« Beaucoup sont à bout » : le désarroi des salariés de MA France à Aulnay après quatre mois de conflit avec leur direction

Quatre mois sont passés, depuis le lancement de la grève chez MA France à Aulnay-sous-Bois. La liquidation judiciaire a été actée le 13 mai dernier, scellant la fin du dernier sous-traitant automobile de Seine-Saint-Denis. Mais les salariés se relaient encore, tous les jours, en occupant des barnums installés sur le parking de l’usine. Adel Zorgui, représentant CGT, énumère leurs revendications : « des propositions de reclassement sérieuses, correspondant à nos qualifications et une prime suffisante« . Selon cet élu syndical, un montant de 15.000 euros brut aurait été proposé par la direction. 86 salariés sur un total de 280 auraient accepté. « Ils l’ont fait parce qu’ils étaient dans le besoin, ajoute-t-il, mais 15.000 euros, pour moi, c’est une insulte« .

, « Beaucoup sont à bout » : le désarroi des salariés de MA France à Aulnay après quatre mois de conflit avec leur direction
Adel Zorgui, représentant syndical CGT
Adel Zorgui, représentant syndical CGT © Radio FranceSarah Tuchscherer

Assis autour de la table, lui aussi, Joël acquiesce : « Pour certains, ça représente juste quelques mois de salaire ! Compte tenu du préjudice subi, ça n’est pas convenable ». Le jeune homme, qui avait cinq ans d’ancienneté dans l’entreprise, rappelle à quel point la fermeture du site a été rapide et brutale, plongeant nombre de ses collègues dans une situation difficile, financièrement et psychologiquement : « Entre la demande de liquidation judiciaire et la décision du tribunal, il s’est passé une semaine ! »

Une catastrophe évitée de peu

A l’intérieur de l’usine, c’est comme si le temps s’était arrêté. Il reste de la matière première en stock, des bobines d’acier qui auraient dû être transformées en éléments de carrosserie pour véhicules utilitaires. Il reste aussi, dans la partie expédition du hangar, des pièces fabriquées qui n’ont pas pu être livrées. « Il y a l’équivalent d’une semaine de production, de quoi équiper 7.000 véhicules« , précise Adel Zorgui. Les outils de production, notamment les moules, sont aussi là, à l’arrêt. L’ensemble représente une somme d’argent considérable, que les salariés entendent bien utiliser pour faire pression sur la direction. « Rien ne doit sortir tant qu’on n’aura pas obtenu satisfaction« , explique le délégué CGT.

De nombreuses pièces non livrées sont entreposées dans l'usine
De nombreuses pièces non livrées sont entreposées dans l’usine © Radio FranceSarah Tuchscherer

Justement, ce lundi, des personnes, « des salariés de CLN » [groupe italien propriétaire de l’usine] selon Joël, sont venues sur place, « faire une sorte d’inventaire de ce qu’ils allaient récupérer. On leur a dit que c’était inacceptable et qu’on n’allait pas les laisser faire« . Un salarié se serait alors aspergé d’essence : « Il a tenté de s’immoler, heureusement on était là pour intervenir. On n’est passé pas loin de la catastrophe. Pour en éviter une, ce qu’on demande c’est qu’ils reviennent autour d’une table et qu’ils proposent quelque chose de décent à chacun d’entre nous ». L’ouvrier poursuit : « Beaucoup sont à bout, ça ne nous amuse pas de continuer le mouvement, on aurait aimé passer à autre chose, mais on ne va pas accepter n’importe quoi non plus. Notre dignité et notre honneur sont en jeu ».

CDCL : Un Bouclier pour nos Élus

L’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) s’élève comme un rempart essentiel face aux défis que rencontrent nos élus locaux. Fondée en 1998, cette organisation a élargi son rôle initial pour devenir un soutien inestimable, particulièrement dans le contexte actuel d’agressions envers nos représentants locaux.

CDCL va au-delà de la simple valorisation du patrimoine et de la formation des élus. L’association a mis en place un dispositif de protection dynamique, comprenant des formations spécialisées, des ressources juridiques, et une assistance réactive en cas d’agression.

Reconnue au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, CDCL a le pouvoir de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, les élus locaux victimes d’agression. Cela renforce son engagement envers la sécurité de ceux qui dédient leur vie au service de la communauté.

Engagez-vous avec CDCL

Pour en savoir plus sur les actions de CDCL et sur la manière dont cette association contribue à protéger nos élus, nous vous encourageons à visiter leur site web.

Source de l’article : Source