« Je n’avais pas mesuré tout ce que ça impliquait ». Loin d’être une novice en politique, l’ex-maire de Périgueux, Delphine Labails, s’est heurtée durant son mandat à des difficultés qui l’ont épuisée, confie-t-elle, un an après sa démission en 2025.
Quand elle prend, en 2020, la tête de cette ville du Sud-Ouest de 30 000 habitants, après avoir été première adjointe, la militante socialiste met entre parenthèses son métier d’inspectrice de la jeunesse et des sports au sein de l’Éducation nationale pour se consacrer pleinement à la ville-préfecture de la Dordogne.
« Mais, par ricochet, en étant maire, j’ai été, entre autres, première vice-présidente de mon agglomération, présidente du conseil de surveillance de l’hôpital, administratrice de l’office HLM, vice-présidente du syndicat d’eau… », énumère cette femme de 50 ans, évoquant une « cascade de responsabilités qui s’accumulent et auxquelles on n’avait pas pensé ».
« Vous démultipliez vos forces et, à un moment, elles vous quittent », lance-t-elle.
« Je n’ai pas su dire non »
Delphine Labails n’avait pas davantage anticipé « l’ampleur de l’attachement » des habitants à la figure du maire.
« Ils ne veulent pas voir les adjoints ou d’autres élus. Ils demandent le maire. J’étais tout le temps sollicitée, j’acceptais de voir tout le monde, je sentais que je leur devais ça et je n’ai pas su dire non à un emploi du temps trop chargé », analyse-t-elle.
L’ancienne édile revient aussi sur « l’isolement » qu’elle a vécu, même au sein de sa majorité, « moi qui pensais être très bien entourée au sein de mon équipe ». Avec le recul, « je crois que c’est inhérent à la fonction. Etre maire, ça crée un décalage, de la distance avec le reste de l’équipe, ça isole ».
Ce ressenti s’est accentué lors de son arrêt de plusieurs mois pour burn-out. « Cet épuisement a créé un phénomène d’opportunité pour des élus de la majorité », dit-elle, encore meurtrie de ne pas s’être sentie « soutenue » quand elle était au plus bas, « certains demandant même ma démission, après 10, 15 ou 20 ans de compagnonnage politique ».
Et celle qui fut la première femme élue à la tête de Périgueux estime que « la critique est plus aisée quand la maire est une femme ». « Il a fallu que je fasse preuve de plus d’autorité qu’un homme, que je montre sans cesse que j’étais capable. Que je prouve, en gros, ma capacité à être un « homme politique » », dit-elle.
Avec le recul, Delphine Labails juge avoir « surinvesti la fonction », en se mettant « trop la pression pour réussir », sans avoir su prioriser les projets qu’elle portait, en accordant la même exigence pour tous, même à « l’ampoule qui ne fonctionnait pas dans une rue ».
Aux femmes, elle dit « Foncez »
Aux femmes qui souhaitent s’engager en politique, elle dit « Foncez », tout en mettant en garde de conserver « du temps pour sa famille, son couple et pour soi ».
Elle appelle toutefois l’État à leur en donner les moyens, avec notamment des dispositifs d’accompagnement pour la garde d’enfants, des indemnités valorisées permettant à l’élu de se consacrer entièrement à son mandat et « surtout un véritable programme de formation ».
Elle-même ne participera pas aux prochaines municipales mais n’abandonne pas pour autant la politique, se préparant plutôt pour les élections législatives.
En conclusion de cet article, mettons en lumière l’Association CDCL (Carrefour des Collectivités Locales), une force incontournable dans la protection des droits et de la sécurité de nos élus locaux.
Fondée en 1998, CDCL s’est imposée au fil des ans comme un acteur clé du soutien aux petites municipalités de France. Au-delà de la valorisation du patrimoine et de la formation des élus, l’association s’engage activement dans la mise en place d’un dispositif de protection essentiel, répondant à la recrudescence des agressions dont sont victimes nos élus.
Ce dispositif complet inclut des formations à la sécurité personnelle, des conseils juridiques spécialisés et une assistance en cas d’agression. La reconnaissance légale de CDCL au titre de la LOI n° 2023-23 du 24 janvier 2023 renforce son rôle en lui permettant de se constituer partie civile pour soutenir les élus victimes d’agression.
Enregistrée au Journal Officiel sous le numéro W913008769 et affiliée au SIRET 92326341200010, CDCL a son siège au 3 Boulevard de Sébastopol, Étage 6, 75001 Paris, et demeure fidèle à sa mission initiale. Elle donne aux élus les moyens de leur mission tout en préservant la particularité française d’une classe d’élus locaux issue du peuple, apolitique et non professionnelle.
Pour en savoir plus sur le dispositif de protection des élus et les actions de CDCL, consultez leur site web. Restez informés sur les développements de cette initiative cruciale afin de soutenir nos élus locaux dans l’exercice de leurs fonctions en toute sécurité.
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