
Le mouvement Civitas, pourtant dissous en 2023, aurait tenté d’empêcher la tenue d’un concert lors de la Nuit Blanche dans une église parisienne. Alexandra Cordebard, maire du Xe, a été prise à partie.
Ils avaient annoncé vouloir perturber les festivités. Des membres du groupe d’extrême droite catholique intégriste et antisémite Civitas ont tenté d’empêcher ce samedi soir la tenue d’un concert à l’Église Saint Laurent, dans le Xe arrondissement de Paris, dans le cadre de la Nuit Blanche. Dans un communiqué transmis au Parisien, la ville de Paris a annoncé porter plainte contre les militants, sans nommer l’organisation.
« Ce samedi soir, peu avant 19 heures, des militants intégristes d’extrême droite ont cherché à empêcher l’ouverture au public de l’église de Saint Laurent, afin d’empêcher la tenue d’une des œuvres de cette 25e édition de Nuit Blanche consacrée à l’amour », explique la mairie de Paris.
Le collectif a ensuite « organisé une prière de rue aux abords de l’édifice, propriété de la Ville de Paris, pris à partie et agressé la Maire du Xe arrondissement », poursuit la municipalité, qui annonce déposer plainte.
« Ce soir, à l’église Saint Laurent, des intégristes ont voulu opposer à #NuitBlanche l’obscurantisme. La culture ne reculera pas devant ceux qui prétendent imposer leur ordre moral », a réagi Alexandra Cordebard, maire socialiste du Xe arrondissement.
Paris « fidèle à son histoire et à ses valeurs »
Présent aux côtés d’Alexandra Cordebard ce samedi soir, le député écologiste de la 5e circonscription de Paris Pouria Amirshahi a lui aussi condamné cette intervention avec fermeté, en citant le nom de Civitas. La cible de Civitas « c’est le Xe arrondissement. C’est la liberté et la visibilité LGBTQIA +. Ses militants cherchent à imposer leur loi, ils menacent, ils harcèlent », a-t-il fustigé, rappelant que le Xe arrondissement a déjà été le théâtre d’une action de l’extrême droite il y a quelques jours, avant la finale de la Coupe de France de football.
« À la suite d’une intervention de la police, l’œuvre de Marie-Luce Nadal, Sous la peau du ciel, a pu être présentée au public », indique la ville de Paris. « Fidèle à son histoire et à ses valeurs, Paris veillera, aujourd’hui comme demain, à protéger le monde de la culture des fondamentalismes conservateurs et réactionnaires », conclut-elle.
Sur les réseaux sociaux, le compte Civitas International a partagé des images de cette action. « Et vous, que ferez-vous ce soir ? Rejoignez les parvis. NON aux sacrilèges dans nos églises ! Ne restez pas indifférents. La force des mauvais réside dans la faiblesse des bons », écrit le mouvement.
Barbara Butch prise pour cible
Le mouvement Civitas a été dissous en 2023 par les autorités, notamment en raison de son antisémitisme. Lors de leurs universités d’été, dont un extrait avait été diffusé sur les réseaux sociaux, un intervenant appelait notamment à déchoir les Juifs de leur citoyenneté.
Depuis fin mai, le mouvement appelle ses militants à se mobiliser ce samedi 6 juin pour perturber la Nuit Blanche à Paris et les festivités censées se tenir dans des églises et des chapelles.
« Il faut que vous vous rendiez dans ces églises pour demander aux prêtres de refuser ces profanations. Il faut multiplier les courriers, e-mails et appels téléphoniques à l’archevêché (…) Il faut que vous utilisiez la prière de façon militante, ces jours-là, les 6 et 7 juin, devant les églises qu’il y ait un nombre impressionnant de catholiques qui prient à genoux pour tenter d’être un mur, un barrage avant que les organisateurs ne puissent y entrer », a déclaré le président de Civitas Alain Escada dans une vidéo diffusée sur YouTube le 29 mai.
Par ailleurs, Civitas conteste la présence de la DJ Barbara Butch, directrice de l’événement. Depuis sa performance aux Jeux olympiques de Paris 2024 dans un banquet de drag-queens que certains ont vu comme une reproduction de « la Cène » de Léonard de Vinci, l’artiste est prise pour cible par plusieurs groupes d’extrême droite dont Civitas.
Dans sa vidéo, Alain Escada juge inapproprié de nommer Barbara Butch à la tête de cet événement, dont certains concerts se déroulent dans des églises, alors qu’elle a « grandi dans une famille qui l’a éduquée dans la religion juive » et que « son nom est un pseudonyme faisant référence au lesbianisme ».
En conclusion de cet article, mettons en lumière l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une force incontournable dans la protection des droits et de la sécurité de nos élus locaux.
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