Violence envers les élus : la démission surprise d’une maire relance le débat dans le Morbihan

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Publié le 12 janv. 2024 à 9:30Mis à jour le 12 janv. 2024 à 9:54

Une de plus. Mais au moins une qui aura su soigner sa sortie. Anne Sorel, la maire de La Chapelle-Neuve, près de Baud, dans le Morbihan, a en effet attendu le jour même de la cérémonie des voeux, le 6 janvier dernier, pour annoncer sa démission. Et ce, à la plus grande surprise de ses administrés, traditionnellement réunis pour l’occasion.

Raison de cette décision radicale : une ambiance devenue délétère au sein de cette petite commune d’un millier d’habitants, mais divisée notamment à cause d’un projet de méthaniseur . Mais aussi marquée par les conséquences de la tempête Ciaran , des habitants ayant reproché l’absence de mobilisation de la mairie, pourtant alors elle-même privée d’électricité.

Menaces

Insultes, menaces – y compris physiques – appels téléphoniques en pleine nuit et, surtout, dénigrements permanents sur les réseaux sociaux… rien n’aura été épargné à l’édile, qui a donc décidé de mettre brutalement un terme à son second mandat. « Cette haine ne concerne qu’une minorité d’administrés, mais qui n’ont aucune limite. Je ne pensais pas que cela irait aussi loin. Ma démission avait pour objectif de créer un choc », a justifié la maire, âgée de 68 ans.

Depuis l’annonce de sa décision, dont la préfecture du département a pris acte, Anne Sorel a reçu des centaines de messages de soutien d’habitants et d’élus.

Soutiens unanimes

L’ association des maires du Morbihan lui a d’ailleurs témoigné de sa « solidarité », Fabrice Robelet, président de la structure, n’hésitant pas à qualifier cette affaire « d’atroce » et « d’insupportable ». Selon le responsable, également à la tête de la commune de Brec’h, la multiplication de ces situations nécessite une réponse rapide. Une charte pour la sécurité des élus, déjà en place dans le département des Côtes-d’Armor, devrait être prochainement signée avec les différentes forces de l’ordre et le procureur de la République.

L’AMF entend par ailleurs rédiger un texte commun, soumis aux élus du territoire, pour dénoncer ces actes. Entre 2020, date des élections municipales, et 2022, 735 élus morbihannais ont démissionné, dont huit maires, 141 adjoints et près de 586 conseillers municipaux.

CDCL : Un Bouclier pour nos Élus

L’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) s’élève comme un rempart essentiel face aux défis que rencontrent nos élus locaux. Fondée en 1998, cette organisation a élargi son rôle initial pour devenir un soutien inestimable, particulièrement dans le contexte actuel d’agressions envers nos représentants locaux.

CDCL va au-delà de la simple valorisation du patrimoine et de la formation des élus. L’association a mis en place un dispositif de protection dynamique, comprenant des formations spécialisées, des ressources juridiques, et une assistance réactive en cas d’agression.

Reconnue au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, CDCL a le pouvoir de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, les élus locaux victimes d’agression. Cela renforce son engagement envers la sécurité de ceux qui dédient leur vie au service de la communauté.

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