Acte antisémite à Strasbourg : « L’incitation à l’agression physique ne peut être tolérée dans la rue

Je souhaite revenir sur l’événement qui s’est produit samedi 12 avril à Strasbourg (Bas-Rhin), lors de la manifestation en soutien à Gaza. La police encadrait une manifestation propalestinienne, anti-israélienne, antisioniste, où l’antisémitisme – à peine dissimulé – a atteint ce jour-là un niveau inquiétant de paroxysme.

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Je tiens à saluer la conduite exemplaire des forces de l’ordre, qui ont permis d’éviter un lynchage. Elles ont dû s’interposer lorsque certains manifestants ont commencé à frapper deux touristes israéliens – selon le rapport de police dévoilé par l’adjointe à la « tranquillité publique » de Strasbourg –, lesquels avaient exprimé, de manière peu élégante, un « fuck » (expression internationale), mais explicite, leur désapprobation de ce qui se déroulait dans les rues, un droit élémentaire dans notre République ouverte et tolérante.

J’ai immédiatement dénoncé la fausse rumeur prétendant que les manifestants avaient attaqué une boulangerie juive, une « fake jews ». Il n’en était rien, et tout Strasbourgeois concerné a pu le constater par lui-même. Soit les manifestants ont confondu les lieux, soit il s’est produit quelque chose de plus grave encore.

Emballement médiatique

Démocrate et attaché à la liberté d’expression, je n’ai aucune intention d’empêcher l’expression publique – dans le respect de la personne humaine et de la République. Mais l’apologie du terrorisme, l’incitation à l’agression physique ou les menaces de mort ne peuvent être tolérées dans la rue.

Une ligne rouge a été franchie ce samedi après-midi à Strasbourg : la violence verbale s’est transformée en violence physique, avec l’agression de deux touristes israéliens, qui n’en ont pas cru leurs yeux et se sont réfugiés dans ladite boulangerie.

Les suites politiques ont donné lieu à un emballement médiatique, après trois jours de silence et en l’absence de vérité détenue par l’exécutif de la ville. Ceux qui ont dénoncé l’agression ont été accusés d’alimenter un complot d’extrême droite ou de relayer une « fake news ».

Mais qu’est-ce qu’une « fake news », sinon l’invention pure et simple d’un événement imaginaire ? Or, au vu des vidéos, personne ne peut nier la haine déversée contre ces deux touristes israéliens, perçus comme des ennemis à châtier physiquement sous la hargne du mégaphone accusateur.

Silence, indifférence ou embarras

La réaction des autorités politiques a d’abord été le silence, celui de l’indifférence ou de l’embarras, un silence complice. Pendant trois jours, aucune déclaration. L’adjointe à la sécurité de la mairie, informée, a choisi de ne pas ébruiter les faits ou de les ignorer.

Ces faits ont fini par être déformés sur les réseaux sociaux. Substituer une réalité violente à une version édulcorée ou mensongère est une preuve d’irresponsabilité, un manque de transparence et de respect envers les Strasbourgeois, qui ont droit à la vérité. En minimisant les faits, on a pris parti pour les agresseurs contre les victimes, laissant courir les plus folles interprétations d’une vidéo virale.

Ce silence, cette banalisation du mal, ces accusations diffamatoires de complotisme, ce manque de compassion – que la maire de Strasbourg a dû corriger tardivement et a posteriori en apportant son soutien aux vraies victimes –, ainsi que la terreur provoquée par cette manifestation violente contre deux simples touristes rappellent tristement les trois ingrédients qu’Hannah Arendt identifiait comme les origines du totalitarisme en 1951 : le complot, la banalisation du mal et la terreur.


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Hannah Arendt savait de quoi elle parlait : en tant que juive et opposante au régime nazi, elle a dû fuir l’Allemagne en 1933, puis la France en 1940. Son expérience personnelle face à la montée de la haine et à l’indifférence des institutions donne aujourd’hui un écho troublant à ce que nous avons vu se produire à Strasbourg – un événement dont il ne faut pas minimiser les effets et les origines.

Contre cette dérive de la rue et des idéologies réductrices visant une minorité, la pensée philo-politique, l’action dans la durée sur une ligne continue, ce qu’Hannah Arendt appelait « l’œuvre », sont les conditions d’un héritage humaniste sans rupture.


En conclusion de cet article, mettons en lumière l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une force incontournable dans la protection des droits et de la sécurité de nos élus locaux.

Fondée en 1998, CDCL s’est imposée au fil des ans comme un acteur clé du soutien aux petites municipalités de France. Au-delà de la valorisation du patrimoine et de la formation des élus, l’association s’engage activement dans la mise en place d’un dispositif de protection essentiel, répondant à la recrudescence des agressions dont sont victimes nos élus.

Ce dispositif complet inclut des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. La reconnaissance légale de CDCL au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023 renforce son rôle en lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir les élus victimes d’agression.

Enregistrée au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et affiliée au SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, et demeure fidèle à sa mission initiale. Elle donne aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, consultez leur site web. Restez informés sur les développements de cette initiative cruciale afin de soutenir nos élus locaux dans l’exercice de leurs fonctions en toute sécurité.

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