La décision est tombée ce vendredi 18 septembre, peu après 14 h, au pôle criminel du tribunal judiciaire de Brest. À 28 ans, Quentin Le Gaillard, maire divers droite de Concarneau, a été mis en examen pour viol et agression sexuelle, avant d’être placé sous un contrôle judiciaire strict assorti d’une interdiction d’entrer en contact avec la victime. La mesure survient au lendemain d’une seconde garde à vue. Dans la troisième ville du Finistère, cette annonce a rapidement cédé le pas à une question dans le débat public : fragilisé par cette procédure, le maire peut-il sereinement continuer à diriger la ville ?
« À partir du moment où on est mis en examen, on se met en retrait. Sinon, on ne donne pas un bon exemple », réagissait une Concarnoise sur le marché, ce vendredi matin. « Je pense qu’il est plus raisonnable qu’il s’éloigne des affaires courantes, afin que le climat s’apaise. Il faut que la troisième ville du département soit gérée sereinement. Or, l’affaire parasite tout », indique une autre.
Un climat déjà très tendu depuis août
L’affaire avait explosé le 31 juillet, suscitant déjà de nombreuses interrogations de la part des Concarnois. Dès le 2 août, le groupe d’opposition Concarneau Citoyenne et Participative (CCP) avait réclamé sa mise en retrait « le temps que la justice fasse son travail », contestant, notamment, l’usage des canaux de communication de la mairie pour publier sa défense. Dès la mi-août, au plus fort de la saison estivale, la présence du maire s’était faite plus rare lors d’événements publics. L’élu avait, en effet, préféré parfois s’effacer lors de cérémonies (notamment des Filets Bleus) afin d’éviter d’éventuelles manifestations d’hostilité. Mais le malaise avait fini par éclater au grand jour, le 5 septembre, à l’occasion du Forum des associations. Lors de sa prise de parole, une dizaine d’opposants lui avaient symboliquement tourné le dos en affichant des slogans contre les violences sexistes et sexuelles.
La gouvernance de la ville et de l’agglo en question
Outre son fauteuil de maire, Quentin Le Gaillard occupait le poste de premier vice-président de Concarneau Cornouaille Agglomération, chargé du tourisme et de la maritimité. Des délégations que vient de lui retirer Olivier Bellec, le président de CCA. « Une mise en examen (…) doit être prise avec toute la gravité nécessaire, en ayant conscience du contexte particulier de pouvoir ou d’autorité qui s’y ajoute », explique-t-il, ce jour.
Alors que le dernier conseil a été reporté, autour du maire, sa majorité fait bloc : « L’équipe municipale reste soudée. On continue de travailler pour les Concarnois », confie l’un d’eux, avant d’ajouter : « C’est important que la femme soit entendue et que la justice fasse son travail ». En dépit de nos sollicitations, aucun des trois adjoints, Claude Guillou, Sophie Hélias et Patrick Lamour, qui pilotent la ville en l’absence du maire, n’a souhaité faire de commentaire.
Ce vendredi soir, à gauche, l’heure est au strict suivi de la procédure également : « On prend acte de la décision de justice, sans autre commentaire pour le moment », indique simplement un membre du groupe CCP.
Ce vendredi, en soirée, le maire n’avait pas non plus répondu à nos sollicitations. Pour rappel, à ce stade de la procédure, Quentin Le Gaillard, qui nie les faits, demeure présumé innocent.
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