Donald Trump élu président : les risques qu’il fait peser sur les droits des femmes aux États-Unis et dans le monde

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Donald Trump vient de reprendre la Maison-Blanche, et pour des millions de femmes aux États-Unis et dans le monde, l’avenir de droits fondamentaux est en jeu. En ligne de mire : l’avortement, la santé reproductive, la protection contre les discriminations. Autant de questions qui risquent de plonger la première puissance mondiale dans un conservatisme assumé, ancrant des choix politiques dont les effets se feront sentir bien au-delà des frontières américaines. 

Pour Marie-Cécile Naves, directrice de l’Observatoire Genre et Géopolitique à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), ces prochaines années pourraient marquer un tournant critique pour les droits des femmes. 

La Cour suprême, verrou conservateur sur les droits des femmes 

Depuis trois ans, la Cour suprême s’est beaucoup droitisée (6 juges conservateurs contre trois progressistes), alors qu’elle n’est pas censé rendre de décisions partisanes. Les droits des femmes sont l’une de ses cibles. Institution suprême en matière constitutionnelle, elle rend des décisions qui façonnent pour longtemps le cadre légal de droits fondamentaux, tels que l’avortement et peut-être demain la contraception, voire la PMA.

Mais ses juges sont nommés à vie, ce qui pose une question fondamentale de démocratie. « Depuis le premier mandat de Trump, la Cour est dominée par une majorité ultra-conservatrice, avec trois juges nommés par lui, explique Marie-Cécile Naves. C’est une structure qui ne peut changer que si un juge démissionne ou décède. » 

En juin 2022, la Cour suprême a ainsi marqué l’histoire en révoquant l’arrêt Roe v. Wade, supprimant le droit constitutionnel à l’avortement et laissant aux États fédérés le choix de restreindre d’interdire ou au contraire de sécuriser l’IVG. Pour les femmes, c’est une régression sévère qui pourrait aller plus loin sous un deuxième mandat de Trump. En cas de nouvelles nominations conservatrices, les droits reproductifs mais aussi l’accès à certains traitements d’urgence en lien avec la grossesse ou tout simplement la santé gynécologique pourraient se voir davantage restreints. 

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Dans certains États conservateurs, la protection du fœtus, voire de l’embryon prime déjà sur certains traitements médicaux, même vitaux, pour les femmes enceintes. Cela signifie que des femmes atteintes de cancer, par exemple, pourraient se voir refuser une chimiothérapie au motif qu’elle présente des risques pour le fœtus. Des femmes sont mortes, déjà, faute de soin. Demain, peut-être, la Cour suprême ira plus loin, notamment si sa majorité d’extrême droite est renforcée. 

Les cliniques de santé fragilisées, l’accès aux soins de base en danger 

Au-delà de la Cour, les politiques de santé publique du président républicain placent également hôpitaux et cliniques en situation de précarité. Outre-Atlantique, de nombreux établissements mutualisent leurs ressources (médecins, matériel, etc.). « Donald Trump pourrait imposer des restrictions telles qu’un centre de santé qui partage des équipements ou des médecins avec une clinique pratiquant des avortements perdrait ses subventions publiques », alerte Marie-Cécile Naves. 

L’impact dans les régions rurales serait particulièrement marqué, car ces cliniques sont souvent le seul point d’accès des femmes aux soins gynécologiques et prénataux. Ces restrictions pourraient ainsi isoler certaines patientes, et fragiliser des milliers de femmes en les privant de soins essentiels. 

Discriminations au travail : vers une dérégulation et un recul des droits des femmes 

Le monde du travail va être aussi affecté par le retour de Donald Trump au pouvoir. Les mesures de dérégulation prises lors de son premier mandat (2016-2020), visant à alléger les obligations des entreprises en matière de lutte contre les discriminations, pourraient être renforcées. Selon Marie-Cécile Naves, « il pourrait continuer les dérégulations en la matière et donc fragiliser davantage le combat contre les discriminations dont sont victimes les femmes et les minorités dans les entreprises ». 

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Les répercussions seraient d’autant plus lourdes pour les femmes évoluant dans des secteurs à risque, comme la technologie ou le conseil, là où les inégalités salariales et les problématiques de harcèlement (moral comme sexuel) persistent. Sans un cadre légal strict, les victimes pourraient hésiter à dénoncer les abus, sachant que les protections légales pourraient s’affaiblir. Ce climat de dérégulation pourrait in fine décourager les femmes à s’engager dans certains secteurs, minant les avancées récentes en matière de diversité et d’inclusion en entreprise. 

Financements coupés, droits menacés : l’impact pour les femmes dans les pays en développement 

À l’international, les politiques de Donald Trump pourraient également porter un coup sévère aux droits des femmes. En coupant les fonds publics aux ONG internationales qui soutiennent l’avortement, il renforcerait la portée de la « règle de Mexico ». Ce texte, qui interdit de financer des ONG internationales pro-avortement, avait déjà été renforcé lors de son premier mandat.  « Dans des régions où l’accès aux soins dépend souvent de financements américains, la suppression de ces aides empêchera les femmes d’accéder aux contraceptifs, à l’avortement ou aux soins prénataux de base », précise Marie-Cécile Naves. 

L’impact serait encore plus sévère dans les zones de crise humanitaire, en Afrique de l’Est ou au Moyen-Orient par exemple, où le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) assure l’accès aux soins pour les femmes victimes de violences et de mariages forcés. Si les États-Unis cessent de financer ces programmes, des milliers de vies sont en jeu, souligne la directrice de l’Observatoire Genre et Géopolitique à l’Iris. Cette politique pourrait aussi inspirer d’autres pays conservateurs à réduire leurs propres contributions aux programmes de santé reproductive, un effet domino dont les répercussions pourraient se faire sentir à grande échelle. 

Trump, source d’inspiration pour les politiques conservatrices à l’étranger 

Au-delà des financements, l’effet Trump pourrait s’exporter comme modèle conservateur auprès de certains gouvernements idéologiquement proches, formant ainsi ce que certains observateurs appellent une « internationale conservatrice ». « Ce modèle pourrait continuer à se propager dans des pays déjà fragiles en matière de droits des femmes, comme la Pologne ou l’Argentine, et réciproquement », avertit Marie-Cécile Naves. En imposant un modèle idéologique conservateur, les États-Unis pourraient affaiblir leur coopération multilatérale avec des organisations internationales, dont l’ONU, et freiner des progrès mondiaux vers l’égalité de genre. 

Pour la chercheuse, « en défendant une politique ultra-conservatrice sur les questions de genre en général, Donald Trump normalisera, comme il l’a déjà fait, des restrictions sur les droits des femmes dans des contextes où ces droits sont déjà précaires. » Une politique nationale qui inspire et consolide une approche conservatrice à l’international, renforçant des lois restrictives et limitant des avancées globales pour les droits des femmes.

Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.

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