2025 en Isère : retour sur la violente agression du maire de Villeneuve-de-Marc et les violences sur les élus

Le 6 août 2025, en fin d’après-midi, le maire de Villeneuve-de-Marc était violemment agressé en pleine rue et gravement blessé. D’autres maires d’Isère ont depuis subi des violences verbales ou physiques.

Pendant ces vacances de Noël, Ici Isère vous propose chaque matin de revenir sur un événement qui a marqué l’année. Ce vendredi 26 décembre, retour sur l’agression du maire de Villeneuve de Marc, Gilles Dussault. Il a été visé avec son fils par l’un de ses administrés le 6 août dernier. L’élu a été grièvement blessé au thorax. Tout cela pour un simple conflit d’urbanisme.

« J’ai eu aussi un coup porté au triceps. L’homme est ensuite revenu pour foncer délibérément sur mon fils et moi » avait raconté le maire lors d’une conférence de presse début septembre. Le maire est blessé, hospitalisé dans un état grave. Six mois plus tard, il tente de se reconstruire explique son avocat maître Sébastien Soy. « Aujourd’hui, ça va, en responsabilité, il a tenu à assez rapidement reprendre ses fonctions en mairie. Mais il reste très très affecté par ce qui lui est arrivé. Cela laisse des séquelles importantes, on appelle cela un choc post traumatique. Il avait annoncé qu’il entendait ne pas se représenter, c’était une décision qu’il avait déjà plus ou moins prise avant les faits, mais les faits n’ont fait que confirmer et conforter sa position de ne pas se représenter en qualité de maire » raconte l’avocat.Et l’agression du maire de Villeneuve de Marc n’est malheureusement pas un cas isolé en Isère. Loin de là… Le département est même l’un des plus concernés. Le maire d’Anthon par exemple, Cédric Camp, est agressé physiquement en juin dernier alors qu’il tente d’empêcher l’installation de caravanes sur un terrain de foot de sa commune. « Ils m’ont poussé à terre, ma main a heurté la clôture, car ma main est ouverte. Je me suis foulé le poignet droit. Je me suis relevé ils m’ont encore poussé pour passer » raconte-t-il. illustration agrandir l'image

Début octobre  qui voit un jeune homme lâcher son berger belge malinois sur lui. Et l’inventaire à la Prévert ne s’arrête pas là. Il y a aussi les agressions verbales. Celles subies par la maire de Thodure par exemple. Et les menaces de mort reçues en plein été 2025 par Olivier Tisserand, le maire de Maubec, près de Bourgoin Jallieu, suite à un conflit d’urbanisme qui date de 2021.Il n’en revient toujours pas. « Le père m’a dit de toute façon je vais te niq* ta race et de toute façon je vais te tuer. Moi j’étais au téléphone avec le fils. Et je lui disais ce n’est pas la question, il y a des choses que vous ne pouvez pas faire, les règles sont pour tout le monde pareilles. Donc j’ai eu des menaces de mort. Je ne m’attendais surtout pas à ça. Je n’aurais jamais pensé cela. Cela m’a choqué. Je reste méfiant et sur mes gardes » raconte le maire.Un contexte qui a poussé le maire de Maubec à se demander s’il voulait vraiment repartir pour un nouveau mandat. « J’ai toujours la crainte dans un coin de la tête, je ne dors pas serein. Cela me fait douter. Cela a joué beaucoup. J’ai longuement réfléchi, j’ai la chance d’avoir des élus à côté de moi qui m’ont dit qu’il faut que je reparte. Et moi je ne veux pas abandonner mon équipe » dit-il. D’autant que les élus ne sont pas les seuls visés. Les agents territoriaux ou les pompiers par exemple par exemple sont de plus en plus souvent confrontés à des outrages ou des violences.