Ils étaient nombreux vendredi dernier à Melle à arborer leur écharpe de maire, de député, de sénateur. La Région et le département voisin de la Vienne étaient également représentés par des élus qui craignent à nouveau des débordements ces jours prochains alors que la municipalité de Melle accueille un « village de l’eau » qui, l’avenir nous le dira, aura su rester un lieu de débats et de réflexions pacifique ou aura été une base arrière d’activistes pour qui la violence est le seul objectif.
A Sainte-Soline, en mars 2023, les affrontements d’une violence extrême, à proximité d’une retenue de substitution en construction, avaient blessé 47 membres des forces de l’ordre et restent un souvenir douloureux.
Ce traumatisme est donc encore bien présent dans les esprits et c’est avec une grande anxiété qu’élus locaux, riverains et agriculteurs se préparent à vivre ce déferlement d’activistes venus de Belgique, d’Allemagne et d’Italie. « Entre 6000 et 8000 personnes dont un millier qu’on pourrait qualifier de dangereuses, violentes ou radicalisées » alertait le Ministère de l’Intérieur. 3000 policiers et gendarmes ont donc été mobilisés pour protéger les personnes et les biens cette fin de semaine.
En pleines moissons, et alors que les conditions climatiques rendent difficile le travail dans les champs depuis de longs mois, c’est avec angoisse et un sentiment de harcèlement, que les agriculteurs de ces territoires vont aborder les jours prochains.
Vendredi dernier donc, Fabrice Michelet, président de la Communauté de communes Mellois en Poitou, également maire de Chef Boutonne, était « mandaté » par ses collègues élus pour prendre la parole depuis la place Bujault à Melle :
« Devant l’état de détresse, le traumatisme et les dégradations subis par notre territoire et ses habitants à plusieurs reprises, notamment lors des affrontements violents de Sainte-Soline en mars 2023 ;
Devant l’intention assumée et explicite des organisateurs des journées d’action des 19 et 20 juillet prochains dans le Poitou, à l’occasion du village de l’eau à Melle, de mener, je cite « des actions de désobéissance civile, soit des blocages, soit des occupations, soit des actions de désarmement, c’est-à-dire des actions de démantèlement d’infrastructures néfastes » ;
Nous, élus de la République, de toutes sensibilités, garants de la cohésion de nos territoires, et quels que soient nos avis sur la gestion de l’eau et les réserves de substitution,
Affirmons haut et fort notre refus de toute forme de violence […],
Dénonçons les déclarations annonçant de nouveaux agissements de personnes violentes en Deux-Sèvres, que nous ne confondons pas avec des défenseurs de l’environnement,
Défendons l’ordre républicain et l’Etat de droit qui sont les conditions de notre démocratie, où chacun peut librement s’exprimer, dans le respect des personnes et des biens,
Assurons de notre soutien tous ceux qui ont subi, subissent, ou seraient amenés à subir les conséquences de telles actions,
Demandons que tous les moyens soient mis en œuvre pour prévenir ces agissements et garantir la tranquillité de la population. […]
C’est la 5e fois que les Deux-Sèvres font l’objet de ce type de manifestation majeure avec, en point d’orgue, celle de Sainte-Soline.
Notre présence ce soir est un signal fort que nous adressons à l’encontre de ceux qui voudraient faire de la violence un mode d’expression. Elle est aussi un rempart que nous adressons pour protéger nos populations, notamment nos agriculteurs qui souffrent déjà d’une saison difficile. C’est aussi un rempart contre la peur qui est un danger pour tous et peut conduire à des actes trop souvent dramatiques. […] »

A l’issue de ce discours, des applaudissements nourris ont approuvé le message et alors qu’un petit groupe de militants scandait « moratoire », en référence au moratoire demandé par certains sur les projets de construction de retenues de substitution, une Marseillaise a été spontanément entonnée, rappelant la tonalité du rassemblement : oui à l’ordre républicain, non à la violence.
Hier déjà, les contrôles de gendarmerie à proximité des lieux visés par les manifestations prévues vendredi 19 et samedi 20 juillet ont permis de saisir des armes blanches (haches, couteaux, marteaux, barres de fer, matraques…) et de constater la présence d’une quarantaine de fichés S appartenant à des mouvements d’ultragauche radicale.
Les préfectures des Deux-Sèvres et de la Vienne avaient tenté d’établir le dialogue avec les organisateurs de ces rassemblements afin de mieux sécuriser les événements, sans succès. Plus de 3000 gendarmes et policiers sont donc mobilisés dans le Poitou jusqu’à la fin de la semaine.
CR.
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