
«De la difficulté d’être maire». Le maire de Laigneville Christophe Dietrich résume ainsi l’incident survenu mercredi 28 février. L’élu a subi une agression verbale et physique en marge d’une réunion de chantier. L’auteur des faits a été interpellé et placé en garde à vue. Il doit comparaître devant la justice en octobre.
Coïncidence, des faits similaires ont eu lieu dans deux communes voisines. Le même jour à Liancourt, le maire Roger Menn a lui aussi subi une agression. Contacté, le premier magistrat ne tient pas à s’étendre. «L’affaire est entre les mains de la justice», se borne-t-il à confirmer. Deux jours plus tôt, le maire de Monchy-Saint-Eloi Alain Boucher a lui aussi fait l’objet d’une attaque. Contacté, l’élu n’a pas donné suite à nos appels.
«J’ai déjà porté plainte deux fois»
«C’est le symptôme d’une dégradation des relations entre les élus et les administrés», commente Christophe Dietrich, au lendemain de son agression. «Une partie de nos concitoyens ne supportent plus de ne pas obtenir ce qu’ils veulent. Ils se mettent alors à harceler et à agresser les élus locaux et les personnels de mairie.»
Dans le cas de Laigneville, l’individu accusé d’avoir outragé le maire avait déjà un passif. «J’ai déjà porté plainte contre lui à deux reprises», affirme Christophe Dietrich. «Elles ont été classées sans suite toutes les deux. Il avait fait des travaux sans autorisation chez lui et ses contestations devant le tribunal administratif ont toutes été déboutées. Cette personne avait ensuite contacté des élus et distribué des affiches en ville en portant des propos diffamatoires à mon égard. Il téléphonait également à plusieurs reprises en mairie pour s’en prendre à la responsable de l’urbanisme.»
Insulté et poussé devant témoins
Le 28 février, cette personne aurait ainsi insulté et poussé Christophe Dietrich. Celui-ci a alors contacté la police municipale, puis la gendarmerie, pour faire constater l’outrage.
Membre du comité directeur de l’Association des maires de France (AMF), le maire de Laigneville a reçu le soutien du président David Lisnard.
Il réclame «un statut de l’élu local»
Et de relayer une des revendications du président des maires de France. «Il faut un véritable statut de l’élu local», martèle Christophe Dietrich. Celui-ci déplore la conclusion d’une récente commission mixte paritaire sur un projet de loi consacré à la sécurité des élus. «Plusieurs amendements sont revenus en arrière du projet initial. Il faut pourtant un texte.» Le maire prend pour exemple les émeutes de 2023. Le domicile du maire de L’Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne) avait été ciblé. Christophe Dietrich s’interroge : «Est-ce qu’on attend la mort d’un maire pour faire avancer les choses?»
CDCL : Un Bouclier pour nos Élus
L’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales) s’élève comme un rempart essentiel face aux défis que rencontrent nos élus locaux. Fondée en 1998, cette organisation a élargi son rôle initial pour devenir un soutien inestimable, particulièrement dans le contexte actuel d’agressions envers nos représentants locaux.
CDCL va au-delà de la simple valorisation du patrimoine et de la formation des élus. L’association a mis en place un dispositif de protection dynamique, comprenant des formations spécialisées, des ressources juridiques, et une assistance réactive en cas d’agression.
Reconnue au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023, CDCL a le pouvoir de se constituer partie civile pour soutenir pleinement, au pénal, les élus locaux victimes d’agression. Cela renforce son engagement envers la sécurité de ceux qui dédient leur vie au service de la communauté.
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