
« J’ai laissé dire, j’ai laissé faire, mais aujourd’hui, je le dis très clairement, ça suffit. » Les travaux de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public ont repris mardi 20 janvier 2026, et en ouverture, son président Jérémie Patrier-Leitus a déploré les insultes qu’il subit sur les réseaux sociaux.
« On a tout dit sur moi »
Le député Horizons de Lisieux/Falaise a lancé sa prise de parole avec quelques exemples : « Collabo fasciste », « suceur de nazis », « serpillière gauchiste », « ordure gauchiste », mais aussi des insultes antisémites.
« Nous sommes en France, en 2026, dans notre démocratie et voilà quelques infimes messages parmi le torrent interminable d’insultes dont je fais l’objet depuis quelques semaines. Voilà l’état lamentable de notre débat public alimenté par des groupuscules toujours très anonymes et donc toujours très courageux. Ces meutes tantôt d’extrême droite, tantôt d’extrême gauche qui viennent vous démolir, vous jeter en pâture, vous désigner à la vindicte publique. »
« Depuis quelques semaines, on a tout dit sur moi, regrette le député de la troisième circonscription du Calvados. Que j’étais corrompu, payé pour enterrer les preuves, protéger le système. Que je cherchais à bâillonner, à censurer. Que j’étais vendu à l’extrême droite, puis à l’extrême gauche, puis au président de la République. »
« À tous ces héros de l’anonymat… »
L’élu se dit prêt à accepter les critiques : « C’est le droit absolu de chacun de commenter et d’avoir un avis sur la manière dont je préside cette commission d’enquête, et je m’en remets au jugement de mes collègues, des Français avec la plus grande humilité. » Mais « travestir mes propos, mentir à mon endroit, ça suffit, poursuit Jérémie Patrier-Leitus. Chercher à me discréditer ou à discréditer les travaux de la commission d’enquête, ça suffit. Proférer des contre-vérités grossières, relayer des fausses informations qui remettent en cause mon intégrité et ma probité, ça suffit ».
Sa prise de parole en vidéo :
Il prévient :
« À tous ces héros de l’anonymat qui nous écoutent en ce moment bien cachés derrière leurs écrans et leurs pseudos de pacotille, je veux dire que je continuerai à mener cette commission d’enquête avec la plus grande indépendance, impartialité et objectivité et que rien ne me détournera de cette mission exigeante, difficile et essentielle. »
Une commission sous tension
Depuis son lancement, la commission d’enquête sur l’audiovisuel public se déroule dans un climat délétère, ce qui avait contraint le député à suspendre temporairement les travaux pour « retrouver de l’apaisement » et fixer de nouvelles règles. Il s’en est expliqué mardi : « Contrairement à ce que j’ai lu et entendu, il n’a jamais été question pour moi de mettre un terme à cette commission d’enquête ou de censurer le rapporteur (le député UDR Charles Alloncle, ndlr), l’empêcher de poser ses questions ou de faire son travail. Encore moins d’exercer une police des pensées. »
« Mais qu’y a-t-il de choquant à demander de ne pas déformer ou instrumentaliser les propos tenus dans la commission ? Qu’y a-t-il de scandaleux à imposer le respect des personnes auditionnées ? Qu’y a-t-il d’ignominieux à demander que les questions soient fondées sur des faits ? »
Une audition de Patrick Sébastien ?
Par ailleurs, l’élu a ouvert la porte à Patrick Sébastien, que Charles Alloncle souhaite auditionner : « Je n’ai jamais dit que je ne souhaitais pas l’auditionner parce qu’il représenterait le showbiz. J’appréciais ses émissions. Patrick Sébastien a apporté beaucoup à France Télévisions, assure le député de Calvados. Le Plus Grand Cabaret du monde était populaire, apprécié des Français et a permis de mettre en lumière des arts parfois négligés par la télévision publique comme privée. Je mettrai à l’ordre du jour du bureau de la commission la proposition de l’auditionner. »
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Le président de la commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public a aussi évoqué les noms des anciens Présidents de la République François Hollande et Nicolas Sarkozy, et des humoristes Merwane Benlazar et Charline Vanhoenacker.
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