Emmanuelle Coint, 1ere vice-présidente du département de la Côte-d’Or, était l’invitée du 6/9 de France Bleu Bourgogne, mardi 21 mai, pour présenter le « pack nouveau départ » et la désignation de référents « violences conjugales et intra-familiales » dans les communes.
Les élus de Côte-d’Or se mobilisent pour repérer les violences conjugales et intra-familiales. L’association des maires du département leur demande de désigner un ou une référente sur le sujet, pour être à l’écoute des victimes, les aider avec les démarches, mais avant tout pour repérer les cas de violences. En 2023, 1 329 cas de violences conjugales ont été traités par le tribunal de Dijon, soit quatre fois plus que quatre ans auparavant. C’est lié à la libération de la parole selon le procureur de la République de Dijon, Olivier Caracotch, qui appelle par ailleurs les élus à continuer les signalements.
Concernant les dossiers traités l’an dernier : les femmes sont victimes dans neuf cas sur dix, et près de la moitié des foyers où ça se produit sont inconnus des services sociaux. Le département, de son côté, expérimente un « pack nouveau départ » pour les victimes de violences. Emmanuelle Coint, 1ere vice-présidente du conseil départemental était l’invitée du 6/9 de France Bleu Bourgogne, ce mardi 21 mai 2024.
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France Bleu Bourgogne – À partir de quand on peut s’estimer victime de violences conjugales ?
Emmanuelle Coint – La violence conjugale, c’est certes des coups, mais ça peut être psychologique, administratif, financier. Il y aussi le fait d’utiliser du chantage autour des enfants ou encore du chantage au suicide. Tout ça, ce sont des formes de violences conjugales.
Vous pensez que ce réseau d’élus locaux, il va fonctionner ? Est ce qu’on ne va pas dire que vous vous occupez de ce qui ne vous regarde pas ?
Je pense à la bienveillance et l’attention qu’on doit avoir à l’autre. Bien sûr, on rentre dans l’intime, c’est vrai, mais je pense qu’on peut signaler des informations préoccupantes en mentionnant si on entend beaucoup de coups, ou des cris chez son voisin, ou si on ne voit jamais une femme sortir de chez elle. Ça me paraît important de les signaler.
En quoi consiste ce nouveau « pack nouveau départ » ?
Nous sommes cinq départements en France à l’expérimenter, mais la spécificité en Côte-d’Or, c’est que ce n’est pas le département qui sera tiers coordinateur. Vous avez la première phase avec les détecteurs. C’est là où intervient le réseau d’élus de proximité. Ensuite la gendarmerie, et enfin, les associations. Quelle que soit la porte d’entrée, ils alertent le département avec l’accord évidemment de la personne, et il appartiendra au département de recevoir la personne au maximum dans les cinq jours pour pouvoir définir avec elle ce dont elle a besoin pour pouvoir partir en sécurité. Et puis le troisième niveau, ce sont des tiers qui doivent avoir dans chaque entité un référent pour pouvoir accompagner la personne, en connaissant bien la façon dont on accompagne les personnes souffrant de violences conjugales. Sachant que l’association Solidarité Femmes estime qu’il faut sept allers retours en moyenne avant de partir de cette situation. Il est donc important que nous puissions accompagner les femmes tout au long de leur parcours.
Votre rôle c’est de maintenir les victimes en sécurité ?
En tant que coordinateur, on s’assure que tout soit bien mobilisé autour de la situation. Pour le logement d’urgence, il faut appeler le 115 et c’est porté par l’Association dijonnaise d’entraide des familles ouvrières (Adefo), mais en fonction de la situation, il ne faut pas forcément trouver un logement. Il s’agit parfois plutôt d’éloigner l’auteur des faits. Dans d’autres situations, il faut que la victime change de département à moyen ou long terme. Par exemple l’association Solidarité Femmes accueille des femmes d’autres départements. Il y a aussi l’aide d’urgence qui est délivrée par la CAF dans le cadre du pack nouveau départ, très facile à obtenir, ou encore la mise à disposition du téléphone grave danger (TGD) ou le bracelet anti-rapprochement (BAR). Il faut qu’il y ait une pluralité de réponses.
Protéger nos Élus avec CDCL
Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.
Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.
Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.
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