Condamné à 200 € d’amende et à un stage de citoyenneté pour des menaces de mort sur le maire de Vignevieille, dans l’Aude

, Condamné à 200 € d’amende et à un stage de citoyenneté pour des menaces de mort sur le maire de Vignevieille, dans l’Aude

Alors que la violence grandissante envers les élus locaux est un sujet d’inquiétude, ce vendredi 5 juillet, un homme d’une quarantaine d’années comparaissait devant le tribunal correctionnel pour avoir menacé de mort et insulté le maire de Vignevieille, Olivier Vernède.

Être élu local dans une petite commune peut parfois virer au cauchemar. Au point que les relations avec les administrés s’enveniment et dépassent les bornes. Le sujet a souvent été au cœur de l’actualité ces derniers mois.

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Illustration ce vendredi à la barre du tribunal correctionnel de Carcassonne. Rappel des faits : la scène se passe à Vignevieille, commune d’une centaine d’habitants dont le maire depuis mars 2020 est Olivier Vernède. Le 8 mai dernier, celui-ci est en train de tailler une branche, vers 11 heures du matin, dans son jardin, lorsqu’il est verbalement pris à partie par un de ses voisins.

« Je vais te fumer »

Le ton monte. Trop, beaucoup trop pour le maire qui dépose plainte. Aux gendarmes, l’élu indique avoir été menacé de mort et insulté. « Je vais te fumer, je sais ce que je risque, il n’y aura pas de témoin. Tu fais tout pour me faire chier. Je vais mettre un contrat sur ta tête sur le darknet. Fils de p… » La présidente Anne Nappez rapporte les propos qui sont reprochés au prévenu, un homme de 45 ans au casier judiciaire quasiment vierge (une composition pénale pour usage de cannabis). « Des propos confirmés par la conjointe de M. Vernède et par une voisine », précise la magistrate. Le prévenu conteste ces menaces. « Il aurait fallu une ouïe remarquable pour que la voisine en question entende », dit-il. « J’ai un brevet fédéral d’éducateur sportif. Si j’avais un profil impulsif ou colérique, je n’aurais pas eu ces diplômes. » Par ailleurs, les gendarmes retrouveront à son domicile, dans une chambre, 11 plants de cannabis, pour sa consommation personnelle dira ce célibataire.

À la barre, le maire Olivier Vernède persiste et signe. « Il m’a menacé et a bien fait le lien avec ma fonction de maire. » Et d’expliquer le contexte : « Il loge dans un bâtiment communal. Et dès qu’on a des choses à faire dans ce bâtiment, tout est sujet à invective. Tout est compliqué. Même le déplacement de compteur. Il affirme que je fais tout pour lui nuire. Il réagit avec violence et agressivité. » Le prévenu n’a pas la même version. « Il y a beaucoup de problèmes dans cette commune. Les gens extérieurs à ce village sont malmenés. » Son avocat, Me Hichem Laredj, conteste une citation « imprécise, dans laquelle ne sont pas mentionnés les termes exacts, la prévention est vide », et remarque que « les témoignages ne concordent pas tout à fait ». Il plaide la relaxe. « Mon client n’a pas de dangerosité criminologique, il n’a jamais été condamné. »

Avocat du maire de Vignevieille, Me Valent, du barreau de Paris, rappelle qu’il y a déjà eu « des menaces en 2021, il s’est présenté un jour avec une barre de fer, il y a une antériorité prégnante, flagrante, il est temps que ça s’arrête ». Et de demander 7 000 € pour le préjudice moral. La procureure a requis 4 mois de prison avec un sursis simple, et un stage de citoyenneté à ses frais. Le prévenu a été condamné à 200 € d’amende, à un stage de citoyenneté (trois mois d’emprisonnement en cas d’inexécution) et 500 € pour le préjudice moral.

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