ENQUÊTE – Censure, diffamation, agressions… Le régime de terreur des activistes transgenres

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Transphobe ! C’est ainsi que fut qualifiée une vaste enquête, fruit de quatre années de travail, par la mairie de Paris. Plusieurs élus de la majorité ont demandé le retrait d’une publicité pour le livre Transmania (Magnus), de Dora Moutot et Marguerite Stern. L’afficheur privé JCDecaux s’est exécuté, retirant les affiches des rues parisiennes et lyonnaises : « Si JCDecaux est par conviction attaché à la liberté d’expression, nous avons procédé au retrait des affiches Transmania sur les mobiliers concernés du fait des propos véhiculés sur le visuel, sur lequel la Ville de Paris nous a par ailleurs interpellés. Nous présentons nos excuses aux personnes que ces affiches ont pu heurter. » À la demande du JDD, le publicitaire n’a pas su justifier le caractère discriminant de cette affiche, ni expliquer en quoi elle s’opposait à leur charte de déontologie.

SOS Homophobie a franchi un pas de plus en judiciarisant l’affaire. L’association a porté plainte contre les deux essayistes pour les propos tenus dans leur ouvrage, qu’elle juge « transphobes » – ce que la loi reconnaît comme une discrimination. « La liberté d’expression ne saurait justifier la haine contre les personnes trans », a-t-elle réagi. Dora Moutot et Marguerite Stern se sont défendues : « Notre ouvrage n’est absolument pas transphobe : il ne comporte aucune haine, aucune violence à l’encontre des personnes trans. »

Dans leur livre, auquel nous avons consacré un long entretien dans le numéro du 7 avril, le ton dénote car les essayistes mettent en scène Robert, « un homme transféminin », et son parcours de transition, avec humour et ironie. Les 400 pages n’en demeurent pas moins implacables et reposent sur des centaines de rapports sourcés, des études médicales et universitaires, des données d’hôpitaux européens et extra-européens. En France, seul l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière a rendu public le nombre et l’âge des patients suivis pour transition, ainsi que les médicaments administrés, aux majeurs comme aux mineurs.

Pour soutenir ce travail « documenté, argumenté et réfléchi », Jacqueline Eustache-Brinio, qui a diligenté le rapport sur la « transidentification des mineurs », a reçu Dora Moutot et Marguerite Stern au Sénat. Face au phénomène de censure, la sénatrice décrit « une police de la pensée qui interdit de bousculer les choses quand ça n’arrange pas certains activistes ». En effet, à la publication du rapport LR, la coprésidente d’OUTrans, Anaïs Perrin-Prevelle, avait pointé un « fantasme énorme sur la prise en charge des mineurs trans » au micro de RMC. Ce, malgré les quinze services spécialisés dans la transition de mineurs qui existent sur le territoire français et la circulaire Blanquer, qui donne la consigne aux établissements scolaires « de mettre en œuvre la transition sociale demandée par les élèves s’identifiant “transgenres”, autrement dit d’utiliser les prénoms choisis par les élèves et de les identifier dans le sexe qu’ils revendiquent ».

L’université contre les libertés académiques

Comme pour OUTrans, les transactivistes sont majoritairement des responsables d’associations de défense des personnes transgenres nommées par certaines « associations féministes d’autosupport trans », autrement dit, un soutien organisé au sein même de la communauté. Souvent très politisés, ils bénéficient de soutiens d’élus de gauche, infiltrent les cabinets médicaux et les institutions gouvernementales. Ils agissent principalement en manipulant et en pénalisant les mots et les discours.

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À ce titre, Dora Moutot a été mise en examen pour avoir dit sur le plateau de France 2, dans l’émission « Quelle époque ! », en octobre 2022, que le premier maire transgenre de France, Marie Cau, était un « homme transféminin ». « Expliquer que biologiquement une femme est une femelle et un homme un mâle est aujourd’hui considéré comme une incitation à la haine », s’étonnent les auteurs de Transmania. Ce reproche a aussi valu son poste à un professeur des universités de province.

En exclusivité pour le JDD, il raconte, sous couvert d’anonymat, avoir subi les plaintes de trois de ses étudiants (parmi 300) après avoir affirmé : « L’homme n’est pas l’égal de la femme, il a une masse musculaire de 30 % supérieure » – comprendre d’un point de vue biologique. Nous avons consulté l’arrêté de l’université qui corrobore le témoignage de l’enseignant en sciences humaines. Ces trois étudiants ont envoyé un mail de plainte aux trois mille étudiants de son master pour l’accuser de « transphobie », d’« homophobie » et de « sexisme », sapant sa présomption d’innocence et nuisant à sa réputation. Dans la foulée, le professeur a été suspendu, sans convocation préalable de sa hiérarchie.

Le conseil de discipline

Un an après les faits, il doit désormais passer en conseil de discipline, et n’a plus le droit d’enseigner ni de poursuivre le suivi de ses doctorants. Une suspension qui contrevient au code de l’éducation, qui dispose que « les enseignants-chercheurs, les enseignants et les chercheurs jouissent d’une pleine indépendance et d’une entière liberté d’expression ». Ses libertés académiques reniées, le professeur dénonce « un régime de terreur ». Il a porté plainte pour dénonciation calomnieuse. C’est aussi une véritable révolution sémantique que prônent ces activistes. « La novlangue transgenre commence à envahir les médias, les écoles, les institutions étatiques, les sphères militantes, la recherche universitaire… », décryptent Dora Moutot et Marguerite Stern.

Sur le site du planning familial, par exemple, l’on trouve une liste de définitions et de mots interdits pour s’adresser aux personnes trans. En voici une sélection : « Mâle/femelle : utilisés surtout pour étudier la reproduction sexuée chez diverses espèces, il convient de ne pas les employer pour caractériser nos congénères humains. Ces termes binaires ne reflètent pas la variété de nos corps et de nos vécus » ; « Changer de sexe : ça se réfère souvent, dans l’imaginaire collectif, à ‘‘la chirurgie’’ (SRS). En fait, les caractéristiques sexuelles de personnes, qu’elles soient cis ou trans, ne sont pas binaires et peuvent changer tout au long de leur vie » ; « Naître dans le mauvais corps : se focaliser sur le corps des personnes trans est une erreur commune et stigmatisante. Les difficultés liées à la transidentité découlent de l’assignation à la naissance, non du corps dans lequel on naît. » Ce vocabulaire du planning familial – financé par les impôts des Français –, épouse une vision militante.

Aux côtés de ces lobbys insidieux coexiste une culture militante agressive. Car au sein du mouvement LGBT se jouent des luttes internes. Une partie des activistes ont rejoint le mouvement antifa, qui combat dans une intersectionnalité des luttes d’autres formes d’oppression, englobant tout à la fois l’homophobie, le capitalisme, le patriarcat, etc., comme le groupuscule Du pain et des roses, courant queer de révolution permanente. Ces mouvements s’organisent dans les sphères médiatiques, militantes, associatives, universitaires, sur les réseaux sociaux, et utilisent la diffamation comme outil pour discréditer les féministes universalistes qui rejettent cette intersectionnalité des luttes, qu’ils nomment péjorativement les Terf, pour « Trans Exclusionary Radical Feminists » (littéralement : « Féministes radicales qui excluent les personnes trans »). Dora Moutot et Marguerite Stern ont reçu toutes les deux des milliers de messages de haine en ligne depuis quatre ans, tous répertoriés grâce à des captures d’écran sur le site de leur association, Femelliste.

Marie-Jo Bonnet, spécialiste de l’histoire du mouvement féministe, pionnière du Mouvement de libération des femmes (MLF), raconte comment elle a été, elle aussi, écartée de deux documentaires sur la figure historique de Violette Morris, à qui elle a consacré deux biographies, au motif qu’elle n’était pas d’accord pour en faire « la première athlète trans ». « Violette Morris était une femme masculine, une “butsh” comme disent les féministes américaines, et c’est ce qui déplaît aux militants trans. » Comme pour Transmania, les militants transgenres se sont passé le mot pour cacher dans les librairies le livre qu’elle publiait l’an dernier avec la gynécologue Nicole Athéa, au titre évocateur : Quand les filles deviennent des garçons (Odile Jacob).

« Certains médias se refusent à nous laisser exposer notre point de vue »

L’ancienne Gouine rouge dénonce une « omerta » au sujet de son essai, dont seuls les médias classés à droite, comme Le Figaro, ont accepté de parler. Même son de cloche pour Céline Masson, professeur des universités en psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent et psychanalyste, auteur, avec la psychanalyste Caroline Eliacheff, de La Fabrique de l’enfant transgenre (L’Observatoire) : « Nous avons bénéficié d’une grande audience médiatique mais hélas, certains médias se refusent à nous laisser exposer notre point de vue : Libération, Le Monde ou d’autres encore comme Mediapart, qui déforment nos propos ou s’en servent pour démontrer que nous sommes des “réactionnaires”. »

De la même façon, Dora Moutot et Marguerite Stern ont été invitées au JDD, au Figaro, sur Europe 1, CNews, Sud Radio, ainsi que sur des médias en ligne… Mais le service public et d’autres grandes chaînes refusent de les faire débattre, comme le prouvent des messages consultés par le JDD, dans lesquels certains programmateurs n’hésitent pas à faire part de leur désarroi face à l’interdiction de leur chaîne ou de leur rédacteur en chef de les inviter. Le service public, lui, n’a pas hésité à dénoncer publiquement l’ouvrage. L’association France TV pour toutes a condamné dans un communiqué « la publicité entourant le livre Transmania dans les espaces publics et sa promotion dans certains médias ». Puis à son tour, Énora Malagré, chroniqueuse pour « Le Mag de la santé » sur France 5, en a appelé à l’Arcom pour empêcher les militantes de s’exprimer à la télévision.

Quant aux rares médias de gauche traitant de Transmania, ils attribuent aux essayistes des fausses citations. Ainsi, sur le site Les Inrocks, Véronique Godet, coprésidente et porte-parole de l’association qui « lutte contre la haine à l’égard des personnes LGBTQIA+ », prête à Dora Moutot et Marguerite Stern la citation suivante : « Les hommes trans sont des lesbiennes qui n’acceptent pas leur homosexualité, des butchs souvent perçues comme des femmes ratées. » Or, cette phrase n’existe pas.

En réalité, voici ce qu’on lit dans leur ouvrage : « Parmi les lesbiennes qui transitionnent, certaines appartiennent à la mouvance dite “butch” ou “dyke” ; en français, on pourrait utiliser le terme péjoratif de “camionneuses” pour les désigner. Ces femmes revêtent des stéréotypes de genre masculins : cheveux courts, pas de maquillage, une passion pour le foot ou la mécanique, l’envie de se montrer protectrices, etc. Elles souffrent d’être mal perçues. Si les lesbiennes aux cheveux longs avec des courbes de sirènes sont glamourisées, les butchs, elles, sont souvent perçues comme des femmes ratées. » Les militantes expliquent dans ce passage la perception des femmes masculines dans le mouvement trans et la pression qu’elles subissent pour se conformer à des stéréotypes de genre. L’article des Inrocks, malgré un démenti des auteurs, n’a pas été corrigé.

La violence des militants transgenres

Cette chasse aux sorcières n’est pas sans risque, tant la frontière entre le réel et le virtuel est ténue. Ainsi, on ne compte plus les conférences annulées et les agressions physiques. En 2021, Marguerite Stern a été frappée et a reçu des œufs dans le visage lors d’une manifestation féministe. En 2020, alors qu’elle commençait à subir du harcèlement en ligne, la serrure de la porte de l’appartement de Dora Moutot a été vandalisée, et les freins de son vélo coupés, sans qu’elle ait pu prouver l’identité des responsables.

Le 20 novembre 2022, c’est le docteur Eliacheff qui devait intervenir dans un colloque organisé par la mairie de Paris ; mais l’événement a été déprogrammé : « La mairie est engagée contre toutes les discriminations et contre la transphobie », a déclaré la municipalité de Paris Centre. En décembre 2022, lors d’une conférence au Café laïque de Bruxelles, Céline Masson et Caroline Eliacheff ont également été la cible de jets d’excréments de la part d’une vingtaine d’individus cagoulés. Et des formateurs à la transidentité à l’université (qui ne sont pas universitaires) ont appelé à brûler leur livre.

En juin 2023, c’est un colloque organisé par Xavier-Laurent Salvador à l’université Paris II, intitulé « La République universelle à l’épreuve de la transidentité », qui a été perturbé. Des militantes au visage masqué ont fait irruption dans la salle et ont aspergé de peintures rose et bleu (couleurs des militants trans) l’organisateur et l’intervenant, Benjamin Moron-Puech, au chant de « Contre les transphobes on rend coup pour coup ». Spécialiste du droit des minorités corporelles, progressiste sur la question trans, ce dernier était accusé de trahir son camp en participant à un colloque critique sur le sujet.

On se souvient aussi, chez nos voisins anglo-saxons, du harcèlement subi par l’écrivain J. K. Rowling, auteur de la célèbre saga Harry Potter, ou encore de la militante britannique pour les droits des femmes, Posie Parker, encerclée par une foule déchaînée en Nouvelle-Zélande et aspergée de tomates en 2023. Son crime ? Avoir déclaré : « Une femme est un être humain adulte de sexe féminin. » Ce refus répété de la confrontation et du débat civique démontre parfaitement ce que dénoncent Dora Moutot et Marguerite Stern. C’est bien une idéologie qui est à l’œuvre et qui dépasse le phénomène médical reconnu qu’est la dysphorie de genre. Au-delà de l’inquiétant problème de santé publique que cela soulève, ces méthodes démontrent la volonté des militants transgenres de faire advenir une profonde révolution anthropologique.

Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.

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