
Après avoir appelé à « éliminer » et à envoyer « dans un fossé ou dans un stade » une centaine d’avocats la semaine dernière, un site d’extrême récidive en incitant cette fois à tuer 180 journalistes, élus et membres de la société civiles.
A la veille du second tour des législatives, Le site Réseau libre, hébergé en Russie, avait suscité une vive indignation et entraîné des mobilisations du monde judiciaire dans plusieurs grandes villes françaises (dont Aix et Marseille) en publiant une liste nominative d’avocats ciblés pour avoir osé signer une tribune s’inquiétant d’une possible arrivée au pouvoir du Rassemblement national (RN).
Malgré le dépôt de plusieurs plaintes et les condamnations sans appel du ministre de la justice, Éric Dupond-Moretti, Réseau Libre refait parler de lui au lendemain d’un second tour décevant pour l’extrême droite en encourageant sa communauté à « mettre une balle dans la nuque » à quatre personnalités de gauche dont le site n’hésite pas à publier les adresses présumées : le député marseillais Manuel Bompard (LFI), Alexis Corbière (LFI), Rachel Keke (LFI), Ian Brossat (LFI), ainsi que l’avocat pénaliste Yassine Bouzrou, connu pour avoir défendu plusieurs familles de victimes de violences policières.
Le site d’extrême droite ne s’arrête pas là. Il vise tout aussi directement de nombreux syndicalistes et journalistes, dont plusieurs Marseillais : les journalistes indépendantes d’investigation Ariane Lavrilleux et Nina Hubinet, le prix Albert Londres Philippe Pujol, le président du journal La Marseillaise Léo Purguette, ou encore, le photoreporter et président de l’agence Divergence-Images, Patrick Gherdoussi. « Ces menaces d’une rare violence sont la traduction d’un climat délétère, au même titre que la libération de la parole raciste que l’on constate dans le pays ces dernières semaines« , observe ce dernier, qui annoce son intention de déposer plainte comme la plupart des autres victimes.
Dans un billet publié lundi 8 juillet sur Réseau libre, un certain Léon justifie ces appel au meurtre en expliquant que les résultats des élections ne laissent que deux options : « Soit on prend acte et on décide de laisser faire en se contentant de se protéger avec les siens, soit on décide de mettre au pas ce troupeau de connards avec les seules méthodes restantes et que je vous laisse imaginer« . D’une plume haineuse, le contributeur régulier assure ne pas être « un terroriste« , mais admet que cela lui ferait « un immense plaisir » si un nouvel attentat survenait en France, similaire à celui du Bataclan. Avant de demander explicitement à son camp de « se protéger et protéger les siens MAIS tout en attaquant régulièrement non pas des cibles au hasard parmi les 95 % de connards, mais des cibles qui assument leur statut d’ennemi« , parmi lesquelles « des avocats, journalistes, associatifs et politicards de second ordre« .
Le propriétaire du site aurait été membre du Front national
En allant même jusqu’à préciser que pour « neutraliser » ces cibles, il n’y a « pas besoin obligatoirement d’armes à feu« , mais qu’un « bon couteau de cuisine, voire une arbalète, voire un manche de pioche » peuvent suffire.
Depuis hier, mardi, les articles ne sont plus accessibles sur le site en question. A la place, les publications renvoient vers une image montrant un doigt d’honneur fait sur une plage face à un cocktail avec ce texte: « C’est les vacances! On revient bientôt!« . Selon Mediapart, le propriétaire de Réseau libre n’est autre Joël Michel Sambuis, militant français d’extrême droite exilé en Russie. Dans les années 2000, ce dernier était déjà soupçonné d’être le cerveau du site néonazi « SOS-Racaille ». Joël Michel Sambuis aurait été membre du Front national jusqu’en 1995 selon son avocat cité par Le Monde. Dans un message posté sur X, Reporters sans frontières « exhorte les autorités à tout faire pour poursuivre en justice les personnes appelant à mettre une « balle dans la nuque » de dizaines de journalistes sur le site d’extrême droite « réseau libre ». Sale ambiance.
Protéger nos Élus avec CDCL
Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.
Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.
Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.
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