Cet habitant d’une petite commune d’Ille-et-Vilaine fut de ceux qui inondèrent la mairie de Callac de mails haineux et menaçants, au plus fort de « la mère des guerres », comme l’appela l’extrême droite, contre le projet Horizon, qui prévoyait l’accueil de quelques familles de réfugiés. Le prévenu n’est jamais allé à Callac, si ce n’est lors d’une randonnée, il y a une décennie. Il n’y était même pas le 17 septembre 2022, jour de la première manifestation d’extrême droite, qui rassembla 250 personnes, dont 24 Callacois. C’est ce jour-là qu’il envoya ses deux mails, au milieu de centaines d’autres, plus haineux, xénophobes et antisémites les uns que les autres. Il était l’un des seuls à ne pas avoir masqué son adresse IP…
« En continu, CNews parlait de Callac ! »
« Pourquoi ces mails ? », l’interroge la présidente Anne-Marie le Guern. « J’ai pas assez réfléchi… », bredouille-t-il, « Tous les migrants sont des déchets selon vous ou seulement quand ils sont noirs ? », relance la magistrate. Lui, presque inaudible : « Il y en a de très bien… ». La juge continue les remontrances, rappelant l’agression du maire de Saint-Brevin-les-Pins (44). « Quand le maire de Callac lit ça, que ressent-il selon vous ? ». Le quinquagénaire dit avoir agi « sous le coup de la colère ». Aux enquêteurs, il avait expliqué beaucoup regarder la chaîne CNews. « En continu, CNews parlait du projet de Callac ! », déplore son avocate. Elle sollicite l’indulgence du tribunal, relevant « l’état psychologique catastrophique » de son client.
« On dormait une heure par nuit »
Pour les élus de Callac, et pour son maire Jean-Yves Rolland, présent dans la salle d’audience, ces deux mails et les autres ont fait naître « une certaine crainte pour nos familles. Nos maisons étaient surveillées par les forces de l’ordre. On nous menaçait de plus en plus… On ne vivait pas tranquille. On dormait une heure par nuit », explique-t-il à la présidente avant de rappeler qu’il abandonna le projet le 9 janvier 2023. Qu’attend-il de cette audience ? « Que tous ceux qui se cachent derrière un écran ne puissent pas continuer à menacer impunément un élu », espère-t-il. Magnanime, il dit « ne pas en vouloir personnellement » au prévenu.
« Je m’excuse, M. le maire »
Cécile Doutreligne, procureur, relève néanmoins que cet homme esseulé, diminué, qui dit avoir agi sous le coup de la colère, a déjà été condamné deux fois, là encore pour des menaces envers des élus, par les tribunaux de Rennes et Paris. Elle requiert un an de sursis probatoire, avec l’obligation de suivre un stage de citoyenneté, « pour qu’il se rende compte de ce qu’est réellement le débat public ». Sans attendre le jugement, il s’est tourné vers Jean-Yves Rolland : « Je m’excuse, M. le maire, et je suis sincère, vraiment ».
En conclusion de cet article, mettons en lumière l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une force incontournable dans la protection des droits et de la sécurité de nos élus locaux.
Fondée en 1998, CDCL s’est imposée au fil des ans comme un acteur clé du soutien aux petites municipalités de France. Au-delà de la valorisation du patrimoine et de la formation des élus, l’association s’engage activement dans la mise en place d’un dispositif de protection essentiel, répondant à la recrudescence des agressions dont sont victimes nos élus.
Ce dispositif complet inclut des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. La reconnaissance légale de CDCL au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023 renforce son rôle en lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir les élus victimes d’agression.
Enregistrée au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et affiliée au SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, et demeure fidèle à sa mission initiale. Elle donne aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, consultez leur site web. Restez informés sur les développements de cette initiative cruciale afin de soutenir nos élus locaux dans l’exercice de leurs fonctions en toute sécurité.
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