À l’image de 32 mairies du département du Cher qui ont fermé leurs hôtels de ville durant deux jours en fin de semaine dernière en signe de soutien au maire de Saint-Priest-la-Marche (Cher), le maire d’Ouges en Côte-d’Or, lui-même victime d’une très violente agression en mai 2021, suspend l’accueil de sa mairie jusqu’au vendredi 11 octobre. Jean-Claude Girard explique que ces élus de terrain tirent en vain la sonnette d’alarme depuis de nombreuses années. « Il arrive un moment où les maires doivent taper du poing sur la table pour faire valoir leurs droits et gérer en toute sérénité leurs communes » explique le premier magistrat d’Ouges.
La fermeture de la mairie est une fermeture « symbolique » assure-t-il dans un message barré des trois couleurs, bleu, blanc, rouge affiché sur sa mairie, car s’il n’y a personne à l’accueil, les portes restent toutefois ouvertes et « un accueil téléphonique est assuré ». Jean-Claude Girard a envoyé un mel de soutien à son collègue du Cher qui lui a retourné ses « remerciements et ceux de l’équipe municipale ».
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France Bleu Bourgogne – Comment avez-vous eu vent de cette agression et de ce mouvement de protestation des maires du Cher ?
Jean-Claude Girard – C’est un reportage dans un journal télévisé qui m’a fait connaître cette action. Et j’ai été séduit par l’idée de solidarité. Tous les maires au niveau national doivent aller dans le même sens car ils subissent les mêmes désagréments, même si la fonction de maire reste une très belle fonction, le mandat est de plus en plus difficile à honorer et il est de plus en plus difficile pour le maire de faire valoir ses pouvoirs de police. Or c’est par ces pouvoirs de police que l’on peut faire respecter les règles, que ce soient les règles d’urbanisme, les règles liées à l’environnement, à la pollution. Et c’est très difficile parce qu’on est toujours quasiment seul en face des administrés dans des cas comme ceux-ci. Bien sûr, en cas de besoin, la gendarmerie est toujours très présente, très réactive. Mais j’ai de nombreux exemples et de plus en plus récurrents de permis de construire qui sont déposés dans les règles d’urbanisme, ils sont donc conformes et acceptés. Mais de plus en plus souvent les constructions réalisées sont différentes de ce qui est inscrit dans le permis de construire et hélas cela peut entraîner des litiges très difficiles à traiter.
Votre quotidien de maire ce sont des soucis avec vos administrés qui peuvent aller du petit au plus grand ?
Ce n’est pas chaque jour, heureusement. Globalement, j’ai aussi la chance d’avoir à Ouges des administrés très compréhensifs, il y a relativement peu d’incivilités. Par contre, ces contrôles de permis de construire, comme je le disais au préalable, sont de plus en plus frappés de non-conformité. Et ce sont des problèmes qui sont difficiles à gérer, comme les problèmes de dépôts sauvages. Dernièrement, nous avons été confrontés à un dépôt sauvage de plaques de fibrociment sur un chemin communal. On vient de faire un devis pour l’enlèvement de ces plaques et on en a pour 6000 euros si on veut le faire dans les normes. Alors je vais rebondir sur ce que disait un ministre il y a peu. Il se permettait de dire que les collectivités territoriales sont responsables en partie du déficit public. Autant vous dire que ce genre de remarque ça fait bondir l’ensemble des maires et moi en particulier. Cet exemple là, celui du dépôt sauvage, ce sont des incivilité, le coût : 6000 euros pour la commune et c’est un exemple parmi tant d’autres.
Vous aviez prévu, il y a quelques mois de ça, de créer un observatoire des violences faites aux maires. Votre réaction de fermer l’accueil de la mairie s’inscrit dans ce cadre-là?
Concrètement, il s’agit de nouveau d’un SOS en direction du gouvernement. Les actions symboliques se multiplient et comme je le disais, on ne voit pas de résultats sur le terrain. Mais jusqu’où est ce qu’il faudra que les maires aillent dans leurs manifestations pour qu’enfin ils soient entendus ? Est-ce qu’il faut que les maires descendent dans la rue avec leur écharpe ou est ce qu’il faut qu’ils se rendent à la préfecture pour rendre symboliquement leur écharpe au préfet? On est dans l’attente de réactions et aujourd’hui, rien ne se passe. Je pense que le fossé est de plus en plus profond et de plus en plus large entre l’État et les élus du terrain que sont les maires.
La fermeture de la mairie, est une fermeture symbolique évidemment. Pas question de léser vos administrés ?
Tout à fait. Le terme « symbolique » est essentiel. Il ne faut absolument pas que ce soient les administrés qui soient pénalisés par cette action. Nous serons présents en cas de besoin. Les administrés ne doivent aucunement pâtir de cette situation pour laquelle ils ne sont en aucune manière responsable.
Protéger nos Élus avec CDCL
Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.
Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.
Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.
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