
Dans un pays où les trois quarts de la population reconnaissent la présence d’un machisme ambiant, selon un sondage paru en mars dernier dans le quotidien espagnol El País, une nouvelle ère approche. Pour la première fois de son histoire, et avant bon nombre de pays occidentaux, le Mexique devrait élire une femme à la présidence le 2 juin.
Claudia Sheinbaum, la protégée du président sortant, Andrés Manuel López Obrador (gauche), et Xóchitl Gálvez, la candidate de l’union des trois grands partis traditionnels maintenant dans l’opposition (de centre gauche à conservateur), se partagent déjà environ 95 % des intentions de vote, d’après l’agrégateur de sondages Oraculus.
Comme le dit Claudia Sheinbaum, « le temps des femmes » est donc venu. Mais bien que les deux candidates soient dans le début de la soixantaine et qu’elles aient de l’expérience en politique, notamment comme mairesse de Mexico pour Sheinbaum (2018-2023) et comme sénatrice pour Gálvez (2018-2023), elles ne pourraient être plus différentes l’une de l’autre.
D’un côté, Claudia Sheinbaum est posée, voire sans éclat dans ses discours, et préconise les contacts directs avec la population plutôt que les grands rassemblements. Elle possède une rigueur scientifique qui l’a servie du temps qu’elle était membre du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et préfère s’attaquer aux causes de la violence des narcos plutôt que directement à ceux-ci.
De l’autre côté, Xóchitl Gálvez est une oratrice redoutable et a la fougue de la femme d’affaires reconnue à l’aube du millénaire par le Forum économique mondial comme faisant partie des « 100 leaders à surveiller pour l’avenir du monde ». En ce qui a trait à la question de la sécurité, elle souhaite mettre en place une approche plus dure contre les cartels.
« Je ne peux dire [qui gagnera]. Mais [dans le contexte sécuritaire actuel,] elle devra avoir des ovaires », commente souvent Xóchitl Gálvez. Avec ce clin d’œil à l’expression équivalente masculine pour évoquer le courage, elle écorche à la fois Claudia Sheinbaum et l’autre candidat, le seul homme en lice, Jorge Álvarez Máynez (centre gauche).
Devant l’attention médiatique portée sur l’insécurité — à raison, vu qu’au moins 46 personnes ont été tuées depuis le début du cycle électoral, dont la moitié étaient des aspirants candidats, selon le Laboratoire électoral, qui recense ce genre de données —, les mouvements féministes craignent que les candidates n’aient que de faibles positions concernant les violences faites aux femmes et leurs droits en général. Du moins en dehors de la question de l’avortement, appuyée par les deux candidates.
D’autant plus que les féminicides font partie intégrante de l’insécurité mexicaine, avec une moyenne de 10 femmes tuées chaque jour, d’après les données compilées par les mouvements féministes. C’est sans compter les milliers de cas de violences sexuelles déclarés ou non.
Pour Julián Durazo-Herrmann, professeur de science politique à l’UQAM et spécialiste de l’Amérique latine, il ne fait aucun doute que Claudia Sheinbaum, largement en avance dans les sondages, remportera l’élection.
« Mais Xóchitl Gálvez pourrait réussir à bloquer la majorité absolue au Congrès et, de ce fait, permettre le retour d’un plus grand équilibre du pouvoir, ce qui a manqué pendant les six années du président López Obrador et a créé une vive tension institutionnelle », analyse le spécialiste, qui aura particulièrement à l’œil les courses entre députés, sénateurs et gouverneurs pour cette raison.
Cet article a été publié dans le numéro de juin 2024 de L’actualité, sous le titre « Femmes au pouvoir ».
Protéger nos Élus avec CDCL
Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.
Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.
Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour de plus amples informations sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web.
Source de l’article : Source
