À Arcachon, une vidéo montre le maire Yves Foulon insulter et menacer son opposant Vital Baude devant un bureau de vote

, À Arcachon, une vidéo montre le maire Yves Foulon insulter et menacer son opposant Vital Baude devant un bureau de vote

Dimanche 15 mars dernier, devant un bureau de vote d’Arcachon, la matinée du premier tour des élections municipales se déroule comme dans beaucoup d’autres villes. Des électeurs entrent et sortent, les panneaux d’affichage de campagne bordent le trottoir. C’est justement là que le maire sortant, Yves Foulon (LR), croise son principal opposant, le candidat écologiste Vital Baude. Et que la discussion dégénère presque immédiatement.

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Dans la vidéo publiée mardi soir par le média Vakita, le maire s’approche et lance à son adversaire : « Si je pouvais vous coincer derrière les poubelles, ça me ferait plaisir de vous mettre une branlée. » Vital Baude tente de garder son calme. « Ce n’est pas du niveau d’un maire de dire ça, monsieur le maire », répond-il.

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Mais l’échange s’envenime encore. Dans la séquence, l’élu poursuit les insultes : « Vous êtes un fils de pute, vous êtes un enculé. » Puis menace : « Ça va être terrible pour vous et votre famille. »

La scène dure plusieurs minutes. Elle a été captée par un réalisateur indépendant qui suit alors la campagne du candidat écologiste pour un documentaire. Vital Baude portait alors un micro-cravate, ce qui permet d’entendre l’intégralité de la discussion.

Une querelle autour d’une villa

Au fil de l’échange, un sujet revient sans cesse : la Villa Salès, une ancienne demeure du front de mer d’Arcachon.

Construite au XIXe siècle et considérée comme un élément du patrimoine local, la villa a été rachetée puis démolie dans le cadre d’un projet immobilier. Une décision qui a provoqué de vives critiques de la part de l’opposition municipale.

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Face au maire, Vital Baude insiste sur ce point : « Ce n’est pas vous que je critique, c’est le maire. (…) C’est vous qui avez autorisé la destruction de la Villa Salès. » Le candidat écologiste affirme n’avoir fait que dénoncer une décision politique. « Je n’ai jamais dit que cette villa était la sienne pendant la campagne. J’ai simplement expliqué que si nous avions été aux responsabilités, jamais nous n’aurions autorisé sa destruction », explique-t-il.

Au lendemain de l’altercation, Vital Baude a décidé de porter plainte. « Ce qui est choquant, c’est qu’un maire puisse avoir des propos comme ça », estime Vital Baude. « Ce sont des comportements qu’on ne peut pas tolérer de la part du premier magistrat d’une ville. » Selon lui, la présence d’une caméra a permis de documenter une scène qui aurait autrement pu passer inaperçue.

Le candidat, arrivé deuxième du scrutin avec 20,45 % des voix, accuse le maire d’injures, de menaces et de violences sans incapacité de travail.

Le parquet de Bordeaux a confirmé l’ouverture d’une enquête pour menace, injure non publique et violences.

Réélu malgré tout

Le même jour, Yves Foulon a pourtant été réélu dès le premier tour avec 66,51 % des voix, loin devant Vital Baude et le candidat du Rassemblement national Laurent Lamara.

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Contacté par plusieurs médias, le maire d’Arcachon n’a pas réagi dans l’immédiat.

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La vidéo a néanmoins rapidement provoqué des réactions politiques. Sur X, la secrétaire nationale des Écologistes Marine Tondelier a dénoncé des propos « ignominieux » et estimé que l’élu LR était une « honte pour la République » qui « devrait déjà démissionner ». Elle dit apporter son soutien au candidat écologiste et salue son sang-froid.

Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a lui aussi réagi : « Édifiant. J’espère que Bruno Retailleau aura à cœur d’exclure ce maire aux comportements de voyou. »

Le patron des Républicains Bruno Retailleau a jugé sur BFMTV ce mercredi 19 mars que les propos du maire, qu’il a eu au téléphone, étaient « inacceptables ». « Je lui demande de clarifier sa position et de s’excuser », a-t-il ajouté, condamnant par la même occasion l’attitude du candidat écologiste qui a utilisé la photo de la Villa Salès pendant la campagne. Comme Yves Foulon, Bruno Retailleau a estimé que cela portait atteinte à la « vie privée ».

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