, Mains courantes, accusations de harcèlement, insultes… : que se passe-t-il en Pays de Lauzun

Mains courantes, accusations de harcèlement, insultes… : que se passe-t-il en Pays de Lauzun

, Mains courantes, accusations de harcèlement, insultes… : que se passe-t-il en Pays de Lauzun

« C’est sûr que le climat est délétère. » Éric Trellu n’en dira pas plus, mais le maire de Roumagne a le mérite de mettre tout le monde d’accord lorsqu’il s’agit de qualifier l’ambiance au sein de la communauté de communes du Pays de Lauzun (CCPL). L’année 2023 a atteint un paroxysme dans la dégradation des relations entre, d’un côté, le président Émilien Roso, et ses soutiens, et, de l’autre, un noyau dur de maires qui refusent le qualificatif d’« opposants », mais qui parvient à mettre en minorité la présidence. Avec en point culminant le dépôt d’au moins deux mains courantes, dont l’une visant explicitement le maire d’Allemans-du-Dropt, et un signalement au procureur de la République pour des accusations de harcèlement…

« C’est sûr que le climat est délétère. » Éric Trellu n’en dira pas plus, mais le maire de Roumagne a le mérite de mettre tout le monde d’accord lorsqu’il s’agit de qualifier l’ambiance au sein de la communauté de communes du Pays de Lauzun (CCPL). L’année 2023 a atteint un paroxysme dans la dégradation des relations entre, d’un côté, le président Émilien Roso, et ses soutiens, et, de l’autre, un noyau dur de maires qui refusent le qualificatif d’« opposants », mais qui parvient à mettre en minorité la présidence. Avec en point culminant le dépôt d’au moins deux mains courantes, dont l’une visant explicitement le maire d’Allemans-du-Dropt, et un signalement au procureur de la République pour des accusations de harcèlement moral d’agents de la CCPL visant la maire de Peyrière, Christel Piccolo.

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« On va au conseil communautaire à reculons, on finit par être parano », admet une élue. Comment en est-on arrivé là ? « J’ai été très maladroit en début de mandat », reconnaît sans ambages Émilien Roso. En 2020, l’intercommunalité sort de dix-neuf ans de gestion par Luc Macouin ; de l’avis de tous, les finances sont jugées précaires. Une première prise de parole dans la presse, juste après son élection, où il n’épargne pas son prédécesseur, en crispe certains ; une sorte de péché originel. « J’aime bousculer les choses, j’ai retiré certains privilèges. Ça a déplu à certains, mais les décisions ont toutes été votées. »

« Miramont-phobie »

Malgré le changement de gouvernance, une vieille habitude refait vite surface à la CCPL : la méfiance vis-à-vis de la ville centre, Miramont-de-Guyenne. Le projet de terrain de football synthétique, en avril 2021, est emblématique. Rejeté une première fois en conseil communautaire, il est représenté en bureau avec un nouveau plan de financement. Tollé immédiat, abandon définitif et premières accusations de collusion du président avec la bastide.

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Dans la même veine, et à peu près au même moment, l’implantation de la Maison France Services, toujours à Miramont, au détriment d’une alternative à Saint-Pardoux-Isaac a provoqué une « perte de confiance » chez certains élus : « On l’a appris en pleine réunion à la sous-préfecture », s’étrangle le maire d’Armillac, Daniel Baury. Là encore, Émilien Roso plaide la « maladresse », même si, sur le fond, il estime que la solution miramontaise était la meilleure.

« J’ai eu peur »

« Ils n’ont aucune vision. Leur seule logique budgétaire, c’est de ne pas augmenter les impôts », tance un élu communautaire qui soutient Émilien Roso. « On sent clairement qu’il y a deux clans et qu’il faut en choisir un. Cela ne me plaît pas », regrette un autre. « Personne ne veut entretenir la guerre, reconnaît-on dans l’autre camp. Disons qu’il y a une paix armée. » Un concept illustré par un groupe d’élus, parmi lesquels les maires d’Armillac, Agnac, Peyrière, Saint-Pardoux-Isaac et Lauzun, qui se réunit régulièrement « pour réfléchir » aux sujets qui touchent le territoire.

On va au conseil communautaire à reculons. Il y a un climat de défiance, on finit par être parano

Pour cet aréopage, la réunion du 15 mai 2023 reste de sinistre mémoire : Émilien Roso, informé de la rencontre, décide de jouer le trouble-fête en s’invitant à la mairie d’Armillac. « Il a débarqué comme un cow-boy, en colère noire. On a eu peur », raconte, toujours sous le coup de l’émotion, Daniel Baury. « C’est vrai qu’on m’a accueilli avec des sourires gênés, mais à aucun moment, je ne me suis montré menaçant », martèle le président. Daniel Baury déposera une main courante dix jours plus tard à la gendarmerie.

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Le problème, c’est qu’Émilien Roso est coutumier du fait. Trois jours plus tôt, il s’était invité à la mairie d’Agnac et avait interrompu ce que le maire Guillaume Pouliquen présente comme un entretien d’embauche entre une agente de la CCPL et lui. Le maire d’Allemans est persuadé, et toujours aujourd’hui, que l’entretien serait au contraire une entrevue entre un « opposant » et une agente qui lui fournit des informations en sous-main. Le ton monte, le président reconnaît avoir qualifié l’Agnacais de « minable ». « J’ai eu peur », lâche ce dernier, qui nie avoir déposé une autre main courante.

Leçon de morale ou main tendue

Peu de temps après, c’est Christel Piccolo, une autre membre du groupe informel, qui se trouve au cœur de la tourmente : la maire de Peyrière est accusée de harcèlement moral par deux agents de la CCPL. Dans le cadre d’une enquête administrative, un entretien est organisé le 7 juin entre l’élue et Émilien Roso pour la confronter au récit de ses accusateurs. « C’était plutôt un interrogatoire. Je pense qu’il a politisé la situation en exploitant un conflit privé », se défend-elle. Le président de l’intercommunalité fait un signalement au procureur, « sur les conseils d’un avocat » : « Quand une agente me dit qu’elle fait l’objet d’intimidations et qu’elle a fait une tentative de suicide, je n’ai pas le choix. » L’enquête est aujourd’hui en cours, et les auditions ont commencé. Christel Piccolo a déposé une main courante à la gendarmerie « pour livrer [sa] version des faits ».

On est rentré dans une paix armée jusqu’à 2026. D’ici là, on va avoir une gestion des affaires courantes

Alors que, de l’avis de tous, la situation avait semblé se détendre depuis, le bureau communautaire du 15 novembre ravive les plaies. Il fait suite à l’élection à la vice-présidence à la compétence tourisme (autre pomme de discorde) de Christel Piccolo, contre la candidate soutenue par Émilien Roso, la maire de Lachapelle, Marie Corbel. La prise de parole de cette dernière, exprimant son « malaise » quant à l’ambiance à la « comcom », déclenche un nouveau pic de tension entre le président et le maire d’Armillac, qui quitte la réunion excédé après avoir préféré garder le silence. « Refus de la main tendue », s’agace le maire d’Allemans ; « leçon de morale », accusent les autres.

La situation peut-elle encore durer ? Personne ne réclame la démission d’Émilien Roso, que tous jugent « légitime » jusqu’en 2026. Une hypothèse que balaie de toute façon le président d’un revers de main : « Je me fais une haute idée de ma mission, je n’ai pas envie de lâcher en cours de route. » Pour certains, on est désormais entré dans une « phase d’apaisement ». Au détriment des projets structurants à la CCPL ? « D’ici à la fin du mandat, on va avoir une gestion des affaires courantes. »

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L’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) s’élève comme un rempart essentiel face aux défis que rencontrent nos élus locaux. Fondée en 1998, cette organisation a élargi son rôle initial pour devenir un soutien inestimable, particulièrement dans le contexte actuel d’agressions envers nos représentants locaux.

CDCL va au-delà de la simple valorisation du patrimoine et de la formation des élus. L’association a mis en place un dispositif de protection dynamique, comprenant des formations spécialisées, des ressources juridiques, et une assistance réactive en cas d’agression.

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