Des militants et élus socialistes ont été violemment pris à parti jeudi lors de la manifestation du 1er-Mai à Paris.
Plusieurs d’entre eux ont été physiquement agressés et des insultes ont fusé, dont certaines à caractère antisémite, selon plusieurs membres du parti.
Des attaques condamnées par les alliés de gauche du PS, tandis que le gouvernement a lui aussi dénoncé ces violences.
La journée de mobilisation sociale entachée par une flambée soudaine de violences. Le PS a dénoncé jeudi des insultes et agressions physiques à l’égard de ses militants et ses élus (nouvelle fenêtre), lors de la manifestation parisienne du 1er-mai. Parmi eux, le député Jérôme Guedj, déjà invectivé dimanche lors d’un autre rassemblement.
Les incidents se sont produits en milieu d’après-midi sur le stand installé par le parti à la rose sur le parcours de la manifestation parisienne. Selon nos journalistes sur place, des insultes ont tout d’abord fusé contre les socialistes, notamment « social-traîtres » ou encore « collabos ». Les accusations en « traîtrise » reviennent souvent contre le PS au sein de la gauche radicale et de l’extrême gauche, depuis la décision du parti de ne pas voter les motions de censure (nouvelle fenêtre) contre François Bayrou, qui a déclenché la colère de LFI en particulier (nouvelle fenêtre).
Plusieurs blessés, « une volonté de se faire du socialiste »
Puis la tension est encore montée d’un cran, lorsqu’un groupe d’hommes habillés en noir, dont certains portaient des drapeaux antifas, s’en sont pris physiquement au service de l’ordre du PS. Plusieurs élus, dont le député Jérôme Guedj, ont été obligés de quitter les lieux (nouvelle fenêtre), et des dizaines de forces de l’ordre sont ensuite intervenues. Selon le parquet de Paris, une personne a été placée en garde à vue après des « tirs de mortier, dégradations et violences ». Le ministère de l’Intérieur a, lui, fait état de quatre blessés légers parmi les socialistes.
Des violences immortalisées par des vidéos partagées en ligne, notamment par des élus du parti. « Nous avons été insultés puis attaqués par des black blocs : ils ont arraché nos drapeaux et nos banderoles, ont donné des coups de pied, coups de poing, lancé des pétards. Un camarade a été traîné et lynché au sol, un autre élu a été blessé », a retracé sur le réseau X l’eurodéputée Chloé Ridel, ajoutant que le stand a été détruit.
Aujourd’hui à la manifestation du 1er mai, les socialistes tenaient un point fixe festif sur le boulevard de l’hôpital à Paris. Nous avons été insultés puis attaqués par des black blocks: ils ont arraché nos drapeaux et nos banderoles, ont donné des coups de pied, coups de poing,… pic.twitter.com/RzTyspcdbQ — Chloé Ridel (@ChloeRidel) May 1, 2025
Sur LCI, Jérôme Guedj s’est dit quant à lui « meurtri » et a dénoncé « une volonté de se faire du socialiste », de la part de « salopards, des crétins décérébrés qui abîment cette grande journée du 1er-Mai », et qui seraient selon lui des « pseudo-antifa ».
Jérôme Guedj sur LCI : « Je suis meurtri »Source : TF1 Info
Le patron du PS Olivier Faure, qui a défilé quant à lui à Dunkerque, a apporté son soutien aux socialistes « physiquement agressés par des black blocs ignorant toute conscience collective en ces temps de bascule historique ». « Par leurs méthodes, ils discréditent les combats qu’ils prétendent porter », a-t-il écrit sur X, promettant que « nous ne laisserons rien passer ». Le parti a d’ores et déjà porté plainte.
Les alliés du PS apportent leur soutien, plus timide du côté de LFI
La France insoumise, dont les relations avec les socialistes sont devenues glaciales (nouvelle fenêtre), a tenu à se distancier de ces événements, refusant de se laisser « imputer n’importe quelle action contre un tel ou une telle dans les manifestations parisiennes », comme l’a déclaré sur X son coordinateur Manuel Bompard. « Nous ne sommes pas d’accord avec le fait que l’on règle des désaccords politiques comme cela », a-t-il ajouté. D’un ton plus ferme, l’eurodéputée insoumise Manon Aubry a, elle, dénoncé sur BFMTV des pratiques « inadmissibles ». « Bien sûr que l’on peut avoir des désaccords avec le PS, (…) mais jamais vous ne nous trouverez du côté des violents », a-t-elle assuré.
La cheffe de file des écologistes Marine Tondelier, qui avait défilé aux côtés d’Olivier Faure à Dunkerque (nouvelle fenêtre), a apporté son « soutien », assurant que « les socialistes ont leur place dans les manifestations ». Tout comme le numéro 1 du PCF Fabien Roussel, qui a appelé à « faire bloc contre la violence ». Le député européen de Place Publique Raphaël Glucksmann, qui portait la liste du PS aux dernières législatives, a lui exprimé sa « solidarité totale ».
Du côté des syndicats, la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet a estimé sur LCI (nouvelle fenêtre) que « les violences ne sont pas les bienvenues dans ces cortèges qui sont festifs, solidaires et familiaux ». La numéro 1 de la CFDT a, elle, dit « regretter profondément » ces attaques, apportant son « soutien » à Jérôme Guedj en particulier, toujours sur LCI.
Un antisémitisme pointé par les élus socialistes
Certains élus socialistes ont aussi dénoncé des atteintes à caractère antisémite. Parmi les insultes qui ont fusé figuraient notamment « sales sionistes » et « génocidaires », a raconté sur BFMTV l’eurodéputée Emma Rafowicz, régulièrement victime d’injures antisémites. Le numéro deux du PS Nicolas Mayer-Rossignol a de son côté dénoncé des agressions d’élus et militants « parce qu’ils sont socialistes, et deux, parce que certains d’entre eux sont juifs ».
La patronne de la fédération socialiste de Paris Lamia El Aaraje a assuré que Jérôme Guedj, de confession juive, avait été ainsi « de nouveau été la cible d’insultes antisémites ». Le député de l’Essonne, qui avait dû quitter un rassemblement dimanche contre l’islamophobie (nouvelle fenêtre) après avoir essuyé des invectives aux relents antisémites, a quant à lui déclaré dans un premier temps à l’AFP n’avoir pas entendu d’insultes de cet ordre à son encontre. Mais ce vendredi, il a estimé que « tout cela est cohérent avec la détestation qu’ils ont à l’endroit des socialistes et à mon endroit singulier », et que « cela pue l’antisémitisme ».
À ce sujet, Marine Tondelier s’est attirée les foudres du PS après des propos ambigus. Interrogée sur RTL jeudi sur l’existence d’un « antisémitisme d’extrême gauche » qui aurait visé le député socialiste, la patronne d’EELV s’était dite « embêtée » de répondre. Elle avait souligné le parlementaire était venu « avec 20 journalistes » lors de la manifestation, laissant entendre une forme de provocation de sa part.
Oui les socialistes ont leur place dans les manifestations. Je l’ai dit ici hier (tweet ci-dessous) et sur RTL (lien ci-dessous et captures en réponse) ⬇️ https://t.co/x2QqyZXpmo @JeromeGuedj , comme l’ensemble des socialistes et des manifestants, doit pouvoir le faire dans… https://t.co/GM8cqje1DR — Marine Tondelier (@marinetondelier) May 2, 2025
Des propos dont elle s’est finalement excusée ce vendredi sur X, affirmant ne pas avoir eu « toutes les informations » au moment de l’interview. « Jérôme Guedj comme l’ensemble des socialistes et des manifestants, doit pouvoir le faire (manifester) dans la sérénité », a-t-elle ajouté, reconnaissant que « oui », « il existe un antisémitisme d’extrême gauche (nouvelle fenêtre)« .
L’exécutif condamne fermement
De son côté, le gouvernement a lui aussi dénoncé les violences qui ont visé les socialistes. Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a apporté sur X « tout (son) soutien » aux « militants agressés », promettant de ne « pas reculer devant la violence politique que l’extrême gauche essaie d’installer » selon lui. Sur BFMTV, il a dénoncé une attaque « absolument lamentable » et « inacceptable ».
Plusieurs autres ministres ont aussi réagi, comme celle du Travail, de la Santé et des Solidarités Catherine Vautrin, qui a « condamn(é) avec la plus grande fermeté les attaques violentes », sur X également. Sa collègue à l’Égalité femmes-hommes et à la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a elle estimé que l’on pouvait bien « parler d’un antisémitisme d’extrême gauche », en réponse aux propos de Marine Tondelier. « Faites le ménage », a-t-elle asséné sur le même réseau.
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Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.
Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.
Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.
L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.
Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.
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