Insécurité à la campagne: À Ruffec, « il y a de moins en moins de gens d’ici

Thierry Bastier, maire de Ruffec : « On doit faire face à une délinquance de passage ».
Thierry Bastier, maire de Ruffec : « On doit faire face à une délinquance de passage ».

CL

À la fin du mandat, il y en aura plus de quarante caméras de surveillance

Thierry Bastier, le maire de Ruffec a bien sûr noté l’évolution. C’est de plus en plus palpable. Depuis le début de son mandat, en 2020, la ville a investi dans des caméras de surveillance. « À la fin du mandat, il y en aura plus de quarante », assure l’élu. Et pas loin de 100 000 euros d’investissement pour… déplacer le problème vers les communes encore plus rurales, autour du chef-lieu. « On en parlait encore ce matin avec un élu de la CdC », lâche Thierry Bastier, un matin de fin février. « Ils sont inquiets ». Les gendarmes en conviennent. Ruffec, c’est un point de fixation de petite délinquance, issue des zones urbaines. Des trouble-fêtes venus d’ailleurs. « Ici, on a de moins en moins de Ruffécois ». Des retraités, des « gens du nord attirés par le climat », comme ces Marseillais qui ont élu domicile à Chalais, et des petits délinquants de passage.

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Ceux qui profitent de la proximité d’Angoulême et de Poitiers. « Une petite délinquance de passage » qui trouve elle aussi qu’il y a tout à Ruffec. Des commerces, des services. Et une clientèle pour les stups. Parce que si la constante de tous les délits et incivilités, c’est l’abus d’alcool, sorte de sport national là aussi, les stupéfiants ont pris une ampleur jamais vue. « Ce n’est pas du trafic installé comme on a pu le voir dans le sud du département, relativise Thierry Bastier. Mais il y a des consommateurs et un climat qui s’installe en même temps que se paupérise le centre-ville. Les logements vacants, les marchands de sommeil, c’est sujet récurrent au conseil municipal.

Déjà en décembre 2010, Bernard Charbonneau, le maire « historique » de Ruffec, avait appuyé la création d’un comité de lutte contre la délinquance. En trente ans de mandat, il a vu les choses évoluer. « Mais ça a toujours été reconnu ; les petites villes comme nous, le long de la RN 10 ou de la 141 rencontrent plus de problèmes que d’autres ». Il a vu la délinquance s’installer, les raids pour des cambriolages se multiplier. C’est allé crescendo. « On n’a pas pu tout freiner », concède l’ancien élu. « Et encore, on a des gendarmes. » Ils sont trente-deux à la caserne.

Confolens, le contre-exemple ?

Ce n’est cependant pas une fatalité. À Confolens, contrairement à plusieurs de ses collègues, Jean-Noël Dupré, le maire, ne cite pas spontanément des problèmes de délinquance, de trafic de stups, d’incivilités. « Je me faisais la réflexion, c’est plutôt calme ». Le secteur n’est pas à l’abri de tout. « On a eu, comme ailleurs, notamment à Ruffec, des vagues de « migration ». Des gens du Nord, un peu marginaux, avec des problèmes d‘addiction, il y a quatre ou cinq ans. Ça avait été un peu tendu avec les gens du voyage. Ils sont repartis ». Il y a bien eu ensuite « ces trois ou quatre familles des Bouches-du-Rhône l’an dernier. Ils sont repartis aussi, du jour au lendemain. Ces mouvements de population existent », comme à Ruffec, à Blanzac, « je ne sais pas pourquoi », confesse-t-il.

À Confolens, la tradition de solidarité, ouvrière, la densité du tissu associatif et, paradoxalement, l’enclavement, semblent tenir la ville à l’écart des chemins de la délinquance.
À Confolens, la tradition de solidarité, ouvrière, la densité du tissu associatif et, paradoxalement, l’enclavement, semblent tenir la ville à l’écart des chemins de la délinquance.

Julie Desbois

Un micro-climat confolentais ? Jean-Claude Viollet, ancien député et vice-président d’Emmaüs, qui installe un comité en Charente limousine avance une explication. Historique. « Le passé ouvrier, industriel de Confolens, les vagues de population font qu’il y a là une solidarité, une entraide, une intégration, peut-être plus fortes qu’ailleurs ». Moins d’isolement, peut-être. « C’est typique », insiste Jean-Claude Viollet. « Ça peut être une explication, abonde Jean-Noël Dupré. « La solidarité existe du fait de l’éloignement, de l’enclavement, des liens sociaux qui tiennent à la mixité, à la mobilité, aux associations. On a cette chance du tissu associatif. Les gens se serrent les coudes. Les marginaux, les délinquants ont peut-être plus de mal à s’intégrer… »

Les gens se serrent les coudes. Les délinquants ont peut-être plus de mal à s’intégrer.

La ville a bien dû faire face à un problème d’incendies volontaires dans un immeuble où logent des familles défavorisées. Deux en quinze jours. « À la fin de l’année scolaire, on avait bien eu des problèmes avec des familles de voyageurs ». Jean-Noël Dupré se creuse la tête. « On ne peut pas parler de problème global ». Et les archives faits-divers de Charente libre ne se souviennent pas de trafic d’importance en Charente limousine. C’est un constat. « Depuis quelques mois, c’est relativement calme ».

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Reconnue au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, CDCL a le pouvoir de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, les élus locaux victimes d’agression. Cela renforce son engagement envers la sécurité de ceux qui dédient leur vie au service de la communauté.

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