
La victime présumée a beau avoir réalisé un examen médical, qui a confirmé la présence de traces d’agression sexuelle, et avoir saisi la justice, le corporatisme policier importe plus aux yeux des premiers concernés. Quatre policiers municipaux de Perpignan ont été placés en garde à vue, jeudi 13 février, a rapporté le bureau local d’Ici (ex-France Bleu). En cause : ils sont accusés d’avoir agressé sexuellement un jeune homme, âgé de 23 ans, suite à une interpellation datant du mardi précédent. Les quatre agents réalisaient une « opération antidrogue » dans le quartier Saint-Mathieu.
Suite à cette interpellation, et à un examen médical ayant amené à un jour d’incapacité totale de travail (ITT), la victime présumée a décidé d’amener l’affaire devant la justice, en portant plainte. Les quatre accusés ont ainsi été entendus par le parquet durant la journée du jeudi 13 février, avant d’être relâchés le soir même. Si l’enquête pour « agression sexuelle par une personne abusant de son autorité » se poursuit, les autorités se sont empressées de passer par-dessus la justice et ont décrété que les quatre agents sont innocents.
« On va plus croire les dealers que les policiers municipaux »
Le maire de Perpignan – membre du Rassemblement national (RN) et ancien assistant parlementaire de Marine le Pen (2011-2014) – Louis Aliot, comme leurs collègues, n’ont ainsi cessé de remettre en cause le témoignage de la victime présumée. Le syndicat Force ouvrière (FO) n’a, par exemple, pas hésité à accuser ce dernier d’être « un délinquant » qui aurait porté « de fausses accusations », dans un communiqué. Position appuyée par le représentant FO des agents municipaux local, Stéphane Maroselli : « On va plus croire les dealers que les policiers municipaux, a-t-il déclaré auprès du bureau local d’Ici. Aujourd’hui un policier municipal qui fait son job peut se retrouver en garde à vue face à un délinquant qui diffuse des mensonges. »
Même son de cloche pour le directeur de la police municipale, Philippe Rouch, qui a ordonné à l’ensemble des agents d’arrêter leur travail de terrain en signe de protestation. « La confiance n’exclut pas le contrôle, mais c’est difficile d’expliquer à des agents, sans cesse pointés du doigt, qu’ils peuvent se retrouver en garde à vue sur les dires d’un dealer, a-t-il lancé. Les caméras piétons dont ils sont équipés se sont déclenchées. On est confiant. » Le policier perpignanais justifie son choix par le profil des quatre agents accusés, qui seraient des habitués du terrain et des affaires de trafic de drogue.
L’affaire a par la suite pris une dimension politique, alors que le maire RN de Perpignan s’est saisi du sujet. D’abord en ouverture d’un conseil municipal, jeudi 13 février au soir, où il aurait « lu de larges extraits du communiqué du syndicat Force ouvrière », annonce Ici. L’élu d’extrême droite, qui souhaite « suivre l’affaire de près », aurait surtout annoncé avoir pris contact avec le ministre de l’Intérieur, le très droitier Bruno Retailleau.
Le prétendant à la direction du parti les Républicains, comme son prédécesseur à Place Beauvau – le non moins droitier Gérald Darmanin – n’ont cessé de remettre en cause l’État de droit et à mettre en place une politique sécuritaire, fustigeant une justice qu’ils trouvent trop laxiste et lente. « Quand j’entends le mot “violence policière”, moi, personnellement, je m’étouffe », avait par exemple assumé Gérald Darmanin, en 2020. De leur côté, les représentants FO appellent l’ensemble d’agents de police de Perpignan à ne plus assurer la moindre intervention tant que leurs collègues n’auront pas « leur honneur lavé ». Soit un moyen de pression qui va à l’encontre de la justice, au mépris de la victime présumée.
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