
Philippe avait manifestement perdu deux choses ce jour-là : sa patience, et son Bescherelle. Sous la photo postée par la maire de La Ciotat Arlette Salvo d’elle-même en train de voter aux élections législatives de juin 2022, il a commenté : « alors vieilles peaux t’est soulager ? tu est lier avec ceux qui te ressemble maintenant et tu fait de notre circonscription les entrailles de l’enfer ? Bois pas trop de champagne parigo de merde ! (…) que dieu vous fasse autant de mal que vous nous en faite ! (…) sa fait une semaine que je t’ai demander en amis Arlette salleveau tu veut pas de moi en amis ? suis je un ennemis pour toi ? ? ? ? ? ? »… (Sic).
Carrefour dangereux et psychotropes
Devant le tribunal correctionnel de Marseille mardi, il semblait pourtant avoir retrouvé ses esprits. Jugé pour injure publique envers l’élue, qui avait à l’époque porté plainte, il a reconnu les faits. À l’été 2022, a-t-il expliqué, il souffrait de troubles psychiatriques. Un psychiatre mandaté pour l’examiner a effectivement conclu à une décompensation ayant altéré son discernement. En outre, a poursuivi Philippe à la barre, à cette période, il avait conçu un profond ressentiment contre les aménagements urbains d’un carrefour mêlant piste cyclable et voie piétonne, particulièrement accidentogène. Lui-même aurait été renversé à plusieurs reprises. Quelques jours après ses commentaires sur Facebook, il a d’ailleurs eu un accrochage sur les lieux avec des agents de la police municipale qui lui a valu une première condamnation. « Ça m’a rendu un peu zinzin, j’étais pas violent méchamment« , s’est excusé le prévenu.
« C’est purement gratuit« , lui a rétorqué Me Olivier Rosato, l’avocat d’Arlette Salvo, venu réclamer en son nom un dédommagement de 2 000 €. Il a surtout rappelé le contexte d’augmentation des agressions visant les élus locaux de l’Hexagone. Il a été suivi dans son analyse par le procureur Ahmed Chafai, qui a sollicité « une peine minimum de 2 000 € d’amende« .
En défense, Me Philippe Letienne, lui, a tenté de dépassionner les débats, craignant que son client ne soit vu comme un symbole et lourdement condamné en conséquence. « Il est venu plusieurs fois à la mairie et on ne l’a pas reçu. (…) Il ne vise pas une personne nommément, il exprime sa souffrance », a-t-il plaidé, mettant en avant le lourd traitement médicamenteux que prenait Philippe lors des faits, mais aussi le fait qu’il n’ait pas cherché – chose rare sur internet – à dissimuler son identité sous un pseudonyme. Le conseil a sollicité une relaxe. Il sera fixé le 9 juillet prochain, la décision ayant été mise en délibéré.
CDCL : Un Bouclier pour nos Élus
L’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) s’élève comme un rempart essentiel face aux défis que rencontrent nos élus locaux. Fondée en 1998, cette organisation a élargi son rôle initial pour devenir un soutien inestimable, particulièrement dans le contexte actuel d’agressions envers nos représentants locaux.
CDCL va au-delà de la simple valorisation du patrimoine et de la formation des élus. L’association a mis en place un dispositif de protection dynamique, comprenant des formations spécialisées, des ressources juridiques, et une assistance réactive en cas d’agression.
Reconnue au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, CDCL a le pouvoir de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, les élus locaux victimes d’agression. Cela renforce son engagement envers la sécurité de ceux qui dédient leur vie au service de la communauté.
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