dossier. »

Une lame de 40 cm

Au-delà des menaces, l’arsenal retrouvé lors de la perquisition de sa voiture, un sabre de 40 cm, un couteau de chasse, un bâton de 70 cm, deux fusils et une carabine, questionne les juges. « Ce n’est pas vraiment un sabre. J’utilise cet outil sur mon terrain forestier où j’ai un projet agricole », justifie le prévenu. L’autre lame lui servirait à bricoler. Quant aux fusils et carabine, il explique les avoir récupérés dans la maison de sa grand-mère ou dans des brocantes. « Et le grand bâton ? », interroge le président. « C’est pour me rassurer. Mais tout ça n’a aucun lien avec mes menaces », assure-t-il. Menaces qu’il reconnaît.

D’autres éléments alarment les enquêteurs. Son terrain agricole dont l’aspect s’apparente à un camp d’entraînement, mais aussi un drapeau de l’État islamique retrouvé dans son armoire. « C’est mon frère qui me l’a offert, je n’ai pas osé le jeter », explique celui qui s’est converti, comme son aîné, à l’Islam il y a plusieurs années. Il noie ses explications dans un flot de paroles. Plusieurs fois, le juge l’interrompt, le recadre.

Altération du discernement

Pour Me Raphaël Monroux, avocat de Philippe Buisson, Frédéric Miglierina pourrait passer pour « un doux rêveur, une victime de la société » mais « sous ses côtés sympathiques, il préface un avenir plutôt sombre… Il qualifie ses parents de mécréants et a déjà dit vouloir couper la tête de sa tante. Il a ce bâton dans sa voiture, imaginez une altercation avec lui au feu rouge ! »

Pour Me Constance Duval-Veron, avocate de la défense, on court un risque à médiatiser et ou politiser une telle affaire. « Cela donne un prisme de lecture sur une prétendue radicalisation alors que, selon moi, l’inquiétude n’est pas fondée. Il était bouleversé par la réception de cette amende et il s’agissait juste de l’expression d’une colère. » Le parquet s’interroge surtout sur le passage à l’acte : « Comment quelqu’un peu connu de la justice en arrive à des faits d’une telle nature ? », interroge Sophie O’hana qui souligne la réitération des propos auprès des policiers. Et de regretter une expertise psychologique incomplète, qui évoque « un trouble grave de la personnalité », sans en dire plus.

Le tribunal a ainsi retenu l’altération du discernement et condamné le prévenu à dix-huit mois de prison dont douze avec un sursis probatoire de deux ans avec maintien en détention, l’obligation de suivre des soins psychiatriques, l’interdiction de paraître sur Libourne, d’entrer en contact avec Philippe Buisson et de détenir une arme pendant quinze ans. « Les propos tenus, la détention d’arme et votre fragilité psychologique font apparaître une dangerosité particulière aux yeux du tribunal », a justifié le président.

Philippe Buisson réagit

« Je prends acte de cette décision qui n’est pas une victoire mais une stricte application de la loi », réagit à chaud Philippe Buisson qui souligne qu’une telle agression est « exceptionnelle ». « Cela ne remet pas en cause mon épanouissement d’élu », ajoute le maire qui qualifie néanmoins les faits de graves. « J’espère qu’il profitera de cette mise à l’abri pour se soigner ». Et de souligner « l’hyperviolence devenue monnaie courante ».

En conclusion de cet article, mettons en lumière l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une force incontournable dans la protection des droits et de la sécurité de nos élus locaux.

Fondée en 1998, CDCL s’est imposée au fil des ans comme un acteur clé du soutien aux petites municipalités de France. Au-delà de la valorisation du patrimoine et de la formation des élus, l’association s’engage activement dans la mise en place d’un dispositif de protection essentiel, répondant à la recrudescence des agressions dont sont victimes nos élus.

Ce dispositif complet inclut des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. La reconnaissance légale de CDCL au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023 renforce son rôle en lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir les élus victimes d’agression.

Enregistrée au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et affiliée au SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, et demeure fidèle à sa mission initiale. Elle donne aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, consultez leur site web. Restez informés sur les développements de cette initiative cruciale afin de soutenir nos élus locaux dans l’exercice de leurs fonctions en toute sécurité.

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