
Une voiture en train de brûler à Nouméa, le 16 mai 2024. DELPHINE MAYEUR / AFP
La nuit de jeudi à vendredi a été « plus calme » et « marquée par l’arrivée des renforts envoyés » de l’Hexagone, a assuré Louis Le Franc, Haut-commissaire de la République. Gabriel Attal va recevoir à Matignon, avec Gérald Darmanin ce vendredi les comités de liaison parlementaires sur la Nouvelle-Calédonie pour un « échange » sur la crise.
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La Nouvelle-Calédonie était dans « une situation plus calme » ce vendredi 17 mai, selon les autorités locales, à l’exception de quartiers hors de contrôle que l’Etat va tenter de « reprendre », après quatre nuits de violente contestation contre une réforme électorale votée à Paris.
Dans un communiqué publié ce vendredi matin, le Haut-Commissariat s’était voulu plus rassurant. « L’état d’urgence a permis, pour la première fois depuis lundi, de retrouver une situation plus calme et apaisée dans le grand Nouméa, malgré les incendies d’une école et de deux entreprises », affirmait-il. « Le Nouvel Obs » fait le point sur la situation.
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• « Trois zones » hors de contrôle
« Des renforts vont arriver (…) pour contrôler les zones qui nous ont échappé ces jours derniers, dont le contrôle n’est plus assuré », a déclaré devant la presse à Nouméa Louis Le Franc, Haut-commissaire de la République sur ce territoire français du Pacifique. Ils doivent permettre de « reconquérir tous les espaces de l’agglomération (de Nouméa) que nous avons perdus, et qu’il nous appartient de reprendre », a-t-il poursuivi.
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Le représentant de l’Etat a évoqué « trois zones », des quartiers défavorisés du grand Nouméa peuplés majoritairement d’autochtones : Kaméré, Montravel et une partie de « la Vallée du Tir », où des « centaines d’émeutiers » recherchent selon lui « le contact avec les forces de l’ordre » et à poursuivre leurs « exactions ».
• Arrivée de renforts
La nuit de jeudi à vendredi a été « marquée par l’arrivée des renforts envoyés » de l’Hexagone, a ajouté la même source. Le gouvernement avait annoncé quelques heures plus tôt l’envoi d’un millier d’effectifs de sécurité intérieure, en plus des 1 700 membres des forces de l’ordre déjà sur place. L’armée s’est également déployée pour sécuriser les ports et l’aéroport du territoire, désormais sous le régime de l’état d’urgence décrété par le gouvernement mercredi soir. L’interdiction de rassemblements, de transport d’armes et de vente d’alcool, ainsi que le couvre-feu de 18 heures à 6 heures restent en vigueur.
• Les pénuries s’aggravent
Les autorités de Nouvelle-Calédonie ont annoncé plusieurs mesures vendredi pour pallier les difficultés d’accès à l’alimentation et aux soins, notamment en libérant les grands axes routiers pour une opération de « ravitaillement », après quatre jours d’émeutes sur l’archipel. « Il va falloir faire un énorme travail pour rétablir le fonctionnement de la société du Grand Nouméa, qui a été durement impactée par tout ce qui a été pillé et détruit », a prévenu vendredi le représentant de l’Etat sur ce territoire du Pacifique sud, Louis Le Franc. Le Haut-commissaire de la République a retenu pour l’heure deux « priorités » : alimentation et santé.
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A Nouméa, les pénuries alimentaires provoquent de très longues files d’attente devant les magasins. « En lien avec le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, l’Etat se mobilise pour apporter le soutien à la population et organiser l’acheminement des produits de première nécessité », a assuré vendredi matin le Haut-commissaire Louis Le Franc. Il a appelé à laisser dégager les grands axes de circulation. Les autorités préparent un « pont aérien » entre l’Hexagone et son archipel, séparés de plus de 16 000 km. L’aéroport de Nouméa reste fermé aux vols commerciaux.
• Un suspect s’est rendu
Louis Le Franc a ajouté qu’un suspect d’homicide s’était « rendu », sans précision sur son identité ni sur l’affaire concernée. Cinq personnes sont mortes depuis le début des émeutes lundi : deux hommes de 20 et 36 ans, une adolescente de 17 ans et deux gendarmes. Le premier, âgé de 22 ans, avait été atteint d’une balle dans la tête mercredi. Le second, âgé de 45 ans, a été victime d’un « tir accidentel » jeudi matin, selon le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.
La situation sur l’archipel « reste très tendue, avec des pillages, des émeutes, des incendies, des agressions qui sont évidemment insupportables et inqualifiables », avait estimé Gabriel Attal jeudi après-midi (heure de Paris). Le chef du gouvernement avait indiqué qu’« une circulaire pénale » serait publiée par le garde des Sceaux pour « garantir les sanctions les plus lourdes contre les émeutiers et les pillards ».
Dans l’agglomération de Nouméa, ces dernières nuits, certains riverains ont érigé des barricades de fortune faites de palettes de bois, bidons et autres brouettes, sur lesquelles ils ont planté des drapeaux blancs.
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• Un « échange » prévu avec Gabriel Attal et Gérald Darmanin
Gabriel Attal va recevoir à Matignon, avec Gérald Darmanin vendredi à 18h30 heure de Paris, les comités de liaison parlementaires sur la Nouvelle-Calédonie pour un « échange » sur la crise. Avant cette réunion, Gabriel Attal présidera à 8 heures une troisième cellule interministérielle de crise.
Enfin, après l’échec d’une tentative de visioconférence entre le président Emmanuel Macron et des élus calédoniens « ne souhaitant pas dialoguer les uns avec les autres pour le moment », selon l’Elysée, ces discussions devraient intervenir ce vendredi.
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Selon Gérald Darmanin, les forces de l’ordre ont procédé à de nombreuses interpellations et « dix leaders mafieux » de la CCAT, la mouvance indépendantiste la plus radicale, ont été assignés à résidence. Celle-ci a publié un communiqué ce vendredi pour demander « à chacun de respecter le temps du deuil », à savoir « un temps d’apaisement pour enrayer l’escalade de la violence ».
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Le ministre de l’Intérieur a par ailleurs dénoncé l’ingérence de l’Azerbaïdjan, où plusieurs leaders indépendantistes calédoniens se sont déplacés ces derniers mois. Des accusations « infondées », selon Bakou.
Protéger nos Élus avec CDCL
Dans le contexte actuel marqué par des agressions envers nos élus locaux, l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) se positionne en rempart essentiel pour assurer la sécurité et le bien-être de ceux qui œuvrent pour notre communauté.
Créée en 1998, CDCL a évolué au-delà de sa mission initiale de soutien aux petites municipalités pour devenir un acteur central dans la protection des élus. Son engagement ne se limite pas uniquement à la valorisation du patrimoine et à la formation des élus, mais s’étend également à la mise en place d’un dispositif de protection complet, répondant aux défis actuels.
Sous la direction éclairée de l’ancien Maire de Linas en Essonne, CDCL a élaboré un dispositif proactif. Celui-ci englobe des formations approfondies, des conseils juridiques spécialisés, et une assistance réactive en cas d’agression. L’association est habilitée au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, une personne investie d’un mandat électif public victime d’agression.
Forte de son enregistrement au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et du SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris. Elle incarne une communauté engagée, dédiée à donner aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la spécificité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
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