Taverny. Polémique : l’opposition a boycotté le dernier conseil municipal

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Six chaises vides. Les six conseillers municipaux du groupe d’opposition (divers gauche) Changeons d’Ère à Taverny étaient absents lors du dernier conseil municipal, mardi 14 septembre à la salle des fêtes de Taverny (Val-d’Oise).

« Insulte »

Ils affirment avoir voulu marquer le coup après l’ « insulte » prononcée à leur endroit par une adjointe au maire, lors du précédent conseil municipal, le 23 juin. 

« Vous êtes la honte du genre humain messieurs dames. C’est monstrueux votre façon d’être », leur avait lancé Véronique Carré

« Cela s’appelle de l’insulte », avait réagi Catherine Thoreau, élue d’opposition, visiblement choquée. 

« Oui, c’est de l’insulte, avait ajouté Véronique Carré, parce que vous insultez les médecins. »

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« La honte du genre humain »

« Non, à aucun moment, on n’a insulté qui que ce soit », avait rétorqué Catherine Thoreau.

« On a hué un projet », avait précisé sa collègue, Bilinda Meziani.

Qu’est ce qui a pu provoquer un tel échange ?

Retour sur ce conseil municipal du 23 juin dernier, où le sujet du pôle médical de Taverny était revenu dans le débat.

Une cérémonie huée

Le 10 juillet 2019, jour d’inauguration du pôle médical dans le quartier Verdun – La Plaine, un groupe de manifestants, dans lequel se trouvaient des opposants aujourd’hui élus du groupe Changeons d’Ère, avait hué la cérémonie, à laquelle était invitée Valérie Pécresse, la présidente du Conseil régional d’Île-de-France.

Florence Portelli, maire (Libres !) de Taverny, vice-présidente du Conseil régional d’Île-de-France et de l’agglomération Val Parisis, a expliqué, répondant à Alexandre Simonnot qui l’interpellait sur l’absence du groupe d’opposition, avoir eu « honte d’avoir une minorité qui a hué, sifflé des médecins ».

Thomas Cottinet, conseiller municipal, président (Eelv) du groupe d’opposition et conseiller communautaire, répète pour sa part qu’il ne s’agissait pas « d’insulter les médecins comme on nous en accuse » mais de s’opposer au projet de financer par l’argent public la construction d’un équipement médical privé.

Cette insulte, « c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase », explique Thomas Cottinet, qui regrette la politique de la chaise vide mais assume : « j’espère que ça n’apparaitra pas comme de la chamaillerie. On se retrouve embarqués dans une campagne permanente, le conseil municipal est devenu une arène au climat délétère. Quand on pose des questions, on nous dénigre, on est traités d’incompétents, de lâches ou de menteurs. Il y a un rappel au règlement à chaque fois pour nous et jamais pour les élus de la majorité, même quand ils prononcent des énormités, comme cette injure. D’habitude, on fait le job, on vient, alors que nous sommes des élus bénévoles, mais là, il fallait interrompre le cycle, ça a été trop loin. J’espère que les choses vont dans l’avenir se normaliser et s’apaiser ».

En mairie de Taverny, on voit cette absence comme « une grosse manœuvre, un coup politique pour faire diversion ». 

« La ficelle est un peu grosse », réagit Loïc Drouin, le directeur de cabinet de la maire de Taverny. 

« Ils réagissent aujourd’hui à un conseil municipal qui a eu lieu en juin, c’est très étonnant comme procédé. » 

Selon le bras droit de Florence Portelli, la vérité serait que l’opposition « ne travaille pas ses dossiers. Ce conseil était très important avec cinquante points à l’ordre du jour, comme la création de Maison France services, la Maison sport santé, la prime de fin d’année aux agents communaux qu’on a réussi à sauver ».

« L’agressivité est de leur côté »

L’opposition assure pourtant travailler, mais affirme se faire rembarrer à chaque fois. S’il admet que « les termes » tenus par l’adjointe au maire lors du conseil du 23 juin « sont violents », Loïc Drouin souligne qu’ils « s’inscrivent dans un contexte ». Un contexte que dénonce l’opposition.

Du côté de la majorité, on renvoit la responsabilité de cette sale ambiance à l’opposition. « Qu’ils commencent par respecter la maire de la commune. La polémique et l’agressivité sont de leur côté », assure Loïc Drouin. L’opposition dit l’inverse.

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