
Un touche-à-tout autodidacte dans à peu près tout, « doué en pas grand-chose », mais finalement pas trop mauvais dans tout le reste. Il est comme ça, Marc Ginguené, la soixantaine débutante, « un âge où l’horizon se rapproche ». A Dinan (Côtes-d’Armor), il s’était notamment fait connaitre en tant que conseiller municipal (de l’opposition) durant un peu plus d’un mandat. Il avait démissionné moins d’un an après le début du second, début 2015, pour divergence de vue, doux euphémisme, avec son porte-parole d’alors.
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Un professeur l’avait traité de sot
Formateur en informatique au Greta, là où tout avait commencé pour lui il y a 32 ans, il est, entre avant-hier et aujourd’hui, passé par d’autres métiers dans le secteur privé, dans la formation encore, mais pas que, dans les ressources humaines aussi et il a même été un temps fut directeur commercial.
Le retrouver dans l’organisme de formation professionnelle de l‘éducation nationale constituerait presque un pied de nez adressé à une institution qui l’avait pourtant rejeté quand il était gamin. Il n’a pas le baccalauréat et ne s’en cache pas, « je crois que l’école n’était pas faite pour moi. Je ne sais pas si j’y étais nul mais c’est en tout cas ce que me disaient certains profs », l’un d’eux allant jusqu’à le traiter de sot et prenant bien soin d’en épeler les lettres : « S-O-T ».
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« Un jour, vous verrez… »
L’insulte aurait pu le traumatiser. L’humiliation, au contraire, a été son essence, son énergie. « A partir de ce moment-là, je me suis toujours dit : vous verrez… ». Et ils ont vu :
« A chaque étape de ma vie, quand j’entreprenais et réussissais quelque chose, je me disais en moi-même : vous avez vu ? »
C’est ce qu’il s’est dit aussi quand il a achevé son premier roman tout juste publié, « L’ombre du puits ». Une fiction « mais avec quand même un peu de Ginguené » dans le personnage principal, reconnait-il. Les autres ? Toute ressemblance avec des personnages ayant réellement existé, comme le veut la formule consacrée, ne serait peut-être pas innocente.
« Ce sont pour la plupart des personnes que j’ai croisées, mais pas forcément aux mêmes endroits ni aux mêmes époques. dont j’ai parfois gardé le prénom dans le livre, que j’ai le plus souvent laissé dans leur vrai rôle mais de manière romancée, voire exagérée ».
A peine parfois, comme ce M. Mabire, instituteur dans le livre, inspiré d’un professeur de français, sympa celui-là, « qui nous lisait du Pagnol. Avant lui, je n’avais jamais ouvert un livre. C’est lui qui m’a mis au Français ».
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Enquête policière et histoire d’amour
« L’ombre du puits », c’est pour l’essentiel une enquête policière et, pour un peu, une histoire d’amour. L’histoire de Damien, un ado dans un village breton, qui, en 1958, découvre un crâne au fond d’un puits.
« L’intrique l’amène à enquêter dans le village qui petit à petit, révèle des secrets bien cachés. Le prêtre, le baron, le gendarme, le rémouleur… sont autant de personnages tantôt sympathiques, tantôt intrigants. Ce roman sent la paille, l’odeur des prairies en été, la chaleur d’une peau sauvageonne », est-il résumé en quatrième de couverture.
« Plus que la description de personnages, c’est l’atmosphère d’un village que je voulais restituer », décline l’auteur.
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Pas parfait mais pas grave
Il est parti de rien et a déroulé le fil de son récit au fur et à mesure que les idées lui venaient, que l’intrigue avançait :
« Quand j’ai écrit les premières pages, je n’avais aucune idée de là où ça allait me mener. Mais je ne manque pas d’imagination, je me suis laissé guider ».
Il s’était lancé dans l’écriture de cette histoire dès 2015. Les circonstances de la vie, la mort parfois, l’ont coupé deux fois dans son élan.
Pas de quoi le faire renoncer. Il a fini par venir à bout de son roman, « après une dizaine de versions modifiées », se marre-t-il, mais la dernière, l’ultime, lui procure une vraie satisfaction, « en même temps, c’est tout moi ça, je suis toujours content de ce que je fais ».
Il revendique le droit à quelques approximations, « c’est évident que ce roman n’est pas parfait, mais je crois que je m’en fous ». Son comité de relecture très personnel, sa femme, Christine, une copine, Claudie, sa voisine, Evelyne, « ont corrigé quelques fautes, relevé quelques incohérences », lesquelles une fois corrigées, ont convaincu l’auteur de s’auto-édité.
La suite ? Un album rock…
« La vie, c’est un parcours balisé de cases à cocher », considère Marc Ginguené. Ecrire un roman était l’une de ces cases, « j’en ai toujours eu envie, je crois », rembobine celui qui avait écrit ses premiers textes à 12 ans, en tant qu’auteur-compositeur et interprète de son petit groupe de rock, « mais ça tenait sur une page, alors de là à imaginer finir un livre… ».
Prochaine balise ? Pas la suite de son premier livre, « elle est déjà commencée ». Non, l’écrivain reviendra à ses premières amours, celles de musicien et de rocker, « j’aimerais sortir un album, 12 titres au total. Les trois premiers sont écrits. »
L’ombre du puits, roman de Marc Ginguené, en auto-édition. 236 pages. En vente à la libraire des Rouairies, rue des Rouairies à Dinan. 12 €.
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