
En sortie d’audience, dans l’après-midi, Oriane Filhol se pose les mêmes questions qu’en arrivant au tribunal de Bobigny le matin même. Ce mardi 11 juin se tenait le procès de Mouloud B., 57 ans, soupçonné d’être le commanditaire de l’agression visant l’adjointe (Génération.s) à la mairie de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le 20 décembre 2023. Pour des raisons médicales, le prévenu n’a pas pu se présenter au tribunal et l’agression reste toujours inexpliquée. Le parquet de Bobigny a requis quatre ans de prison, dont un avec sursis, à l’encontre du chef d’entreprise.
L’agression avait fortement marqué la commune de Saint-Denis. Ce soir du 20 décembre 2023, Oriane Filhol, adjointe chargée des solidarités, de l’accès au droit et des droits des femmes, sort du conseil d’administration du bailleur Plaine Commune Habitat. Elle est suivie dans la rue par trois individus puis frappée dans un hall d’immeuble. Les trois hommes ont été reconnus coupables de « violences aggravées » le 19 janvier par le tribunal de Bobigny.
Tous avaient évoqué, au cours de leur audition, la participation d’une quatrième personne en qualité de commanditaire. Ils donnaient seulement des descriptions physiques et le surnommaient « le daron ». Dans le procès-verbal lié aux images de vidéosurveillance, où l’on voit l’individu déambuler dans la rue pendant une heure et demie à proximité des lieux de l’agression, il n’est désigné que sous l’appellation mystérieuse « X4 ».
C’est début mars que l’enquête avance. Lors d’un gala de boxe, Mouloud B. vient voir Oriane Filhol pour lui parler. Un déclic pour l’adjointe : l’homme correspond aux descriptions physiques et porte les mêmes chaussures noires avec des semelles blanches que sur les vidéos. Le quinquagénaire est placé en garde à vue le 13 mars. S’il se reconnaît sur les vidéos, il nie avoir commandité l’agression de l’élue.
« J’ai perdu une partie de ma liberté »
Dans la commune, l’émotion laisse place à la stupéfaction. Mouloud B., gérant d’une société en sécurité informatique, est bien connu dans la ville. Il gère l’association Insertia, qui vient en aide aux personnes loin de l’emploi, soutient financièrement le club de boxe de la cité des Francs-Moisins et a surtout appuyé la campagne de Mathieu Hanotin, maire socialiste de Saint-Denis, en 2014 et 2020.
Alors, à la barre, Oriane Filhol n’a qu’un mot à la bouche : pourquoi ? « Je ne comprends toujours pas pourquoi j’ai été agressée, pourquoi un père de famille de 57 ans a organisé une telle agression, pourquoi il n’est même pas présent pour en parler alors que les trois jeunes ont reconnu leur rôle et accepté d’être jugés », souffle l’adjointe. Puis sa gorge se noue en évoquant son traumatisme. « J’ai perdu une partie de ma liberté et mon indépendance. Je ne peux plus me déplacer seule la nuit après une certaine heure. J’ai du mal à supporter l’hostilité et le conflit », témoigne-t-elle. Elle ira au bout de son mandat, mais n’est pas sûre de poursuivre son engagement politique.
Il vous reste 27.95% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Protéger nos Élus avec CDCL
Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.
Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.
Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.
Source de l’article : Source
