
Qui a tiré sur la voiture de Chloé, une étudiante de 19 ans décédée lors d’un guet-apens dont elle n’était probablement pas la vraie cible, le 15 février 2025 à Ponte-Leccia ? Et pourquoi un homme a-t-il ouvert le feu le 23 décembre 2024 dans un bar d’Ajaccio, tuant un client de 33 ans et en blessant six autres, à deux pas de la cathédrale dont le pape François avait franchi les portes huit jours plus tôt ?
Les deux affaires ont suscité une très forte émotion en Corse. Elles devraient peser sur les débats organisés ce jeudi 27 février au sein de l’Assemblée de Corse, sous le regard du ministre de la justice Gérald Darmanin. Les élus territoriaux vont examiner le rapport présenté par Gilles Simeoni, président autonomiste de l’exécutif insulaire, sur les « dérives mafieuses » dans un territoire où le taux d’homicides par habitant est le plus élevé des régions métropolitaines (3,7 pour 100 000 en 2023).
Le document détaille 30 mesures proposées pour lutter contre ces « dérives ». Ces dernières sont décrites comme « toute forme de crime ou de délit, ou tout comportement, émanant de groupes appartenant à la sphère de la criminalité organisée, et usant de violence ou contrainte, ou menaçant de le faire, pour influer sur les choix individuels et collectifs des citoyens, et/ou des décideurs, et/ou des élus, et de la société corse, notamment dans la sphère économique et/ou politique ».
Des débats sémantiques
Y figure notamment la volonté de « combattre les clichés positifs associés à la mafia ». Le texte est le fruit d’un travail commencé en novembre 2022, mais dont les prémices datent de 2019. À l’époque, deux collectifs locaux anti-mafia, issus de la société civile, ont été créés pour dénoncer un phénomène qui n’était pas clairement nommé. « Il y a toujours eu des pudeurs sémantiques à ce sujet », rappelle Lisandru Laban-Giuliani, membre de l’un des deux collectifs, baptisé du nom de Massimu Susini, un jeune homme assassiné en 2019 à Cargèse.
La formule « dérives mafieuses » fait d’ailleurs débat. « Le mot “emprise” correspond mieux à la réalité », estime Léo Battesti, un des fondateurs de l’autre collectif Maffia No, a Vita Iè (« Non à la mafia, oui à la vie »), qui se félicite des récents propos du préfet de Corse, Jérôme Filippini. « Les deux collectifs ont eu raison d’employer le terme “mafia” », a déclaré le représentant de l’État sur les ondes de la radio publique Ici RCFM.
Pour Léo Battesti, si la criminalité n’est pas nouvelle en Corse, elle a « changé de dimension ». « On ne peut pas noyer le poisson en parlant simplement de violence, reprend-il. C’est de la violence programmée avec une finalité stratégique, la conquête et la domination d’un territoire. On est sous l’influence de gens qui ne sont pas que des petits voyous qui dealent ou tuent. Ils ont une stratégie de contrôle de l’activité touristique, de l’activité immobilière et du blanchiment de l’argent. »
Une manifestation le 8 mars
Même s’il salue des avancées dans le rapport, comme « l’importance de l’action éducative pour détruire le mythe du voyou en Corse », Lisandru Laban-Giulani pointe de son côté les limites des actions envisagées par la collectivité territoriale, par exemple en matière d’urbanisme. « La spéculation immobilière est le secteur le plus juteux aujourd’hui à un niveau égal, voire supérieur au trafic de drogue, souligne-t-il. Quand on change l’affectation d’un terrain et qu’on le rend constructible, on fait des profits gigantesques. »
Les deux collectifs, qui espèrent voir le rapport amendé, regrettent que Gilles Simeoni ait pris position contre des mesures nationales contre la criminalité organisée, notamment la création d’un délit d’association mafieuse. Ils appellent par ailleurs à un rassemblement le 8 mars à Ajaccio, en réaction à la mort de Chloé. « Ce n’est pas une marche blanche qui joue sur l’émotion, insiste Léo Battesti. On manifeste pour dire “la mafia dehors”. Il faut qu’il y ait une réaction de la société pour marginaliser culturellement tous les mafieux. Aujourd’hui, il y a trop de complaisance, trop de silence et trop de non-dits en Corse. »
Protéger nos Élus avec CDCL
Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.
Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.
Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.
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