Des élus victimes d’un corbeau dans cette commune : un poème anonyme dans les boîtes aux lettres

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Un corbeau sévit dans cette commune de Gironde. De nombreux habitants de Saint-Macaire, ont reçu un poème anonyme diffamatoire et injurieux dans leur boîte aux lettres, la semaine dernière.

Lundi 21 octobre 2024, presque tout te monde ne parlait que de ça.

Un poème érudit en prose

Rédigé à la manière d’un poème en prose, le courrier est signé la Diagonale du Fou. Il incrimine deux élus, dont le maire, Cédric Gerbeau.

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Il utilise des termes injurieux, dont certains désuets et issus de la culture gasconne, témoignant d’une érudition locale et d’une certaine maîtrise du français et de l’Histoire.

Des informations du conseil municipal

Le caractère calomnieux et injurieux de ce texte n’en apparaît que plus offensant. Le texte divulgue également des informations évoquées lors d’un conseil municipal dont le compte-rendu n’avait pas été encore publié.

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Une plainte a été déposée auprès de la gendarmerie et une enquête a été ouverte.

Jusqu’à 45 000 € d’amende

La calomnie et l’injure constituent deux délits distincts.

La première consiste à alléguer des faits reprochés à une ou plusieurs personnes identifiées. La seconde est une parole, un écrit ou une expression de la pensée adressés à une personne dans l’intention de la blesser ou de l’offense.

L’injure ne comporte pas l’affirmation d’un fait précis et objectivement vérifiable, mais seulement une allégation outrageante.

La peine encourue pour une diffamation à l’égard d’un élu ou de toute personne dépositaire de l’autorité est de 45 000 €.

Cette peine peut être alourdie de sanctions complémentaires, prison, interdictions de séjour si s’y ajoute une quelconque menace.

Cédric Gerbeau, maire de Saint-Macaire (Gironde) depuis les élections municipales de mars 2020, a été agressé par une famille entière, cette semaine. Il est profondément marqué et a aujourd’hui peur pour sa famille.
Cédric Gerbeau, maire de Saint-Macaire (Gironde) est clairement désigné avec un autre élu dans un courrier diffamatoire et injurieux diffusé par un corbeau dans les boîtes à lettres de Saint-Macaire. ©Le Républicain / archives

Agression du maire de Saint-Macaire en 2021

Le 21 mars 2024 a été votée une loi renforçant la sécurité et la protection des maires et des élus locaux, notamment contre les injures et les menaces.

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Elle vient renforcer les sanctions prévues avec des peines de prison et des travaux d’intérêt général.

Le maire de Saint-Macaire avait fait l’objet d’une violente agression le 8 décembre 2021, à l’occasion d’une rixe. Cédric Gerbeau avait alors reçu de nombreux soutiens.

Les trois agresseurs, deux mineurs et un adulte avaient été placés en garde à vue puis jugés. L’adulte avait été condamné à des travaux d’intérêts généraux. 

Ces faits sont a priori sans rapport avec l’action du corbeau, mais ils illustrent les difficultés et les violences auxquelles les élus locaux sont confrontés.

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Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.

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