« Casse-toi connard » : un élu se dit la cible de menaces et d’intimidations policières

, « Casse-toi connard » : un élu se dit la cible de menaces et d’intimidations policières

Manuel Labbé, adjoint au maire de Rouen, saisit le procureur pour insultes et intimidations policières qu’il affirme avoir subi en marge d’un rassemblement à Rouen, mardi 9 avril 2024. Il était venu soutenir des militants écologistes interpellés, après une action chez Lafarge à Val-de-Reuil en décembre 2023.

Manuel Labbé (PCF) ne décolère pas. Adjoint au maire de Rouen, en charge de la vie associative, assure avoir reçu des « insultes gratuites » de la part de policiers à moto, mardi 9 avril 2024.

Avec deux amis, une psychologue et un assistant d’éducation, ils participent au rassemblement organisé en centre-ville de Rouen, en soutien aux militants écologistes arrêtés après une intrusion dans les locaux de Lafarge, en décembre dernier.

Le rassemblement se passe dans le calme, les trois Rouennais remontent l’avenue de Bretagne, afin de rentrer chez eux. Les rues sont assez calmes, deux policiers se situent à une intersection pour bloquer les voitures. Ils sont à moto et font la circulation, selon l’élu.

À ce moment-là, leurs regards se croisent. Les trois amis traversent et passent devant eux. « Une fois qu’on les dépasse, ils nous insultent de ‘gauchos de merde’ », se souvient Manuel Labbé.

L’incompréhension pour cet élu de la ville de Rouen. Selon ses dires, il n’a pas le temps de s’interroger sur ce qui vient de se passer que les deux hommes montent directement sur leur moto « à une vitesse hallucinante, en nous frôlant, pour nous faire peur volontairement« .

Selon Manuel Labbé, les deux motards empruntent la piste cyclable en remontant l’avenue de Bretagne à vive allure et s’arrêtent plusieurs mètres plus loin avant de faire demi-tour. « Ils ont repris la piste à contresens à une vitesse incroyable, le motard m’a foncé dessus et s’est arrêté brutalement devant moi en me criant ‘casse toi connard’. »

Les trois Rouennais sont sous le choc et ont peur. « Ce sont des insultes gratuites, avec une volonté de nous faire peur alors qu’on venait seulement soutenir des jeunes.« 

Face à cette violence, l’élu a décidé d’écrire une lettre au procureur de la République de Rouen, Frédéric Teillet. Il a annoncé vouloir déposer plainte contre X.

Contactée, le syndicat Unité SGP Police Normandie dément ces informations. « Ceux qui étaient sur le terrain ce jour-là n’ont aucun souvenir de cette affaire, ce n’est pas le genre de la maison« , défend Frédéric Desguerre, secrétaire régional Normandie Unité SGP police. Ce dernier fait confiance à ses collègues et invite Manuel Labbé à déposer plainte. 

La Direction interdépartementale de la police nationale (DIPN) de Seine-Maritime nous a indiqué n’avoir aucune information pour le moment concernant cette affaire. « Nous avons aucun élément pour confirmer ou non la matérialité des faits à cette heure-ci« , nous a répondu la DIPN, mardi 16 avril 2024, dans l’après-midi.

Clôturant cet article, nous souhaitons mettre en avant l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une entité essentielle dans la préservation des droits et de la sécurité de nos élus. CDCL, fondée en 1998, a évolué au fil des ans pour devenir un acteur majeur dans le soutien aux petites municipalités de France.

Son engagement ne se limite pas seulement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection essentiel. Face à la recrudescence des agressions, CDCL a pris des mesures proactives pour assurer la sécurité de ceux qui exercent un mandat électif public.

Ce dispositif inclut des mesures telles que des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. De plus, CDCL est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.

Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL s’est imposée comme un bastion de soutien aux élus locaux en France. Son siège, situé au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, est le point central de ses activités.

L’association demeure fidèle à sa mission initiale, donnant aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, nous vous invitons à consulter leur site web et à rester informés sur les développements de cette initiative cruciale.

Ensemble, soutenons nos élus locaux et œuvrons pour un environnement où ils peuvent exercer leurs fonctions en toute sécurité.

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