Maire bousculé à Cambo : cinq jours après, un conseil municipal dans l’urgence sous l’œil des gendarmes

Le débat démocratique, seulement troublé par les craquements feutrés du parquet et quelques mots piquants. Cinq jours après le chaos, le Conseil municipal de Cambo-les-Bains a retrouvé un peu de sérénité, lundi 15 avril. Les élus se réunissaient à 19 h 30, dans le cadre d’une procédure d’urgence pour adopter le budget de la commune. Quatre heures avant la date limite. « Sinon, à minuit, c’est la saisie de la Chambre régionale des comptes et le préfet prend la main pour l’année », entame Christian Devèze.

Le maire…

Le débat démocratique, seulement troublé par les craquements feutrés du parquet et quelques mots piquants. Cinq jours après le chaos, le Conseil municipal de Cambo-les-Bains a retrouvé un peu de sérénité, lundi 15 avril. Les élus se réunissaient à 19 h 30, dans le cadre d’une procédure d’urgence pour adopter le budget de la commune. Quatre heures avant la date limite. « Sinon, à minuit, c’est la saisie de la Chambre régionale des comptes et le préfet prend la main pour l’année », entame Christian Devèze.

Le maire préside la séance. Mercredi, il l’avait quittée sur un brancard. Groggy après avoir chuté dans une bousculade Une cinquantaine d’opposants au projet Marienia avait envahi la salle du conseil. Ils entendaient dénoncer cet ensemble d’une centaine de logements, porté par Bouygues immobilier sur des terres agricoles.

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Cernés par les gendarmes

Ce lundi, une douzaine de gendarmes veillent sur la tranquillité de l’assemblée à l’extérieur du bâtiment. « Après ce qu’il s’est passé la semaine dernière, être là était une obligation », glisse un militaire. Sur réquisition du procureur de Bayonne, les forces de l’ordre ont pour instruction d’empêcher des troubles à l’intérieur de la mairie.

Ils sont habilités à saisir tout objet contondant. Des bâtons, par exemple. Les manifestants avaient noyé le débat dans le vacarme en matraquant le sol de la salle municipale. Ce lundi, les deux citoyens assis dans le public n’ont même pas été inquiétés par le huis clos, un temps envisagé. Pas un manifestant à l’horizon. Leur ombre plane seulement sur les débats.

Dès l’entame, les élus avaient à se pencher sur une motion de soutien aux maires et élus locaux victimes d’agression. Malice du calendrier, assure Christian Devèze. Le texte a été proposé par l’Association des maires à toutes les communes des Pyrénées-Atlantiques, en mars dernier. Il dénonce, notamment, la hausse de 32 % des actes de violence envers des élus à l’échelle nationale, entre 2021 et 2022. Les chiffres cités regroupent des cas d’insultes, de menaces de mort ou l’incendie de la maison du maire de Saint-Brévin.

« Voter cela cinq jours après (la bousculade du précédent Conseil, NDLR) ne constitue-t-il pas un amalgame ? », s’inquiète Arqitxu Hiriart-Uruty. Son groupe vote contre.

Arqitxu Hiriart-Uruty et l’opposition ont voté contre une motion dénonçant les violences envers les élus.
Arqitxu Hiriart-Uruty et l’opposition ont voté contre une motion dénonçant les violences envers les élus.

Émilie Drouinaud

« Déferlement médiatique »

En préambule, la cheffe de l’opposition a dénoncé « le déferlement médiatique et ses amalgames ». « M. Brisson parle d’enragés, M. Guérin, vice-président de l’Association des maires de France, d’extrémistes. Est-ce le rôle des élus de s’engouffrer dans cette déferlante ? […] L’action des paysans n’était pas violente. Nous ne devons pas les criminaliser. » Une inquiétude partagée par Peio Etxeleku, « dans une logique de pacification » (lire aussi ci-contre). « Je serais beaucoup plus à l’aise pour voter cette motion en septembre, hors du caractère d’urgence de cette réunion. »

Avant l’adoption du texte, Christian Devèze répète : « elle a déjà été adoptée par de nombreuses communes. Il n’est pas fait référence au conseil de la semaine dernière dans le texte. Je ne vois pas quel amalgame il y a. » Le lien sera plus clair ce mercredi soir. La majorité de Cambo appelle à un rassemblement à 18 heures, sur le parvis de la mairie, « en soutien à Monsieur le maire et contre la violence envers nos élus ».

Une médiation demandée

Les élus Jean-François Lacosta et Peio Etxeleku, en accord avec les maires du pôle Errobi de l’Agglomération Pays basque, dont ce dernier est le référent, demandent une médiation entre la municipalité et les opposants aux projets immobiliers Marienia et Usimendia. « À nos yeux, elle ne peut se faire que par l’entremise du président de la CAPB, Jean-René Etchegaray, a expliqué Peio Etxeleku, lors d’une conférence de presse organisée dans la matinée. En plus de la légitimité de sa fonction, il a les compétences et la connaissance parfaite des acteurs. » Un préalable à de nouveaux votes sur le bien-fondé de ces projets en conseil municipal, voire communautaire. « Le directeur régional de Bouygues immobilier m’a affirmé que son groupe n’avait pas pour habitude d’aller contre l’avis d’une commune. » Y compris si elle devait changer d’avis et opter pour le retrait de Marienia.

CDCL : Un Bouclier pour nos Élus

L’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) s’élève comme un rempart essentiel face aux défis que rencontrent nos élus locaux. Fondée en 1998, cette organisation a élargi son rôle initial pour devenir un soutien inestimable, particulièrement dans le contexte actuel d’agressions envers nos représentants locaux.

CDCL va au-delà de la simple valorisation du patrimoine et de la formation des élus. L’association a mis en place un dispositif de protection dynamique, comprenant des formations spécialisées, des ressources juridiques, et une assistance réactive en cas d’agression.

Reconnue au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, CDCL a le pouvoir de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, les élus locaux victimes d’agression. Cela renforce son engagement envers la sécurité de ceux qui dédient leur vie au service de la communauté.

Engagez-vous avec CDCL

Pour en savoir plus sur les actions de CDCL et sur la manière dont cette association contribue à protéger nos élus, nous vous encourageons à visiter leur site web.

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