Propos sur la mort d’Élias: le Conseil de Paris autorise la ville à déposer plainte contre Nelly Garnier

, Propos sur la mort d’Élias: le Conseil de Paris autorise la ville à déposer plainte contre Nelly Garnier

Une majorité d’élus a donné son feu vert pour qu’une plainte soit déposée contre Nelly Garnier, après que cette dernière a affirmé que le « déni » de la gauche parisienne a « armé » le bras du meurtrier.

Le jeune Elias, poignardé le samedi 25 janvier à Paris à la sortie de son entraînement de foot, aurait dû fêter ses 15 ans ce vendredi 14 février.

De ce drame a découlé ces derniers jours une polémique au Conseil de Paris. Mercredi, l’élue du groupe Changer Paris, Nelly Garnier, a porté des accusations contre la gauche parisienne concernant cette agression mortelle.

« On ne peut pas agir dans le déni. Or, j’assume de le dire, la gauche parisienne est dans le déni, et le bras qui a porté un coup fatal au jeune Elias a aussi été armé par votre déni. Il a été armé par votre idéologie de l’excuse et votre aveuglement », avait affirmé en séance Nelly Garnier, l’élue du groupe Changer Paris, coprésidé par Rachida Dati.

Une prise de parole qui avait suscité l’indignation de l’ensemble des élus de gauche et la vive colère d’Anne Hidalgo. La maire de Paris avait immédiatement réagi, coupant la parole à l’élue de droite. « Je suspends la séance pendant cinq minutes et vous aurez à vous excuser », avait-elle dit, avant, peu de temps près, d’indiquer son intention d’attaquer Nelly Garnier en diffamation.

« Violence inouïe »

Ce vendredi 14 février, au lendemain d’une rencontre entre Anne Hidalgo et les parents de la victime, le Conseil de Paris a voté en faveur d’un dépôt de plainte par la ville à l’encontre de Nelly Garnier.

Lors de cette assemblée, le Conseil de Paris a autorisé la ville à déposer plainte contre l’élue LR. 96 élus ont voté pour, 14 se sont abstenus et 15 ne se sont pas prononcés dans ce scrutin public.

Nelly Garnier et son groupe Changer Paris étaient finalement absents des bancs du conseil de Paris ce vendredi matin. Ils n’ont pas pris part au vote de la délibération.

« Les paroles prononcées par Nelly Garnier sont d’une violence inouïe, inqualifiable. Elles relèvent de l’injure ou de la diffamation, voire des deux. La plainte permettra de préciser cet élément », a expliqué Anne Hidalgo en introduction de la délibération alors qu’elle a reçu la famille du jeune Elias ce jeudi soir.

D’après l’édile parisienne, Nelly Garnier a « aussi bafoué la volonté de la famille en tenant des propos nauséabonds qui n’ont d’objet que de salir, de dénigrer, la responsabilité politique et de dénigrer et d’abîmer le débat public ». « Ici, ce n’est pas un plateau télé », a encore ajouté Anne Hidalgo, en rappelant sa plainte à l’encontre de Cyril Hanouna. « Ici, on ne porte ni injure, ni diffamation, impunément », a-t-elle martelé.

Francis Szpiner condamne

Si elle estime qu’il peut « arriver que nos mots dépassent la pensée », Anne Hidalgo assure avoir « donné la possibilité à Mme Garnier de revenir sur ses paroles ». « Elle a même été soutenue par son groupe, qui est co-présidé par une ministre de la République française », dénonce-t-elle.

« Nous avons condamné et condamnons sans ambiguïté les propos indécents de Mme Garnier », assure de son côté Francis Szpiner, sénateur de Paris et président du groupe Demain Paris.

« Nous devrions être dans cette période de deuil et de respect. En accusant, la majorité municipale et la gauche d’être responsable du délit, passe encore. Mais de dire qu’il a armé le bras des assassins. C’est intolérable et inadmissible. Nous condamnons donc ces propos sans équivoque », a défendu l’ancien maire du 16e arrondissement.

« L’heure est au recueillement »

Toutefois, aux yeux du sénateur, dont le groupe qu’il préside s’est abstenu lors du vote de ce vendredi, Anne Hidalgo a « la capacité sans passer par le conseil de Paris, d’intenter au nom de la ville toutes les actions en justice », et le conseil exceptionnel pour voter sur la plainte de la mairie était « peut-être (…) un peu trop ».

« C’est la loi sur le droit de la presse qui nous impose cette délibération », lui a répondu Anne Hidalgo.

De son côté, Geoffroy Boulard, maire du 17e arrondissement et co-président du groupe Union Capitale, a estimé que « cette procédure ne relève désormais plus » des débats au conseil de Paris. « Pour cette raison, nous ne prenons pas part au vote », a-t-il indiqué.

« L’heure est au recueillement. Il doit aussi être à la réflexion. Tirons les enseignements de cet échec collectif pour que nous n’ayons plus à pleurer la mort d’un enfant arraché aux siens. Face à l’irréparable, face au chagrin, la dignité s’impose », a soutenu de son côté Maud Gatel, la présidente du groupe Modem.

La maire du 14e arrondissement de Paris, Carine Petit a aussi pris la parole durant ce conseil de Paris.

« Des courriers de maires de droite, de gauche, ou sans étiquette, me sont parvenus. Leurs mots étaient aux antipodes de ceux de Mme Garnier. (…) Depuis quelques jours, l’indignité est clairement franchie, la diffamation ou l’injure aussi. Est-ce que vos propos sont à la hauteur des questions que soulève la mort d’Elias et de celles et ceux qui ont été tués avant-lui. Est-ce que vous apportez le début d’une solution pour que ce genre de drame ne se reproduise pas ? Je ne pense pas ».

Nelly Garnier se défend

Après le conseil de Paris de mercredi, Nelly Garnier s’était expliquée sur ses propos polémiques au micro de BFM Paris Île-de-France. « J’ai voulu, au nom de mon groupe, exposer la situation de l’insécurité à Paris », indiquait-elle.

« Est-ce que c’est normal qu’un jeune puisse être tué à Paris dans un quartier où l’on sait qu’il y a des problèmes identifiés, alors même que la ville a des responsabilités en matière de sécurité », s’était-elle interrogée.

Sur le même sujet

L’élue avait dénoncé aussi le manque de débat au sein du conseil de Paris. « Ce qui n’est pas normal, c’est qu’Anne Hidalgo ne m’a pas laissé parler. Dès les premières secondes elle a coupé le micro. » Le groupe Changer Paris avait vu là un « déni » de la gauche qui veut « masquer ses échecs ».

Nicolas Dumas

Protéger nos Élus avec CDCL

Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.

Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.

Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.

Source de l’article : Source