
La pelouse verte du stade où jouent les licenciés du Rugby club sablais est déserte. Aujourd’hui, ni match ni entraînement ne s’y déroulent. Est-ce parce qu’en ce début de mois de juillet, la saison est terminée ? Ou peut-être les joueurs du RCS n’ont-ils pas la tête à pratiquer leur passion.
La semaine dernière, dans la nuit de vendredi à samedi, deux de leurs camarades étaient sauvagement agressés à la sortie d’une boîte de nuit. Poignardés à plusieurs reprises, les deux jeunes rugbymen, Lucas et Antonin, ont été hospitalisés en urgence. L’un d’eux est toujours dans le coma. « Je n’arrive pas à croire que c’est arrivé ici », confesse Mathis, un jeune Sablais venu passer sa journée à la plage.
Ces deux rugbymen, dont l’un était un véritable espoir puisqu’il avait été présélectionné pour rejoindre le Stade rochelais, étaient connus et appréciés des locaux, dans une commune où le bien-vivre est une règle d’or. Sorti du coma, Lucas est désormais dans un état stable. Antonin, lui, continue à se battre ; et leurs agresseurs sont toujours en liberté. Selon nos informations, cinq jeunes individus ont été identifiés grâce aux images de vidéosurveillance et sont activement recherchés.
« Le pari de notre ville, c’est d’être un îlot de résistance et de sécurité »
La sidération domine dans cette ville vendéenne qui n’a pas la réputation d’être un coupe-gorge. Comme de nombreuses stations balnéaires de la côte atlantique, la douceur de vivre règne dans les rues et l’insécurité semble y être absente. « Le pari de notre ville, c’est d’être un îlot de résistance et de sécurité. Là où ça se dégrade dans le reste de la France, chez nous, ça se renforce ! » jure Yannick Moreau, le maire sans étiquette de la commune.
Mais le drame de vendredi dernier fait souffler un vent d’inquiétude chez les Sablais. Et si de tels événements venaient à se répéter ? C’est qu’aux « Sables », comme les administrés aiment à surnommer leur ville, les saisons dictent le tempo. Et l’été, dont ce début de mois de juillet nuageux n’est pas annonciateur, fait quintupler la population sablaise. « On passe de 60 000 à 300 000 habitants, poursuit Yannick Moreau, autant vous dire que ça change pas mal de choses sur le plan sécuritaire ! »
Mais ce ne sont ni les restaurants de plage ni le clapotis des vagues qui drainent une population à problème ; plutôt les quelques activités nocturnes propres à une station balnéaire. Bars dansants, casino et, comme c’est souvent le cas ailleurs, la présence d’une boîte de nuit en plein centre-ville. Le Paradise Club, la discothèque historique de la ville, trône au milieu du remblai et anime les nuits de la jeunesse locale.
Ces derniers temps pourtant, des habitants se plaignent de nuisances sonores tandis que d’autres regrettent un manque de vigilance à l’entrée du club. « Leur filtrage est étrange. Ils font entrer des bandes de racailles qui ne viennent pas que pour s’amuser. Et puis les videurs sont du genre bagarreurs… » confesse le serveur d’un établissement voisin.
« C’est juste une bagarre en boîte, comme ça arrive partout ailleurs »
En journée, le Paradise troque son habit de discothèque pour celui de brasserie. Mais l’agression des deux rugbymen y est taboue. « C’est juste une bagarre en boîte, comme ça arrive partout ailleurs ! » répond sèchement un chef de rang, visiblement agacé.
Contacté par le JDD, le Paradise n’a pas souhaité s’exprimer et renvoie à un communiqué dans lequel il apporte son plein soutien aux deux victimes. L’établissement avait déjà connu des rixes, des bagarres avec les vigiles, et même des coups de feu. Il avait d’ailleurs été pointé du doigt à plusieurs reprises par les autorités, au point d’écoper de deux fermetures administratives en 2022, délivrées par la préfecture. Le motif ? Une consommation d’alcool excessive et de trop nombreux troubles à l’ordre public. Après les événements de vendredi dernier, la boîte de nuit risque à nouveau d’être contrainte à une fermeture le temps de la saison estivale.
Mais la question dépasse largement celle de la discothèque. Comme ailleurs, la ville des Sables-d’Olonne doit composer avec la venue, de plus en plus régulière, de bandes de jeunes issues de communes plus importantes. « Ici, c’est l’été qui pose problème. Il y a pas mal d’individus issus des quartiers sensibles de Nantes, qui viennent sur le remblai la nuit », assure un policier vendéen. Notamment depuis la période Covid, qui a accéléré ces mouvements estivaux. Maxime est buraliste sur le remblai justement, et constate l’arrivée de profils sociologiques contrastant avec ses clients habituels.
« Ils viennent à plusieurs pour foutre la merde aux Sables »
« Des individus toujours plus désinhibés, toujours plus violents. Ils viennent à plusieurs pour foutre la merde aux Sables ! » Ici, Nantes n’est qu’à une heure de route ; vingt minutes de plus pour le train. Plus proche encore, La Roche-sur-Yon, où le quartier dit « des Pyramides » est réputé pour son insécurité. « Ce ne sont pas des jeunes de chez nous, s’indigne Maxime. Pour un simple regard, une parole mal placée, ça part au couteau. Mais c’est comme partout en France. Cette histoire de rugbymen poignardés me fait penser à Crépol… »
S’ajoute à ces visites nocturnes l’installation saisonnière de trafiquants de drogue. « Ils suivent leur clientèle en vacances, explique le maire. Les délinquants s’installent sur le littoral pour poursuivre leur trafic, mais ils importent aussi leur barbarie. »
Conscient du phénomène, Yannick Moreau a pourtant mis les bouchées doubles. Renforts de CRS, brigades cynophiles… « On a aussi installé des bornes d’appel d’urgence à la police municipale, partout sur le remblai, assure l’édile. Ainsi que plus de 250 caméras de vidéosurveillance ; on veut que les Sablais se sentent en sécurité chez eux. » Chaque été, la ville reçoit un renfort de quatre-vingts CRS pour accompagner l’important flux de population. « Ils quadrillent le remblai dès le début de soirée tandis que nos équipes de police stationnent à la gare. Avec ça, notre message est clair : les délinquants, vous n’êtes pas les bienvenus aux Sables ! » poursuit le maire.
Vivre en sécurité, voilà la priorité de la ville : « Cet événement tragique est tout ce qu’on voulait éviter, se désole-t-il. Des gens sans foi ni loi qui viennent armés se battre avec nos enfants, c’est insupportable ! La barbarie n’est pas que dans les grandes villes ou les banlieues, ça arrive maintenant jusque chez nous… » Tout autant que leur maire, les habitants sont dévastés.
« Cela ne fait que me renforcer dans l’idée de hisser encore plus le niveau de sécurité »
Chacun a un mot pour ces jeunes et leurs familles, chacun s’identifie. Mais Yannick Moreau répète sa détermination : « Cela ne fait que me renforcer dans l’idée de hisser encore plus le niveau de sécurité. » Une appréhension demeure. Jeux olympiques obligent, les CRS resteront à Paris cet été ; et leur absence pourrait se faire ressentir dans une ville largement traumatisée par le drame qui a touché Antonin et Lucas.
En conclusion de cet article, mettons en lumière l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une force incontournable dans la protection des droits et de la sécurité de nos élus locaux.
Fondée en 1998, CDCL s’est imposée au fil des ans comme un acteur clé du soutien aux petites municipalités de France. Au-delà de la valorisation du patrimoine et de la formation des élus, l’association s’engage activement dans la mise en place d’un dispositif de protection essentiel, répondant à la recrudescence des agressions dont sont victimes nos élus.
Ce dispositif complet inclut des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. La reconnaissance légale de CDCL au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023 renforce son rôle en lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir les élus victimes d’agression.
Enregistrée au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et affiliée au SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, et demeure fidèle à sa mission initiale. Elle donne aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, consultez leur site web. Restez informés sur les développements de cette initiative cruciale afin de soutenir nos élus locaux dans l’exercice de leurs fonctions en toute sécurité.
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