Valence : l’agresseur d’un élu municipal condamné à huit mois de prison

Il est peu probable qu’on sache un jour le fin mot de l’histoire, ce que se sont dit exactement Adem Benchelloug et Mohamed G., le 31 juillet dernier, sur une des places centrales du quartier Fontbarlettes, dans les hauts de Valence. Adem Benchelloug est adjoint à l’animation des équipements de quartiers et aux équipements sportifs à la ville de Valence. Ce jour là, il se rend sur place pour un événement coorganisé par la ville et l’État, il attend l’arrivée du préfet de la Drôme lorsque Mohamed l’interpelle. Le quartier est agité, quelques jours plus tôt plusieurs jeunes ont été blessés par balle lors d’une fusillade.

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Après un échange dont on ignore la teneur, une altercation commence. Même s’il conteste toute violence, Mohamed a été reconnu coupable de violence, de menaces, même de vol. La seule chose qu’il ne conteste pas, c’est la destruction de la vitre de la voiture de l’élu – de toute façon captée par la vidéosurveillance.

Ambiance tendue au quartier

À l’origine de la dispute, il semble indéniablement que les tensions agitant le quartier ont joué un rôle. Adem Benchelloug affirme avoir simplement discuté de la situation avec les jeunes regroupés autour de lui ce soir là, « je leur ai dit de faire attention, qu’il y avait des risques d’homicide ». En face, Mohamed a une version complètement différente : « j’avais entendu des bruits, qui disaient que la fusillade venait de la famille d’Adem, donc j’ai voulu me défendre ». Ces propos qui ne sont corroborés par aucune des auditions de témoins, contrairement à ceux de l’élu.

Il raconte que le prévenu lui demande d’ouvrir sa voiture, « il me disait ‘ouvre la voiture de la ville’ alors qu’il s’agit de ma voiture d’entreprise, ce que je lui répétais ». Des menaces sont prononcées, puis, Mohamed G. aurait pris par le col Adem Benchelloug, au moment de l’arrivée du préfet. L’élu se dégage, dit ne pas vouloir envenimer les choses. Quelques minutes plus tard, la vitre de sa Tesla est cassée, il demande l’appui de la police pour sortir du quartier.

Quel lien entre les deux ?

Autre point qui fait débat à l’audience, le lien entre les deux hommes. Adem Benchelloug affirme que Mohamed est un jeune qu’il connaît, qu’il croise, que ce dernier sait qu’il est élu, d’ailleurs ne parlait-il pas de « la voiture de la ville » quand il lui demandait de l’ouvrir. Dans le box, Mohamed G., petit gabarit au visage juvénile et au regard intense, tente d’expliquer sa version. Il dit ne connaître Benchelloug qu’en tant que « personne qui vendait des vêtements de luxe, son cousin tient un snack », pas en tant qu’élu municipal.

Il dit qu’il aurait agressé l’élu parce qu’il avait peur, peur de la famille d’Adem Benchelloug. Mohamed G. raconte que lui et sa famille ont déménagé à Lyon, le prévenu a l’interdiction de paraître dans la Drôme, il a passé plusieurs mois en détention provisoire pour une enquête de la JIRS (spécialisée dans le grand banditisme), ajoute qu’il a survécu à trois fusillades – « je n’étais pas pris pour cible ils tirent sur n’importe qui ».

Sauf qu’il décide, ce jour-là, après un rendez-vous avec son avocate (autorisé) à Valence, de passer à Fontbarlettes. « Votre discours n’a aucun sens » , réagit une des juges, « vous dîtes que vous avez peur, et vous retournez sur le lieu où on vous a tiré dessus ».

Doublement condamné

L’audience est laborieuse, l’avocat de Mohamed G., Me Ivan Flaud, demande la relaxe sur tout sauf la destruction du véhicule, du fait du manque de preuves. Mais le tribunal décide de suivre les réquisitions de la procureure : le prévenu est déclaré coupable de tous les chefs, il écope de 8 mois de prison ferme, avec mandat de dépôt, il va donc dormir en prison.

Le tribunal le condamne également à 3 ans d’interdiction de paraître dans le département de la Drôme, 3 ans d’interdiction de contact avec Adem Benchelloug. Il devra également indemniser la ville de Valence des frais engagés pour protéger l’élu, mais aussi en tant que partie civile : 500 € de préjudice moral et 500 € de préjudice à l’image de la commune, écornée selon l’avocat Me Jimmy Matras.

Par ailleurs, Mohamed G. comparaissait dans une autre affaire, de détention d’armes, datant de 2022 et 2023, ses empreintes ayant notamment été retrouvées sur une kalachnikov ayant servi à une tentative de meurtre – pour laquelle il n’est pas poursuivi. Il a là aussi été condamné, à huit mois de prison sans mandat de dépôt et à 15 ans d’interdiction de détenir une arme.

Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.

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