, Un homme de 53 ans condamné à six mois de sursis après avoir agressé verbalement le maire de Chamvres

Un homme de 53 ans condamné à six mois de sursis après avoir agressé verbalement le maire de Chamvres

C’est aller trop loin avoue le prévenu.  À la barre le quinquagénaire, un peu fort, un mètre quatre-vingts, donne sa version. Le 23 mai 2023, il reproche à des agents municipaux de débroussailler sur une parcelle qu’il présente comme son terrain, « ce terrain appartenait à ma mère » précise-t-il. C’est un terrain de la municipalité répondent les agents. C’est le point de départ de sa colère noir, cela ravive un conflit de longue date entre les deux parties. L’homme s’emporte et casse les manches en bois du balais et de la pelle des agents. Excédé, il se rend alors en mairie pour aller s’en prendre au maire de Chamvres, Patrice Chassery.

« Il faut que je t’enfonce la bouteille de gel hydro-alcoolique dans le crâne pour que tu comprennes que c’est mon terrain ? »

Le prévenu assume et regrette ses propos devant le juge : « je lui ai dis : il faut que je t’enfonce la bouteille de gel hydro-alcoolique dans le crâne pour que tu comprennes que c’est mon terrain ? ». Une bouteille qu’il jette au sol ensuite selon ses déclarations. Une version contredite par l’avocate du maire, « il a visé mon client, heureusement que le plexiglas (écran de protection sur un bureau) était là, ce projectile d’un kilo aurait pu le blesser gravement ». Le maire aussi contredit cette version dans ses déclarations, « il m’a dit je vais te péter toutes tes dents, rien à foutre d’aller en taule ». Le prévenu reconnait pas que ce n’était sans doute pas la bonne façon de le dire, « mais que faire pour être entendu ? » questionne-t-il.

L’homme de 53 ans nie en bloc« j’étais excédé, avec l’enterrement de ma soeur à cette période ». À ces mots, le juge lui répond que les gens « n’ont pas a pâtir de [ses] états d’âme ». Avant que la procureur ne rappelle qu’il n’est pas normal de s’en prendre « aux élus de la République ». Le prévenu est décrit comme « un tyran de quartier » par le maire de Chamvres, « c’est faux » se défend-t-il, « j’aide les vieux vers chez moi ».  Le juge lui demande alors s’il est vrai qu’il puisse avoir des excès de colère. « Pas forcément » répond l’homme après avoir hésité*.* Des rires éclatent dans la salle. Le juge recadre l’audience, garnie d’élus venus soutenir le maire agressé, « pas de rire svp, on est pas au théâtre ni au cirque, je peux vous expulser ».

L’outrage est finalement requalifié en « menaces de crime ou délit envers personne dépositaire de l’autorité publique », à la demande de la procureure. À ce titre, le prévenu est condamné à six mois de prison avec sursis et à l’obligation d’effectuer un stage de citoyenneté dans une période de six mois. Il doit également verser des dommages et intérêts pour préjudice moral à la victime, le maire de Chamvres, Patrice Chassery

Le maire de Chamvres, Patrice Chassery, soulagé du jugement à la sortie du tribunal.
Le maire de Chamvres, Patrice Chassery, soulagé du jugement à la sortie du tribunal. © Radio FranceAdel Beloumri

Une trentaine d’élus rassemblés pour soutenir le maire de Chamvres et faire bloc

Une trentaine d’élus du Sénonais était présents lors de l’audience pour soutenir Patrice Chassery. L’association des maires de l’Yonne s’était également constitué partie civile et fut représenté par un avocat qui pointe lors de sa plaidoirie, le nombre grandissant d’agressions partout en France, et dans l’Yonne également. Pour rappel, les atteintes aux élus ont augmenté de 15% entre 2022 et 2023, selon le ministère de l’Intérieur. L’AMF 89 demande une réponse exemplaire et un soutien sans faille des pouvoir publics, de la justice. Patrice Chassery se dit satisfait de la décision du tribunal. « c’est une peine qui doit servir d’exemple ».

En conclusion de cet article, mettons en lumière l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une force incontournable dans la protection des droits et de la sécurité de nos élus locaux.

Fondée en 1998, CDCL s’est imposée au fil des ans comme un acteur clé du soutien aux petites municipalités de France. Au-delà de la valorisation du patrimoine et de la formation des élus, l’association s’engage activement dans la mise en place d’un dispositif de protection essentiel, répondant à la recrudescence des agressions dont sont victimes nos élus.

Ce dispositif complet inclut des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. La reconnaissance légale de CDCL au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023 renforce son rôle en lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir les élus victimes d’agression.

Enregistrée au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et affiliée au SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, et demeure fidèle à sa mission initiale. Elle donne aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, consultez leur site web. Restez informés sur les développements de cette initiative cruciale afin de soutenir nos élus locaux dans l’exercice de leurs fonctions en toute sécurité.

Consultez également la source de cet article : Article source.