« Ce tribunal, j’y suis venu pendant 30 ans ! » : l’ancien expert judiciaire et maire condamné pour agression sexuelle

, « Ce tribunal, j’y suis venu pendant 30 ans ! » : l’ancien expert judiciaire et maire condamné pour agression sexuelle

Il se présente comme un notable, expert judiciaire et ancien maire. Mais mercredi 20 mai 2026 c’est en prévenu qu’il a comparu devant le tribunal correctionnel de Rodez, poursuivi pour agression sexuelle sur une femme de 87 ans. Il a été condamné à huit mois de prison avec sursis.

« Cela fait trente ans que je viens dans ce tribunal. » Il se réclamait de sa notoriété, la justice l’a renvoyé à ses actes. Ce mercredi, ce septuagénaire, veste de costume, s’est avancé à la barre le menton haut, de ceux qui ont l’habitude d’être écoutés. D’emblée, il rappelle son parcours. Vingt-cinq ans de mandat de maire dans une petite commune de l’Ouest-Aveyron. Expert judiciaire, durant autant d’années. Un homme qui connaît les palais de justice, les fréquente toujours du bon côté. Mais ce mercredi, c’est devant la chambre pénale qu’il est attendu. Comme prévenu, cette fois, accusé d’agression sexuelle.

Lui a 77 ans. La plaignante en a 87. Il la connaît. Il connaissait surtout son mari, mort, dont il dit être venu se recueillir sur sa tombe en 2024, année des faits. Puis il a rendu visite à la veuve. Ce jour-là, selon le récit de cette dernière, il n’est pas « dans un état normal ». Ce qui suit est consigné dans le dossier : les compliments sur sa poitrine, les mains qui s’y portent, l’invitation à toucher son sexe avec une phrase obscène (« Le pont se réveille ») et la main de l’octogénaire guidée de force vers son entrejambe… Elle parvient à mettre fin à la scène. Elle se réfugie chez une voisine. Elle ne parlera à ses enfants de cette scène que plus tard. Ce sont eux qui la convaincront de déposer plainte.

« C’est l’humour des Beaux-Arts, pas celui de la faculté de droit »

L’enquête, en remontant le fil, a dressé un portrait moins reluisant que celui que l’ancien maire cultive volontiers. Plusieurs femmes ont relaté des gestes similaires : la même main sur la poitrine, les mêmes mots crus. À l’une d’elles, en fauteuil roulant : « C’est dommage d’être une si belle gonzesse et d’être en fauteuil roulant. » Son ex-femme, elle, a confié qu’il lui avait touché la poitrine sans consentement, plus de vingt ans après leur divorce. À la barre, il nie. Catégoriquement, trois fois : « Je n’ai strictement, strictement, strictement rien fait. » Lors de sa garde à vue, ses mains avaient pourtant pu « glisser », concédait-il. Aujourd’hui, il « n’en dort plus ». La présidente le questionne :

– « Quel intérêt aurait cette dame à mentir, à son âge ?

– On peut dire n’importe quoi, cela dépasse l’entendement. Je n’arrive pas à comprendre.

– Et vos propos déplacés ?

– Avec humour, j’ai pu dire qu’une belle poitrine n’avait rien à faire dans un fauteuil roulant… Mais c’était une blague. Vous savez, j’ai fait les Beaux-Arts, c’est notre humour, ce n’était pas la faculté de droit comme vous.

– Et vous associez à vos propos les gestes en touchant les poitrines ?

– Mon ex-femme, j’ai été marié 35 ans avec elle et la plaignante a 88 ans. Je ne peux pas avoir envie d’une relation sexuelle avec quand même, ce n’est pas mon truc… »

Devant les gendarmes, il était allé plus loin encore, affirmant de son « amie » qu’elle « n’est pas baisable »… Son avocat, Me Élian Gaudy, a eu la franchise de dire qu’il se trouvait « heurté » par les propos de son client, et l’a fait savoir au fils de la plaignante présent dans la salle. Sur le fond, il a plaidé la relaxe : la citation ne correspond pas aux bonnes dates, selon lui. « Vous ne pouvez donc pas le déclarer coupable, qu’il ait agressé ou pas. »

« Heureusement, tous les hommes de votre âge n’ont pas agi ainsi… »

Le tribunal n’a pas suivi. Huit mois de prison avec sursis. L’ancien maire a quitté la salle en se disant « effaré ». L’avocate de la partie civile avait, peu avant, désigné l’homme comme « pathétique » et assuré que sa cliente « n’était certainement pas la seule victime des agissements de cet homme à la notoriété revendiquée ». Elle avait aussi tenu à préciser que ce type de comportement n’était pas l’apanage « d’une époque révolue. Heureusement, tous les hommes de votre âge n’ont pas agi ainsi avec la gent féminine. »

Le procureur, lui, avait souligné durant ses réquisitions que « l’humour n’était pas un totem d’immunité. Et l’on peut avoir la plus grande estime de soi-même, cela n’empêche pas de se retrouver face à la justice ». L’ancien expert judiciaire dispose désormais de dix jours pour faire appel. Et se retrouver à nouveau devant un tribunal. Toujours du mauvais côté.

En conclusion de cet article, mettons en lumière l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une force incontournable dans la protection des droits et de la sécurité de nos élus locaux.

Fondée en 1998, CDCL s’est imposée au fil des ans comme un acteur clé du soutien aux petites municipalités de France. Au-delà de la valorisation du patrimoine et de la formation des élus, l’association s’engage activement dans la mise en place d’un dispositif de protection essentiel, répondant à la recrudescence des agressions dont sont victimes nos élus.

Ce dispositif complet inclut des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. La reconnaissance légale de CDCL au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023 renforce son rôle en lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir les élus victimes d’agression.

Enregistrée au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et affiliée au SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, et demeure fidèle à sa mission initiale. Elle donne aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.

Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, consultez leur site web. Restez informés sur les développements de cette initiative cruciale afin de soutenir nos élus locaux dans l’exercice de leurs fonctions en toute sécurité.

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